28 novembre 2000

 

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Site palestinien de témoignages sur l'intifada

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Moyen-Orient, effet de serre... deux exemples de ce que la presse ne nous dit pas

 

 

 
 

 

Ce mois-ci nous avons sélectionné deux textes qui mettent le projecteur sur des aspects oubliés de l'actualité dans les médias

Le premier est un texte paru dans les pages editoriales du Wall Street Journal Europe en date du 22 novembre 2000. Ecrit par l'animateur de l'Israel Center for Social and Economic Progress, Daniel Doron, il défend la thèse que les accords d'Oslo étaient dès le début condamnés à l'échec dans la mesure où ils aboutissaient à faire passer la majorité des populations de Palestine sous le contrôle d'un régime autoritaire et corrompu ne présentant aucune des caractéristiques d'un état de droit moderne. L'Israel Center for Social and Economic Progress est un think tank libéral créé sur le modèle du fameux Institute for Economic Affairs.

Quant au second, il s'agit de la traduction de l'une des dernières chroniques de James Glassman de TechCentralstation.com écrites pour rendre compte des travaux de la conférence de La Haye sur le réchauffement planétaire. Il y évoque les protestations de scientifiques de haut niveau qui dénoncent l'opération de manipulation médiatique à laquelle a donné lieu, quelques jours avant la conférence, la publication d'un "résumé à l'intention des décideurs" présentant les hypothèses de réchauffement formulées dans le prochain rapport du comité d'experts rangés sous la bannière de l'IPCC.

 

 
A La Haye, la vraie science n'a guère eu droit de cité, par James Glassmann (TechCentralstation.com, 22 novembre 2000).  

 

 

 

 

En septembre dernier, le Dr. Fred Singer était l'invité du Center for a New Europe, à Bruxelles.

Découvrez le compte rendu de sa conférence.

Pages 1, 2, 3, 4.

 

 

A la base de la réunion de La Haye sur le réchauffement climatique il y avait la conviction que le dossier scientifique est désormais bouclé, qu'il n'y a plus de doute sur la réalité du phénomène ni sur les dangers réels que cela fait courir à l'humanité. La planète se réchauffe, c'est la faute des hommes, et la seule façon de se prémunir du désastre est de contraindre tant les individus que l'industrie à réduire leur production de gaz à effet de serre.

Mais est-ce bien vrai ? Le dossier scientifique est-il vraiment définitivement fermé ? C'est ce que croient la plupart des météorologistes. Pourtant plusieurs d'entre eux ont, le premier jour de la conférence, réuni les journalistes dans un charmant hotel de La Haye, le Carlton Ambassador, pour leur expliquer qu'en réalité nous sommes encore loin d'en savoir assez sur les mécanismes et phénomènes climatiques pour être sùrs - ou tout au moins quasiment sùrs - que la terre est vraiment en train de se réchauffer et que, si c'est le cas, nous pourrions y faire quelque chose.

Ce petit groupe de scientifiques non conformistes était mené par S. Fred Singer, un physicien spécialiste de l'atmosphère, professeur émerite au département de sciences de l'environnement à l'Université de Virginie, chercheur associé à la Hoover Institution de l'Université de Stanford. Singer fut le premier directeur du service météorologique américain d'observations par satellites. Il était encore, il n'y a pas si longtemps, le responsable des services de la recherche au Ministère US des transports.

Selon Singer, " la conclusion que l'on peut tirer de l'ensemble des statistiques est qu'elles ne permettent de détecter aucune preuve de véritable réchauffement global sur les soixante dernières années". Le climat change, c'est vrai. Les expériences faites sur des carottes de glace prouvent qu'il n'a pas cessé de changer depuis des milliers d'années. La question qui se pose est de savoir si les changements climatiques que nous enregistrons aujourd'hui relèvent d'une nature cyclique et échappent à tout contrôle humain, ou bien s'il y a vraiment quelque chose de totalement nouveau qui intervient.

Ce groupe comprenait d'éminents spécialistes en climatologie venant d'Allemagne, des Pays Bas et des Etats-Unis. Voici les principaux points de leur message :

* Les équipements d'observation terrestre les plus fiables ne révèlent, au cours des dernières années, aucun signe de réchauffement tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Singer doute de la fiabilité des équipements d'observation utilisés dans les régions lointaines du globe et qui, eux, feraient apparaître un phénomène de réchauffement.

* Ni les satellites, ni les observations par ballons sondes ne font apparaître de réchauffement à l'échelle du globe. Cette conclusion vient d'être confirmée par les données recueillies dans le cadre d'une étude de l'Académie Nationale des Sciences (USA) rendue publique au début de l'année.

* Sur les cinquante dernières années et plus, les observations météorologiques terrestres ne révèlent aucun phénomène de réchauffement planétaire global s'appliquant à toute la période. Elles montrent qu'il y a refroidissement depuis la fin des années quarante jusqu'au milieu des années soixante-dix, puis un réchauffement. "Tout ce que l'on entend depuis une dizaine d'années ne concerne que la période post-1976", a expliqué G.R. Weber, un climatologue allemand présent à la conférence de presse. En réponse à une question de TechCentralStation Weber ajouta que se contenter d'extrapoler les tendances du dernier quart de siècle passé n'a aucune valeur scientifique.

* A l'inverse de ce que l'opinion croit souvent, il n'y a pas aggravation de la fréquence d'évènements climatiques extrêmes comme les grandes tornades que connaîssent les Etats-Unis, ou les grands coups de vents qui ont récemment sévi en Europe.

Singer et ses amis ont en particulier réagi aux informations qui circulent concernant le rapport que l'IPCC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) doit rendre public au début de l'année prochaine, comme il le fait tous les cinq ans. En 1995, l'IPCC a publié un texte dans lequel il admettait que subsistaient quelques doutes quant à l'ampleur du phénomène de réchauffement, ainsi que sur ses causes. Par exemple il y était écrit : "bien que ces moyennes globales suggèrent la présence d'un facteur anthropogène - c'est à dire causé par l'homme - dans la série des températures observées, elles ne suffisent pas à établir de manière indiscutable la présence d'un lien certain de cause à effet entre cet influence anthropogène et les changements de température enregistrés sur la surface de la terre".

A l'époque, le rapport annonçait que les températures augmenteraient de 1,8 à 6,5 degrés Fahrenheit d'ici à 2100 - une estimation découlant de modèles climatiques basés sur l'utilisation de séries d'informations insuffisamment longues et de fiabilité douteuse.

Toutefois, une fuite organisée a déjà révélé que ce prochain rapport contiendrait des prévisions sérieusement aggravé puisque fondées sur un scénario qui annoncerait une hausse des températures comprise entre 2,7 et 10,4 degrés Fahrenheit. Ce sont ces prévisions officieuses qui, à la veille de la réunion de La Haye, ont largement été reprises et commentées par les journaux. Ce résumé "à l'intention des décideurs", qui est un document à valeur bien plus politique que le rapport lui-même, a fait l'objet de nombreuses critiques, notamment de la part de Kenneth Green, un scientifique, directeur du programme "environnement" à la Reason Foundation.

Green fait remarquer que le scénario qui a ainsi circulé ne figurait pas dans la version du rapport qui a été communiquée à la commission de savants chargés d'en faire la critique (parmi lesquels figuraient trois des sept scientifiques présents à la conférence de presse organisée par Fred Singer, dont Singer lui-même).

Green écrit également que le résumé conçu à l'intention des décideurs contient d'importantes omissions, notamment une phrase où il est écrit que "la plus grande partie des observations physiques indiquant un réchauffement depuis 1860 ont été enregistrées pendant la période 1910-1945" et qu'elles doivent pour l'essentiel être attribuées à des causes climatiques d'origine non humaine. Ce résumé laisse également les décideurs dans l'ignorance des résultats des observations par satellite ou ballons sondes.

Le résumé affirme que les activités humaines "continuent d'affecter l'atmosphère d'une manière qui touche au système des climats". Mais il oublie que cette conclusion "reste fondée sur des théories encore à l'état de développement ainsi que des modèles informatiques hautement incertains, et non sur des relations de causes à effets mesurables entre certaines activités et les changements de climat enregistrés".

Dernier point : l'auteur du rapport ainsi diffusé est resté anonyme. Le résumé n'a fait l'objet d'aucune communication aux experts de l'IPCC chargés de revoir le document principal. Malgré cela, il a fait l'objet d'une diffusion considérable.

L'un des savants présents à cette conférence de presse, le britannique Richard Courtney, n'a pas hésité à qualifier ce qui vient de se passer de véritable "complot contre la science".

Au total, il est clair que la science vraie, avec ses exigence de rigueur et d'objectivité, n'a guère eu droit de cité au cours de la semaine de La Haye.

 

 

La Paix par le commerce et l'économie, de Daniel Doron (Wall Street Journal Europe, 22 novembre 2000)

 
 

 

Dans un article publié par le Wall Street Journal - Europe Daniel Doron évoque l'étonnante situation d'Abu Gosh, un village arabe de Palestine situé à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Jérusalem, réputé pour ses restaurants et ses nombreuses boutiques, où touristes et acheteurs israéliens continuent d'affluer en grand nombre, apparamment en toute sécurité, en dépit du quasi état de guerre qui affecte toute la région. Même constat pour le célèbre marché arabe de Jérusalem-est qui ne désemplit pas malgré les événements. Les israéliens y dépensent chaque année l'équivalent de la moitié de toute l'aide étrangère destinée à la Palestine.

Partisan d'une politique économique qui aurait visé à faire de Gaza ou même de toute la Palestine une sorte de Hong Kong moyen oriental, Doron observe que là où le commerce prospère, là où les échanges économiques sont les plus intenses - parce qu'aussi les plus libres - la guerre et le terrorisme restent tenus en échec. C'est ce qui se passe dans ces deux localités.

A ses yeux la véritable cause de l'Intifada se trouve dans l'échec économique qui résulte du caractère profondément autoritaire de la politique menée par les autorités palestiniennes. Il n'épargne pas non plus la bureaucratie israélienne. Sa conclusion est que le grand défaut des accords d'Oslo a été de rechercher la paix sans jamais penser à la contibution qu'une ouverture économique résolument libérale aurait pu apporter.

Sur ces marchés pourtant localisés en plein territoire arabe, observe-t-il, il n'y a jamais eu la moindre attaque contre les juifs. Même à Jérusalem, ce haut lieu du conflit entre arabes et israéliens, la paix tend à prévaloir. Et cela malgré l'attitude plutôt généralement ambiguë de l'Autorité Palestinienne, ainsi que les épisodiques réglements de comptes dont sont souvent victimes les "collaborateurs" arabes.

La raison pour laquelle ces palestiniens de Jérusalem-est, pourtant intensément nationalistes, ont fini par accepter des papiers d'identité israéliens, écrit-il, tient en un mot : prospérité. La loi israélienne leur permet de prospérer car elle leur apporte une sécurité et un respect de leurs droits sans aucun rapport avec la situation qui prévaut dans les régions directement placées sous le pouvoir de l'Autorité Palestinienne. Et cela bien qu'ils continuent de faire l'objet d'une réelle discrimination au sein de la société israélienne. C'est le marché même qui en donne la preuve. Chaque fois que la rumeur arrive selon laquelle un quartier à peuplement essentiellement arabe va prochainement être remis à l'Autorité Palestinienne, immédiatement les prix immobiliers s'effondrent; ce qui indique bien le sens des préférences des habitants.

Une grande chance a été gaspillée en 1967, au lendemain de l'annexion des territoires arabes. A l'époque, Moshé Dayan, alors Ministre de la Défense, y avait institué une politique plus ou moins de laissez-faire. Dayan était suffisamment intelligent pour comprendre qu'il valait mieux laisser les arabes vendre leurs productions avec le minimum d'interférence de l'Etat. (Si seulement il avait pu instiller ce même esprit de libre-marché sur tout le reste du territoire israélien, aujourd'hui largement prisonnier d'un esprit étatique étroit et tâtillon ! ).

Tout cela montre que la vieille règle d'or selon laquelle les intérêts économiques triomphent toujours des divisions politiques, reste valable, même au cœur du Moyen Orient. Si les Israéliens et leurs interlocuteurs américains y avaient fait davantage attention, et s'ils avaient commencé par agir de manière à encourager un progrès économique qui aurait permis l'émergence chez les arabes d'une société civile ayant partie liée avec la paix; s'ils n'avaient pas pris le parti d'imposer aux palestiniens la présence d'un régime politique autoritaire, répressif et corrompu dont l'action ne pouvait que conduire à la ruine du pays; et s'ils n'avaient pas persisté dans leur volonté d'imposer à tout prix cette solution politique prématurée à une population appauvrie et mécontente - tout simplement pour permettre au Président Clinton d'en ramasser les lauriers avant les élections -, combien de vies humaines et de souffrances aurait-on pu éviter ?

Les accords d'Oslo recélaient les germes de leur propre échec dans la mesure ils mettaient en place des conditions qui ne pouvaient que jouer contre la croissance économique.

Ils ont placé 90 % de la population arabe sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. Mais au lieu d'y pérenniser le genre d'état de droit qui existait sous l'occupation israélienne et qui facilitait quand même le développement économique, Yasser Arafat et son entourage, de retour de leur exil à Tunis, en ont profité pour y établir un régime autoritaire et perverti par la corruption. Ils y règnent par la terreur, la torture, les enlèvements et l'intimidation permanente. Les hommes d'affaires palestiniens qui s'étaient expatriés et qui sont revenus investir dans le pays ont été contraints d'y prendre des "associés". Ils sont bien vite repartis, effrayés par l'absence d'ordre et de sécurité entrenue par le régime.

L'Autorité Palestinienne a reçu plus d'un milliard de dollars d'aide. Bien peu y a été investi dans le développement local et régional. L'essentiel a été dépensé pour payer plusieurs dizaines de milliers de nouveaux fonctionnaires, les parades d'une "force de police" de plus de 40 000 hommes, sans compter pas moins de sept services de sécurité rivaux, ainsi que les innombrables indics et agitateurs qui incitent aux émeutes. Plusieurs dizaines de millions de dollars ont été mis de côté dans des comptes étrangers, dans la construction de somptueuses deumeures à Gaza ou Ramallah, ou dans l'achat d'une flotte de belles voitures imposantes.

Le résultat est que, depuis la signature des accords d'Oslo, le PNB par tête des palestiniens a diminué de moitié, cependant que le taux de chômage est passé au-dessus de 15 % - jusqu'à 40 % dans certaines localités, particulièrement chez les jeunes, ce qui explique qu'ils soient disponibles pour participer aux émeutes.

La bureaucratie israélienne n'est pas en reste, conclue Daniel Doron. Au cours des six dernières années, elle aussi a contribué à freiner la croissance économique, tant en Israël même que dans les zones palestiniennes. Alors que l'ancien Premier ministre Shimon Peres et ses collègues ne cessaient de parler de coopération économique, et qu'ils mobilisaient beaucoup d'argent pour cela, en réalité ils en faisaient bien peu pour remédier au sort des malheureux ouvriers, fermiers ou artisans arabes : par exemple en ouvrant toutes grandes les portes du marché israélien à leurs productions de denrées agricoles, de matériaux de construction, de vêtements et de chaussures. Ils ont également négligé de ramener les contraintes de sécurité à un niveau qui aurait réellement permis à la circulation des gens et des produits de se faire plus librement; tout comme ils n'ont rien fait pour mettre un terme au harcèlement bureaucratique israélien qui est à l'origine de tant de haines et de frustations accumulées, et qui n'a pas peu fait pour mettre le feu aux poudres.