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A
la base de la
réunion de La Haye sur le réchauffement
climatique il y avait la conviction que le dossier scientifique
est désormais bouclé, qu'il n'y a plus
de doute sur la réalité du phénomène
ni sur les dangers réels que cela fait courir
à l'humanité. La planète se réchauffe,
c'est la faute des hommes, et la seule façon
de se prémunir du désastre est de contraindre
tant les individus que l'industrie à réduire
leur production de gaz à effet de serre.
Mais
est-ce bien vrai ? Le dossier scientifique est-il vraiment
définitivement fermé ? C'est ce que croient
la plupart des météorologistes. Pourtant
plusieurs d'entre eux ont, le premier jour de la conférence,
réuni les journalistes dans un charmant hotel
de La Haye, le Carlton
Ambassador, pour leur expliquer qu'en réalité
nous sommes encore loin d'en savoir assez sur les mécanismes
et phénomènes climatiques pour être
sùrs - ou tout au moins quasiment sùrs
- que la terre est vraiment en train de se réchauffer
et que, si c'est le cas, nous pourrions y faire quelque
chose.
Ce
petit groupe de scientifiques non conformistes était
mené par S.
Fred Singer, un physicien spécialiste
de l'atmosphère, professeur émerite au
département
de sciences de l'environnement à l'Université
de Virginie, chercheur associé à
la Hoover
Institution de l'Université de Stanford.
Singer fut le premier directeur du service
météorologique américain d'observations
par satellites. Il était encore, il
n'y a pas si longtemps, le responsable des services
de la recherche au Ministère US des transports.
Selon
Singer, " la conclusion que l'on peut tirer de l'ensemble
des statistiques est qu'elles ne permettent de détecter
aucune preuve de véritable réchauffement
global sur les soixante dernières années".
Le climat change, c'est vrai. Les expériences
faites sur des carottes de glace prouvent qu'il n'a
pas cessé de changer depuis des milliers d'années.
La question qui se pose est de savoir si les changements
climatiques que nous enregistrons aujourd'hui relèvent
d'une nature cyclique et échappent à tout
contrôle humain, ou bien s'il y a vraiment quelque
chose de totalement nouveau qui intervient.
Ce
groupe comprenait d'éminents spécialistes
en climatologie venant d'Allemagne, des Pays Bas et
des Etats-Unis. Voici les principaux points de leur
message :
*
Les équipements d'observation terrestre les plus
fiables ne révèlent, au cours des dernières
années, aucun signe de réchauffement tant
en Europe qu'aux Etats-Unis. Singer doute de la fiabilité
des équipements d'observation utilisés
dans les régions lointaines du globe et qui,
eux, feraient apparaître un phénomène
de réchauffement.
*
Ni les satellites, ni les observations par ballons sondes
ne font apparaître de réchauffement à
l'échelle du globe. Cette conclusion vient d'être
confirmée par les données recueillies
dans le cadre d'une étude de l'Académie
Nationale des Sciences (USA) rendue publique
au début de l'année.
*
Sur les cinquante dernières années et
plus, les observations météorologiques
terrestres ne révèlent aucun phénomène
de réchauffement planétaire global s'appliquant
à toute la période. Elles montrent qu'il
y a refroidissement depuis la fin des années
quarante jusqu'au milieu des années soixante-dix,
puis un réchauffement. "Tout ce que l'on entend
depuis une dizaine d'années ne concerne que la
période post-1976", a expliqué G.R. Weber,
un climatologue allemand présent à la
conférence de presse. En réponse à
une question de TechCentralStation Weber ajouta que
se contenter d'extrapoler les tendances du dernier quart
de siècle passé n'a aucune valeur scientifique.
*
A l'inverse de ce que l'opinion croit souvent, il n'y
a pas aggravation de la fréquence d'évènements
climatiques extrêmes comme les grandes tornades
que connaîssent les Etats-Unis, ou les grands
coups de vents qui ont récemment sévi
en Europe.
Singer
et ses amis ont en particulier réagi aux informations
qui circulent concernant le rapport que l'IPCC (Groupe
d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat)
doit rendre public au début de l'année
prochaine, comme il le fait tous les cinq ans. En 1995,
l'IPCC a publié un texte dans lequel il admettait
que subsistaient quelques doutes quant à l'ampleur
du phénomène de réchauffement,
ainsi que sur ses causes. Par exemple il y était
écrit : "bien que ces moyennes globales suggèrent
la présence d'un facteur anthropogène
- c'est à dire causé par l'homme - dans
la série des températures observées,
elles ne suffisent pas à établir de manière
indiscutable la présence d'un lien certain de
cause à effet entre cet influence anthropogène
et les changements de température enregistrés
sur la surface de la terre".
A
l'époque, le rapport annonçait que les
températures augmenteraient de 1,8 à 6,5
degrés Fahrenheit d'ici à 2100 - une estimation
découlant de modèles climatiques basés
sur l'utilisation de séries d'informations insuffisamment
longues et de fiabilité douteuse.
Toutefois,
une fuite organisée a déjà révélé
que ce prochain rapport contiendrait des prévisions
sérieusement aggravé puisque fondées
sur un scénario qui annoncerait une hausse des
températures comprise entre 2,7 et 10,4 degrés
Fahrenheit. Ce sont ces prévisions officieuses
qui, à la veille de la réunion de La Haye,
ont largement été reprises et commentées
par les journaux. Ce résumé "à
l'intention des décideurs", qui est un document
à valeur bien plus politique que le rapport lui-même,
a fait l'objet de nombreuses critiques, notamment de
la part de Kenneth
Green, un scientifique, directeur du programme
"environnement" à la Reason
Foundation.
Green
fait remarquer que le scénario qui a ainsi circulé
ne figurait pas dans la version du rapport qui a été
communiquée à la commission de savants
chargés d'en faire la critique (parmi lesquels
figuraient trois des sept scientifiques présents
à la conférence de presse organisée
par Fred Singer, dont Singer lui-même).
Green
écrit également que le résumé
conçu à l'intention des décideurs
contient d'importantes omissions, notamment une phrase
où il est écrit que "la plus grande partie
des observations physiques indiquant un réchauffement
depuis 1860 ont été enregistrées
pendant la période 1910-1945" et qu'elles doivent
pour l'essentiel être attribuées à
des causes climatiques d'origine non humaine. Ce résumé
laisse également les décideurs dans l'ignorance
des résultats des observations par satellite
ou ballons sondes.
Le
résumé affirme que les activités
humaines "continuent d'affecter l'atmosphère
d'une manière qui touche au système des
climats". Mais il oublie que cette conclusion "reste
fondée sur des théories encore à
l'état de développement ainsi que des
modèles informatiques hautement incertains, et
non sur des relations de causes à effets mesurables
entre certaines activités et les changements
de climat enregistrés".
Dernier
point : l'auteur du rapport ainsi diffusé est
resté anonyme. Le résumé n'a fait
l'objet d'aucune communication aux experts de l'IPCC
chargés de revoir le document principal. Malgré
cela, il a fait l'objet d'une diffusion considérable.
L'un
des savants présents à cette conférence
de presse, le britannique Richard
Courtney, n'a pas hésité à
qualifier ce qui vient de se passer de véritable
"complot contre la science".
Au
total, il est clair que la science vraie, avec ses exigence
de rigueur et d'objectivité, n'a guère
eu droit de cité au cours de la semaine de La
Haye.
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