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1. Depuis
toujours la gauche aime à se présenter
comme une force de progrès; à vrai
dire comme la seule force incarnant le Progrès.
Or, explique le Professeur Fukuyama, s'il y a
une force progressiste aujourd'hui dans le monde,
c'est bien l'idée de Mondialisation. C'est
sans aucun doute la plus progressiste de toutes
les forces qui s'affrontent actuellement sur la
planète. "Pour chaque emploi exporté
des Etats-Unis ou d'un pays quelconque du monde
industriel, rappelle-t-il, plusieurs autres emplois
nouveaux sont simultanément créés
dans des endroits comme la Malaise, l'Inde ou
la Chine - donnant aux travailleurs de ces pays
une vraie chance d'intégrer le monde moderne".
Les grandes multinationales sont accusées
d'exploiter ces misérables. Mais, ajoute
le professeur de George Mason University, pour
beaucoup d'entre eux avoir un emploi dans l'une
de ces entreprises étrangères est
enfin une chance inespérée d'échapper
à l'emprise tyrannique des propriétaires
locaux et des castes politiciennes.
2.
L'arrivée massive des capitaux étrangers
ne crée pas seulement des emplois nouveaux,
elle réduit aussi la puissance des pouvoirs
politiques locaux en les soumettant à la
concurrence du reste du monde. La mondialisation
est ainsi facteur de modernisation, de transparence,
d'ouverture. En contribuant à la naissance
d'une classe moyenne locale, insiste Fukuyama,
elle participe à la démocratisation
de la vie politique des pays d'accueil d'une manière
bien plus certaine que ce que peuvent apporter
les manifestations violentes des adversaires de
l'OMC.
3.
Normalement la mondialisation industrielle et
financière devrait avoir pour contrepartie
la formation d'un front international des centrales
ouvrières de tous les pays. Cette recherche
d'internationalisation des syndicats est une vieille
lune qui n'a jamais abouti. La raison en est tout
simplement que ce n'est pas en proposant de se
battre pour les travailleurs des autres pays que
les syndicats pourront jamais espérer faire
recette et attirer les militants. On retrouve
là un problème classique de "bien
collectif". D'où le refuge des syndicats
dans le discours "protectionniste",
beaucoup plus payant. Ce que les syndicats ne
peuvent pas obtenir par leur seule action (le
respect de normes et obligations internationales),
un organisme comme l'OMC pourrait en revanche
plus facilement l'imposer dans le cadre des multiples
négociations qui s'y déroulent.
Autrement
dit, suggère Fukuyama, ceux qui, au nom
de leur conception du progrès, militent
sincèrement pour des règles internationales
de travail ou d'environnement feraient mieux de
jouer le jeu interne de l'OMC que de s'y opposer.
C'est même l'une des raisons pour lesquelles
les libéraux eux-mêmes éprouvent
quelques réticences à l'égard
de l'OMC - qu'ils craignent de voir un jour se
transformer en embryon d'un véritable gouvernement
mondial.
Il
n'est donc pas très logique de voir aujourd'hui
les activistes gauchistes se rebeller contre la
mondialisation et l'OMC, alors que si c'étaient
vraiment leurs idéaux internationalistes
qui importent, ils devraient plutôt épouser
la cause de l'un et l'autre.
H.L
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