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Quand
nous abordons le problème des implications morales
de la science moderne, notre réaction immédiate
est généralement de nous focaliser sur
la recherche de procédures pour traiter des problèmes
complexes tels que le clonage d’embryons humains, l’utilisation
de ces embryons pour trouver une parade aux cancers
et aux maladies génétiquement transmissibles,
et, à travers tout cela, les risques de détruire
des êtres humains potentiels.
Il
y a pourtant un autre problème qui n’est pas
moins important : comment la société
a-t-elle répondu aux questionnements d’ordre
moral qui lui sont posé par la science, et de
quels niveaux de compétence a-t-elle fait preuve
dans ses réponses ? Ceci nous impose de
laisser de côté le problème particulier
des embryons et des procédures de recherche pour
nous concentrer sur des question scientifiques d’ordre
plus général.
Ingratitude
Dans
nos sociétés occidentales, tout homme
peut s’attendre à vivre en moyenne plus longtemps,
en meilleur santé, et avec moins de soucis de
sécurité, que ce ne fut le cas pour aucune
des générations qui nous ont précédé.
Nous pouvons facilement démontrer à qui
revient tout le mérite de cette bonne fortune.
Ce sont la science et le progrès technologique
qui nous ont apporté les moyens de vivre mieux
et plus longtemps. Et c’est le capitalisme qui a permis
d’accumuler le niveau de richesses nécessaires
pour que quasiment toute la population bénéficie
de ces avantages. Mais le capitalisme et la science,
pour exister, dépendent à leur tour de
la présence d’une certaine culture qui, selon
les termes du sociologue Max Weber, incarne " l’esprit "
de notre société. Cet " esprit "
particulier découle des idées associées
au mouvement des Lumières. De manière
plus fondamentale, c’est l’Homme lui-même qui
a rendu possible ces progrès en utilisant les
dons dont le Tout Puissant l’avait doté. Ainsi
si nous tenons absolument à identifier quelqu’un
ou quelque chose pour le remercier de la possibilité
qui nous est aujourd’hui donnée de connaître
des vies plus longues et matériellement comblées,
de bénéficier d’une meilleure santé
et d’une moindre insécurité, c’est vers
notre culture, notre système économique,
la science, et le Tout Puissant qu’il nous faut nous
tourner.
Mais
souhaitons-nous vraiment remercier quelqu’un ?
Si l’homme moderne jouit d’un bien être qui va
très au-delà de tout ce que les autres
peuples et les générations qui nous ont
précédé ont jamais osé rêver,
sa pensée va-t-elle chaque matin que Dieu fait
vers tous ces bienfaits dont il profite, pour en remercier
le Tout Puissant, sa propre culture, la science et le
système capitaliste ? Pas du tout. S’il
existe un vice de notre époque à côté
duquel notre égoïsme, notre futilité
et notre lâcheté ne pèsent pas lourd
en comparaison, c’est notre ingratitude. Bien loin d’en
être reconnaissant, l’homme moderne use la plus
grande part de son gain de vie, de santé, de
confort et de sécurité à s’inquiéter
des désagréments qu’un certain nombre
de risques restants, lointains et bien souvent totalement
imaginaires, peuvent causer à sa santé
et à sa sécurité. Au lieu de remercier
la science, la prospérité économique,
et la culture occidentale pour cette espérance
d’une vie plus longue, en meilleure santé, et
protégée de tous les grands dangers que
l’on connaissait autrefois, l’homme moderne passe le
plus clair de son temps à avoir peur et à
se méfier de ce que peuvent lui apporter son
système économique, la science et le progrès.
C’est
ainsi que la vie moderne se trouve régulièrement
ponctuée d’épisodes de panique où
une autorité quelconque découvre soudainement
qu’un processus technique ou une invention qu’on croyait
jusque là parfaitement sains portent en réalité
menace à cette vie plus longue et meilleure dont
l’homme moderne considère désormais qu’elle
représente pour lui un droit acquis. (Voyez comment
une fois que la notion moderne de " droit "
se trouve associée à l’espérance
de vie et à la santé, la première
victime qui se présente naturellement est la
gratitude !). Ces types de paniques périodiques
posent des problèmes d’une nature toute différente
de ceux que suscite la recherche sur les embryons. Il
ne s’agit pas à l’évidence de grands problèmes
moraux de fond. Généralement pas de problème
de tierce partie, ni d’externalité au détriment
d’une possible personne innocente. Néanmoins
ce sont des problèmes qui sont source d’une grande
anxiété. Au cours des dernières
années, ces mouvements de panique ont concerné :
l’irradiation des denrées alimentaires, les biotechnologies,
les additifs pour améliorer la conservation des
aliments, les produits pour bébés, les
graisses animales, le fromage, les œufs, les yaourts,
les engrais chimiques, la viande, le rôle de l’alcool
dans la dégradation de la santé, la montée
de la violence, l’augmentation du nombre des accidents,
celui des viols…, la sécurité des plate-forme
de forage, l’amiante, la responsabilité des centrales
nucléaires dans le déclenchement des leucémies,
l’incidence des lignes électriques haute tension
sur le cancer, les somnifères et les tranquillisants,
les automobiles, les feux d’artifice, le sucre, les
édulcorants artificiels, la qualité de
l’eau, le plomb des tuyaux, le prozac, le viagra, le
tabac, les jouets, les jeux vidéos, les implants
mammaires, les pluies acides, l’effet de serre, la déforestation,
la restauration rapide, El Niño, la couche d’ozone,
les téléphones portables…
La
science et la technologie forment l’élément
commun à toutes ces grandes peurs. Il apparaît
clairement que l’homme moderne se méfie et n’a
aucune confiance dans la science. Quand on fait un sondage
et qu’on demande aux gens de classer les risques associés
à divers produits, diverses techniques, ou diverses
décisions, leurs réponses sont généralement
exactement à l’inverse de ce que les scientifiques
et les épidémiologistes répondent.
L’homme moderne s’inquiète pour une foule de
petits risques souvent anodins, mais se moque bien des
précautions à prendre lorsqu’il conduit
sa voiture ou tout simplement lorsqu’il travaille dans
sa cuisine.
C’est
là quelque chose qui énerve prodigieusement
les scientifiques. Ils y voient une preuve évidente
d’inculture scientifique. Pour eux, cette forme de débrayage
vis à vis de la réalité est un
problème d’ordre intellectuel, une affaire d’éducation.
Ils en déduisent qu’il faut plus de crédits
pour l’enseignement, et veiller à ce que les
journaux et magazines assurent une couverture plus complète
et rigoureuse de l’actualité scientifique. Mais
ils se trompent. Il s’agit de peurs irrationnelles,
et non d’un simple problème intellectuel. Le
problème est politique et culturel – le terme
" culturel " étant en réalité
un euphémisme pour ne pas dire " moral ".
C’est avant tout un problème d’autorité
– d’autorité intellectuelle et morale.
La
peur de la science est un problème politique
car la source de ces grandes peurs anti-scientifiques
se trouve dans un certain nombre d’institutions caractéristiques
de l’état moderne : les groupes de pression,
les médias, et la réglementation bureaucratique.
Ces trois types d’institutions ont un intérêt
commun à susciter et entretenir le déclenchement
de telles paniques dont la conséquence est surtout
de susciter la demande de toujours plus de réglementation.
Les médias ont besoin de nouvelles à sensation.
Hommes politiques et fonctionnaires se sentent d’autant
plus utiles, et bénéficient d’autant plus
de prestige, d’autorité, mais aussi de revenu
qu’ils apportent la preuve de leur diligence à
porter remède aux maux ainsi dénoncés.
Quand aux groupes d’intérêts, beaucoup
affichent une idéologie et un programme ouvertement
anti-capitalistes. Ces nouvelles frayeurs, diffusées
au nom de l’intérêt du consommateur (à
qui on n’a généralement jamais demandé
son avis), ou au nom de l’environnement (qui, lui, ne
peut rien dire), sont en fait le nouvel instrument que
tous ces groupes ont trouvé pour régler
son compte à leur vieil ennemi : le régime
de la libre-entreprise.
Manque
de responsabilité.
Le
grand public marche dans la combine de ces grandes peurs
et paniques en partie parce que, comme le disent les
scientifiques, ils n’y connaissent rien. Mais c’est
aussi parce que les gens d’aujourd’hui font preuve d’une
grande incurie morale. L’homme moderne s’est fait une
nouvelle morale au nom de laquelle celui qui achète
n’est jamais responsable de quoi que ce soit, surtout
pas de son acte et de ses conséquences, alors
que celui qui fabrique est tenu responsable de tout
ce qui peut arriver. Que cette façon de voir
les choses aille à l’encontre de tous les faits
scientifiques accumulés n’intéresse personne.
Un exemple. Les gens disent couramment que fumer tue,
que l’alcool tue, et que les produits alimentaires modernes
représentent un danger pour la santé.
Mais toutes ces affirmations sont fausses. La cigarette
ne fait aucun mal sauf lorsque quelqu’un fume. L’alcool
ne fait aucun mal sauf lorsque quelqu’un en boit trop.
La restauration rapide, si tant est qu’elle fasse du
mal, n’en fait que si quelqu’un en abuse au détriment
d’un régime alimentaire équilibré.
Partir du principe que ce sont la cigarette, l’alcool,
les repas rapides, etc… qui causent du tort à
la santé revient à abolir tout sens de
responsabilité de la part de celui qui achète
et consomme ces produits. On crée ainsi une culture
de victimes où s’en prendre aux industriels et
obtenir une nouvelle réglementation deviennent
des droits fondamentaux. Et cette attitude culturelle
a pour conséquence ultime d’abolir la notion
même d’accident.
Cette
nouvelle morale conduit à exiger ce que personne
ne peut donner : une garantie a priori, totale
et absolue, de protection contre toute maladie, tout
accident ; et ainsi de nous libérer du caractère
inévitable de la mort. Ce n’est pas un très
beau spectacle que cette culture qui cultive la complaisance
à l’égard de soi-même, la lâcheté,
la fuite, l’habitude de se plaindre de tout et de n’importe
quoi. Qui plus est, c’est une approche de caractère
purement émotive, en particulier dans son attitude
vis à vis de la nature. L’actuelle idolâtrie
qui entoure tout ce qui tourne de ce qui est " naturel "
et son contraire – la diabolisation de la science par
ce qu’elle interfère avec la nature – relèvent
de l’absurdité sentimentale la plus complète.
Par définition, être civilisé veut
dire " interférer avec la nature ".
C’est l’essence même de la civilisation. Un individu
qui traîne la science dans la boue alors qu’il
profite de tous les avantages que l’humanité
retire de la domestication de la nature par la science,
ne se laisse pas seulement conduire par les sentiments ;
c’est un hypocrite, un menteur, un ingrat.
Nous
avons chacun notre propre avis pour ce qui concerne
le bien-fondé scientifique de toutes ces peurs
individuelles qui touchent à l’alcool, les pollutions
par le pétrole, le réchauffement terrestre,
etc.. Mais ce qui est incontestable est la manière
dont les réactions de la société
vis à vis de ces paniques, et de la science en
général, traduisent un degré infini
d’analphabétisme moral. Ceux qui parmi
nous se sont interrogés sur le sens moral qui
se cache derrière tous les grands débats
sociaux et politiques actuels – les débats sur
la pauvreté, le crime, la violence par exemple
– ont découvert qu’en fait cette société
ne dispose tout simplement pas des outils, des concepts,
ni même des mots, des termes, nécessaires
pour traiter la dimension morale des problèmes
sociétaux. Cette lacune conceptuelle voue à
l’échec toute discussion sur les implications
morales de la science.
En
conséquence, il ne faut pas s’étonner
que cette malheureuse société sombre dans
la confusion la plus totale dès qu’elle doit
affronter à un méga problème moral
tel que celui de savoir s’il faut autoriser ou non les
expérience de clonage d’embryons. La science
offre en permanence de nouvelles perspectives, la plupart
bonnes, certaines mauvaises. Une société
adulte sait décider lesquelles sont mauvaises,
et comment les arrêter. C’est en particulier ce
qui se passe lorsque des parties tierces innocentes
et muettes sont concernées. La stupéfaction
dont la société moderne fait preuve devant
de tels problèmes, pourtant classiques, en dit
long sur son degré d’incompétence morale.
Cette
question est essentielle. Dans la société
moderne, on dit à chacun qu’il est libre de choisir
sa propre morale. On lui dit qu’il est libre de décider
quelles sont les valeurs qui le rendront heureux. Le
plus absurde est que cela aboutit à ce que chacun
se trouve en quelque sorte obligé de refaire
pour lui même, et par lui-même, un travail
de réflexion morale qui, en fait, a été
fait et refait, et solutionné je ne sais combien
de fois déjà avant lui. Les sociétés
précédentes héritaient de systèmes
de valeurs bien établis, et n’y apportaient qu’un
minimum de retouches. L’idée à la mode
aujourd’hui est tout à fait différente.
Elle est qu’il appartient à chaque être
humain de développer sa propre vision du monde,
et son propre univers moral. Outre le monstrueux gaspillage
d’énergie que cela représente, une telle
démarche offre un énorme inconvénient.
Certaines décisions morales sont relativement
faciles à prendre. Mais ce n’est pas le cas de
beaucoup. La plupart du temps ils faut peser les priorités,
comparer les alternatives, et souvent se contenter de
la moins mauvaise des solutions possibles. Et certains
problèmes – comme ceux soulevés par la
recherche sur les embryons – sont d’une extrême
complexité. Autrefois, la société
laissait ce genre de problèmes – en particuliers
les plus complexes – à ce que nous appellerions
aujourd’hui des experts. Ces gens, les institutions
qui s’y rattachaient, y compris l’Eglise, les ordres
professionnels, d’une manière générale
et plus nébuleuse , la tradition, étaient
les dépositaires de l’autorité que leur
conférait la société.
Manque
d’autorité.
La
société moderne ne reconnaît plus
la légitimité d’une telle autorité.
Cela crée un vide qui accule les gens dans une
lamentable impasse. L’homme moderne, pourtant moralement
analphabète et incapable de faire la différence
entre le vice et la vertu, ne peut plus compter que
sur lui-même pour trouver une réponse à
des questions morales d’une extrême complication,
comme lorsqu’il s’agit de manipulations génétiques.
Certains diront qu’il l’a bien mérité.
Il se croyait si supérieurement intelligent qu’il
a cru qu’il pouvait se passer de toute autorité
extérieure ; et aujourd’hui qu’il en aurait
plus que jamais besoin, il n’a plus personne vers qui
se tourner. Il ne peut même pas souhaiter en ressusciter
une. Une fois déstabilisée, le propre
de l’autorité est de disparaître à
tout jamais. Il ne peut pas demander au gouvernement
qu’il recrée des institutions d’autorité
qui exerceraient les fonctions autrefois dévolues
à l’Eglise, aux ordres professionnels, à
la puissance de la morale conventionnelle, parce que
ce serait inviter à leur capture par les factions
et ouvrir toute grande la porte à l’aventure
totalitaire.
Cette
description pathétique nous ramène à
notre longue liste de controverses scientifiques – les
paniques à propos des aliments industriels, du
tabac, de la pollution de l’environnement, et tout ce
qui va avec. A la lumière de ce que nous venons
de dire au sujet du déclin de toute autorité
morale, il apparaît clairement que s’il y a un
problème, celui-ci ne vient pas de ce que les
experts soient particulièrement en désaccord
sur tous ces sujets (bien que cela soit effectivement
une source de complications). Prendre des décisions
en ces matières n’est pas seulement une question
d’experts ni d’expertise ; cela requiert plus qu’une
liste de faits et des conclusions d’experts. Cela exige
du jugement. Décider de contrôler
ou de réglementer des produits censés
présenter un danger pour le consommateur suppose
d’être capable de faire d’habiles et subtiles
distinctions en ce qui concerne la responsabilité
des uns et des autres, c’est à dire des jugements
qui, pour faire autorité, doivent d’une manière
ou d’une autre trouver leurs fondements dans quelque
sorte de tradition morale commune. De même, quand
il s’agit de problèmes qui touchent aux enfants,
les réponses doivent nécessairement refléter
un certain substrat de présupposés culturels
communs concernant le statut de l’enfant ou de l’adolescent.
Une
société où les gens ne partagent
pas la même définition de ce qui fait un
être humain, et où personne n’est disposé
à admettre l’autorité de quiconque pour
nous enseigner ce qu’il en est vraiment, est par définition
une société où il est impossible
de trouver une réponse aux questions qui sont
aujourd’hui posées à propos des fœtus
et des gènes. Ce dont nous avons besoin dans
ce genre de problème n’est pas d’expertise, mais
de sagesse. La sagesse n’est pas le simple produit
d’agiles contorsions intellectuelles. C’est une vertu
que l’on acquiert par la fréquentation d’autres
gens intelligents. C’est un trait de caractère
que l’on obtient en s’efforçant de copier la
sagesse des sages qui nous ont précédé.
Autrefois la sagesse fleurissait plus particulièrement
dans les églises, dans les traditions littéraires,
dans les universités. A une époque plus
récente, c’était ce qu’incarnaient les
ordres professionnels. Mais la société
moderne n’a que mépris pour elle. La sagesse
est une vertu traditionnelle, qui sent l’élite
et la morale. Au lieu de cela, la société
moderne préfère et porte aux nues les
experts et l’expertise.
Telle
est notre situation aujourd’hui. La Science et le capitalisme
nous ont apporté l’abondance. Le problème
de l’homme moderne est, désormais, tant collectivement
qu’individuellement, de décider que faire de
cette abondance. C’est un choix autant moral qu’intellectuel,
qui plus est plein d’implications politiques. Toutes
les perspectives que nous offrent tant la science que
le capitalisme ne sont pas nécessairement bonnes.
Mais là n’est pas la question. Le vrai problème
est le suivant : cette culture des Lumières
ne nous a pas seulement donné le capitalisme,
la démocratie et la science ; elle a aussi
détruit les fondements de l’autorité,
de la tradition et du sens moral. Notre problème
n’est pas qu’elle nous a apporté à la
fois le bon et le moins bon, et donc des bienfaits tous
relatifs. Mais qu’elle a sapé la capacité
institutionnelle de l’Occident à discerner le
bien et le mal. Nous vivons une époque qui nous
apporte des perspectives fantastiques. C’est la bonne
nouvelle. Mais nous n’avons de cesse de détruire
les valeurs et l’autorité qui seules nous permettraient
de reconnaître les options que nous devrions adopter,
ou au contraire refuser, voire interdire purement et
simplement. Ca, c’est la mauvaise nouvelle, la terrifiante
nouvelle.
Digby
Anderson
Traduit
par Henri Lepage
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