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"L'égalité
des chances fait partie de ces expressions que
tout le monde utilise, mais dont le contenu diffère
considérablement d'une personne à
l'autre. Une telle confusion favorise toutes les
manoeuvres et récupérations à
des fins de propagande politique...
Ceux
d'entre nous qui continuent d'adhérer à
la conception occidentale traditionnelle de l'idée
de justice, considèrent qu'il y a égalité
des chances dès lors que tout le monde
respecte les mêmes règles du jeu
et que chacun est jugé en fonction des
mêmes normes et standards, quel que soit
le résultat final sur lequel on débouche...
Ce
n'est pas la conception qu'en ont ceux qui croient
à "l'action affirmative" et pensent
que la justice - et donc le degré réel
d'égalité - se jugent en fonction
du résultat obtenu comparé à
une norme définie a priori. Pour ces gens-là
la seule présence d'une différence
statistique entre deux populations suffit à
établir l'existence d'une injustice...
C'est
ce qui est souvent fait quand on parle de statistiques
sur les races. Des résultats différents
sont immédiatement analysés comme
preuves d'une discrimination, d'une absence d'égalité
des chances...
Comme
il n'existe encore aucune loi imposant obligatoirement
une stricte représentation proportionnelle
de tous les groupes dans toutes les activités,
les activistes et les juges (souvent les mêmes
personnes) en concluent naturellement que si les
chiffres ne sont pas ceux qu'ils souhaiteraient
voir, c'est qu'il y a quelque part un élément
certain de discrimination, au sens traditionnel
de différence de traitement Ce qui ne veut
rien dire dans la mesure où, dans aucun
pays, ni à aucun moment de l'histoire,
on n'a jamais vu la moindre représentation
proportionnelle de ce type s'établir spontanément.
Seules des politiques de quotas ou de préférences
peuvent parvenir à un tel résultat.
La
malhonnêteté de cette attitude, qui
implique que s'il n'y avait pas discrimination
l'état naturel serait celui d'une telle
distribution proportionnelle, fausse aujourd'hui
toute discussion, et même le fonctionnement
de nos institutions. Cette malhonnêteté
apparait au grand jour dès qu'on observe
la manière hautement sélective avec
laquelle le critère ainsi conçu
est utilisé.
Quand
par exemple les statistiques font apparaître
que parmi les dossiers de demandes d'hypothèque
qui sont refusés par les banques, on compte
proportionnellement plus de noirs que de blancs,
cela est immédiatement interprété
comme la preuve d'un préjugé racial
dans l'attribution de ces crédits. Mais
lorsque les mêmes statistiques montrent
qu'il y a bien plus d'américains blancs
à se voir refusés leur hypothèque
que d'américains d'origine asiatique, alors
là... silence. Personne n'en parle. Y a-t-il
jamais eu personne qui se soit plaint de la discrimination
dont sont victimes les blancs qui jouent au basket
en compétition, par rapport à leurs
camarades noirs ? Quand on regarde les résultats
des tournois de basket, force est pourtant de
constater que l'inégalité entre
blancs et noirs y est infiniment plus grande que
lorsqu'il s'agit de prêts hypothécaires
(dont la très grande majorité sont
en réalité accordés aux demandeurs,
qu'ils soient blancs ou qu'ils soient noirs).
La
réalité est tout simplement que
les performances varient considérablement,
et naturellement, d'un groupe à l'autre,
qu'il s'agisse de clubs de basket, de races, de
sexes ou de milliers d'autres façons de
regrouper les gens entre eux en fonction de critères
dont la liste peut être quasiment infinie.
Compte tenu de la multiplicité des facteurs
susceptibles de varier d'un groupe à l'autre
(démographiques, géographiques,
historiques...), il faudrait vraiment un miracle
pour qu'ils se retrouvent tous véritablement
égaux en tout.
Même
quand des groupes gagnent un niveau de revenu
équivalent - comme c'est le cas aux Etats-Unis
avec le groupe des américains d'origine
irlandaise, et celui d'origine italienne -, ils
peuvent encore différer par exemple par
leur atttitude vis à vis de l'alcool. Toutes
ces comparisons de groupe à groupe ne signifient
rien. C'est comme si on voulait à tout
prix comparer des pommes et des oranges."
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