10 Janvier 2000   Archives

 

 

 

 

 

 

DIGBY ANDERSON : LE TRIOMPHE DE L'INCOMPETENCE MORALE

 

 
 

Pour les libéraux, l'arrivée du nouveau millénaire se présente sous des auspices pour le moins ambigue. D'un côté, il y a l'espoir de voir le 21ème siècle annoncer une période de recul de l'Etat et des grandes organisations au profit d'une société civile prenant enfin directement en main la gestion d'une plus grande part de ses problèmes. L'ère du "tout Etat" est finie. Mais, de l'autre, il y a l'inquiétude que l'on ne peut pas ne pas ressentir devant le phénomène de perversion intellectuelle que traduit le mouvement actuel de remise en cause des grands fondements culturels de la Modernité occidentale. L'asservissement de la plupart des médias aux mots d'ordre de cette nouvelle culture n'annonce-t-elle pas l'emprise d'une nouvelle menace totalitaire encore plus insidieuse que la précédente ?

Pour ouvrir cette nouvelle année, j'ai choisi un texte très fort de Digby Anderson, le responsable des questions sociétales et éthiques auprès de l’Institute for Economic Affairs. La version originale de ce texte a été publiée il y a quelques mois dans The American Outlook Magazine, la revue mensuelle du Hudson Institute (Fondation américaine dont le fondateur fut Herman Kahn, le père de la prospective), sous le titre : "The Decline of Moral Competence"..

Fondateur de la " Social  Affairs Unit " qui publie ses propres travaux à côté de l’IEA, Digby Anderson est un solide libéral de tradition hayékienne. Le passage à l’an 2000 est pour lui l’occasion de dénoncer, en termes percutants – et parfaitement hayékiens - la régression culturelle et morale que traduit le comportement de nos sociétés devant le phénomène contemporain des "grandes peurs" écologiques et consuméristes.

H.L.

 
 

 

 

 

 

Quand nous abordons le problème des implications morales de la science moderne, notre réaction immédiate est généralement de nous focaliser sur la recherche de procédures pour traiter des problèmes complexes tels que le clonage d’embryons humains, l’utilisation de ces embryons pour trouver une parade aux cancers et aux maladies génétiquement transmissibles, et, à travers tout cela, les risques de détruire des êtres humains potentiels.

Il y a pourtant un autre problème qui n’est pas moins important : comment la société a-t-elle répondu aux questionnements d’ordre moral qui lui sont posé par la science, et de quels niveaux de compétence a-t-elle fait preuve dans ses réponses ? Ceci nous impose de laisser de côté le problème particulier des embryons et des procédures de recherche pour nous concentrer sur des question scientifiques d’ordre plus général.

Ingratitude

Dans nos sociétés occidentales, tout homme peut s’attendre à vivre en moyenne plus longtemps, en meilleur santé, et avec moins de soucis de sécurité, que ce ne fut le cas pour aucune des générations qui nous ont précédé. Nous pouvons facilement démontrer à qui revient tout le mérite de cette bonne fortune. Ce sont la science et le progrès technologique qui nous ont apporté les moyens de vivre mieux et plus longtemps. Et c’est le capitalisme qui a permis d’accumuler le niveau de richesses nécessaires pour que quasiment toute la population bénéficie de ces avantages. Mais le capitalisme et la science, pour exister, dépendent à leur tour de la présence d’une certaine culture qui, selon les termes du sociologue Max Weber, incarne " l’esprit " de notre société. Cet " esprit " particulier découle des idées associées au mouvement des Lumières. De manière plus fondamentale, c’est l’Homme lui-même qui a rendu possible ces progrès en utilisant les dons dont le Tout Puissant l’avait doté. Ainsi si nous tenons absolument à identifier quelqu’un ou quelque chose pour le remercier de la possibilité qui nous est aujourd’hui donnée de connaître des vies plus longues et matériellement comblées, de bénéficier d’une meilleure santé et d’une moindre insécurité, c’est vers notre culture, notre système économique, la science, et le Tout Puissant qu’il nous faut nous tourner.

Mais souhaitons-nous vraiment remercier quelqu’un ? Si l’homme moderne jouit d’un bien être qui va très au-delà de tout ce que les autres peuples et les générations qui nous ont précédé ont jamais osé rêver, sa pensée va-t-elle chaque matin que Dieu fait vers tous ces bienfaits dont il profite, pour en remercier le Tout Puissant, sa propre culture, la science et le système capitaliste ? Pas du tout. S’il existe un vice de notre époque à côté duquel notre égoïsme, notre futilité et notre lâcheté ne pèsent pas lourd en comparaison, c’est notre ingratitude. Bien loin d’en être reconnaissant, l’homme moderne use la plus grande part de son gain de vie, de santé, de confort et de sécurité à s’inquiéter des désagréments qu’un certain nombre de risques restants, lointains et bien souvent totalement imaginaires, peuvent causer à sa santé et à sa sécurité. Au lieu de remercier la science, la prospérité économique, et la culture occidentale pour cette espérance d’une vie plus longue, en meilleure santé, et protégée de tous les grands dangers que l’on connaissait autrefois, l’homme moderne passe le plus clair de son temps à avoir peur et à se méfier de ce que peuvent lui apporter son système économique, la science et le progrès.

C’est ainsi que la vie moderne se trouve régulièrement ponctuée d’épisodes de panique où une autorité quelconque découvre soudainement qu’un processus technique ou une invention qu’on croyait jusque là parfaitement sains portent en réalité menace à cette vie plus longue et meilleure dont l’homme moderne considère désormais qu’elle représente pour lui un droit acquis. (Voyez comment une fois que la notion moderne de " droit " se trouve associée à l’espérance de vie et à la santé, la première victime qui se présente naturellement est la gratitude !). Ces types de paniques périodiques posent des problèmes d’une nature toute différente de ceux que suscite la recherche sur les embryons. Il ne s’agit pas à l’évidence de grands problèmes moraux de fond. Généralement pas de problème de tierce partie, ni d’externalité au détriment d’une possible personne innocente. Néanmoins ce sont des problèmes qui sont source d’une grande anxiété. Au cours des dernières années, ces mouvements de panique ont concerné : l’irradiation des denrées alimentaires, les biotechnologies, les additifs pour améliorer la conservation des aliments, les produits pour bébés, les graisses animales, le fromage, les œufs, les yaourts, les engrais chimiques, la viande, le rôle de l’alcool dans la dégradation de la santé, la montée de la violence, l’augmentation du nombre des accidents, celui des viols…, la sécurité des plate-forme de forage, l’amiante, la responsabilité des centrales nucléaires dans le déclenchement des leucémies, l’incidence des lignes électriques haute tension sur le cancer, les somnifères et les tranquillisants, les automobiles, les feux d’artifice, le sucre, les édulcorants artificiels, la qualité de l’eau, le plomb des tuyaux, le prozac, le viagra, le tabac, les jouets, les jeux vidéos, les implants mammaires, les pluies acides, l’effet de serre, la déforestation, la restauration rapide, El Niño, la couche d’ozone, les téléphones portables…

La science et la technologie forment l’élément commun à toutes ces grandes peurs. Il apparaît clairement que l’homme moderne se méfie et n’a aucune confiance dans la science. Quand on fait un sondage et qu’on demande aux gens de classer les risques associés à divers produits, diverses techniques, ou diverses décisions, leurs réponses sont généralement exactement à l’inverse de ce que les scientifiques et les épidémiologistes répondent. L’homme moderne s’inquiète pour une foule de petits risques souvent anodins, mais se moque bien des précautions à prendre lorsqu’il conduit sa voiture ou tout simplement lorsqu’il travaille dans sa cuisine.

C’est là quelque chose qui énerve prodigieusement les scientifiques. Ils y voient une preuve évidente d’inculture scientifique. Pour eux, cette forme de débrayage vis à vis de la réalité est un problème d’ordre intellectuel, une affaire d’éducation. Ils en déduisent qu’il faut plus de crédits pour l’enseignement, et veiller à ce que les journaux et magazines assurent une couverture plus complète et rigoureuse de l’actualité scientifique. Mais ils se trompent. Il s’agit de peurs irrationnelles, et non d’un simple problème intellectuel. Le problème est politique et culturel – le terme " culturel " étant en réalité un euphémisme pour ne pas dire " moral ". C’est avant tout un problème d’autorité – d’autorité intellectuelle et morale.

La peur de la science est un problème politique car la source de ces grandes peurs anti-scientifiques se trouve dans un certain nombre d’institutions caractéristiques de l’état moderne : les groupes de pression, les médias, et la réglementation bureaucratique. Ces trois types d’institutions ont un intérêt commun à susciter et entretenir le déclenchement de telles paniques dont la conséquence est surtout de susciter la demande de toujours plus de réglementation. Les médias ont besoin de nouvelles à sensation. Hommes politiques et fonctionnaires se sentent d’autant plus utiles, et bénéficient d’autant plus de prestige, d’autorité, mais aussi de revenu qu’ils apportent la preuve de leur diligence à porter remède aux maux ainsi dénoncés. Quand aux groupes d’intérêts, beaucoup affichent une idéologie et un programme ouvertement anti-capitalistes. Ces nouvelles frayeurs, diffusées au nom de l’intérêt du consommateur (à qui on n’a généralement jamais demandé son avis), ou au nom de l’environnement (qui, lui, ne peut rien dire), sont en fait le nouvel instrument que tous ces groupes ont trouvé pour régler son compte à leur vieil ennemi : le régime de la libre-entreprise.

Manque de responsabilité.

Le grand public marche dans la combine de ces grandes peurs et paniques en partie parce que, comme le disent les scientifiques, ils n’y connaissent rien. Mais c’est aussi parce que les gens d’aujourd’hui font preuve d’une grande incurie morale. L’homme moderne s’est fait une nouvelle morale au nom de laquelle celui qui achète n’est jamais responsable de quoi que ce soit, surtout pas de son acte et de ses conséquences, alors que celui qui fabrique est tenu responsable de tout ce qui peut arriver. Que cette façon de voir les choses aille à l’encontre de tous les faits scientifiques accumulés n’intéresse personne. Un exemple. Les gens disent couramment que fumer tue, que l’alcool tue, et que les produits alimentaires modernes représentent un danger pour la santé. Mais toutes ces affirmations sont fausses. La cigarette ne fait aucun mal sauf lorsque quelqu’un fume. L’alcool ne fait aucun mal sauf lorsque quelqu’un en boit trop. La restauration rapide, si tant est qu’elle fasse du mal, n’en fait que si quelqu’un en abuse au détriment d’un régime alimentaire équilibré. Partir du principe que ce sont la cigarette, l’alcool, les repas rapides, etc… qui causent du tort à la santé revient à abolir tout sens de responsabilité de la part de celui qui achète et consomme ces produits. On crée ainsi une culture de victimes où s’en prendre aux industriels et obtenir une nouvelle réglementation deviennent des droits fondamentaux. Et cette attitude culturelle a pour conséquence ultime d’abolir la notion même d’accident.

Cette nouvelle morale conduit à exiger ce que personne ne peut donner : une garantie a priori, totale et absolue, de protection contre toute maladie, tout accident ; et ainsi de nous libérer du caractère inévitable de la mort. Ce n’est pas un très beau spectacle que cette culture qui cultive la complaisance à l’égard de soi-même, la lâcheté, la fuite, l’habitude de se plaindre de tout et de n’importe quoi. Qui plus est, c’est une approche de caractère purement émotive, en particulier dans son attitude vis à vis de la nature. L’actuelle idolâtrie qui entoure tout ce qui tourne de ce qui est " naturel " et son contraire – la diabolisation de la science par ce qu’elle interfère avec la nature – relèvent de l’absurdité sentimentale la plus complète. Par définition, être civilisé veut dire " interférer avec la nature ". C’est l’essence même de la civilisation. Un individu qui traîne la science dans la boue alors qu’il profite de tous les avantages que l’humanité retire de la domestication de la nature par la science, ne se laisse pas seulement conduire par les sentiments ; c’est un hypocrite, un menteur, un ingrat.

Nous avons chacun notre propre avis pour ce qui concerne le bien-fondé scientifique de toutes ces peurs individuelles qui touchent à l’alcool, les pollutions par le pétrole, le réchauffement terrestre, etc.. Mais ce qui est incontestable est la manière dont les réactions de la société vis à vis de ces paniques, et de la science en général, traduisent un degré infini d’analphabétisme moral. Ceux qui parmi nous se sont interrogés sur le sens moral qui se cache derrière tous les grands débats sociaux et politiques actuels – les débats sur la pauvreté, le crime, la violence par exemple – ont découvert qu’en fait cette société ne dispose tout simplement pas des outils, des concepts, ni même des mots, des termes, nécessaires pour traiter la dimension morale des problèmes sociétaux. Cette lacune conceptuelle voue à l’échec toute discussion sur les implications morales de la science.

En conséquence, il ne faut pas s’étonner que cette malheureuse société sombre dans la confusion la plus totale dès qu’elle doit affronter à un méga problème moral tel que celui de savoir s’il faut autoriser ou non les expérience de clonage d’embryons. La science offre en permanence de nouvelles perspectives, la plupart bonnes, certaines mauvaises. Une société adulte sait décider lesquelles sont mauvaises, et comment les arrêter. C’est en particulier ce qui se passe lorsque des parties tierces innocentes et muettes sont concernées. La stupéfaction dont la société moderne fait preuve devant de tels problèmes, pourtant classiques, en dit long sur son degré d’incompétence morale.

Cette question est essentielle. Dans la société moderne, on dit à chacun qu’il est libre de choisir sa propre morale. On lui dit qu’il est libre de décider quelles sont les valeurs qui le rendront heureux. Le plus absurde est que cela aboutit à ce que chacun se trouve en quelque sorte obligé de refaire pour lui même, et par lui-même, un travail de réflexion morale qui, en fait, a été fait et refait, et solutionné je ne sais combien de fois déjà avant lui. Les sociétés précédentes héritaient de systèmes de valeurs bien établis, et n’y apportaient qu’un minimum de retouches. L’idée à la mode aujourd’hui est tout à fait différente. Elle est qu’il appartient à chaque être humain de développer sa propre vision du monde, et son propre univers moral. Outre le monstrueux gaspillage d’énergie que cela représente, une telle démarche offre un énorme inconvénient. Certaines décisions morales sont relativement faciles à prendre. Mais ce n’est pas le cas de beaucoup. La plupart du temps ils faut peser les priorités, comparer les alternatives, et souvent se contenter de la moins mauvaise des solutions possibles. Et certains problèmes – comme ceux soulevés par la recherche sur les embryons – sont d’une extrême complexité. Autrefois, la société laissait ce genre de problèmes – en particuliers les plus complexes – à ce que nous appellerions aujourd’hui des experts. Ces gens, les institutions qui s’y rattachaient, y compris l’Eglise, les ordres professionnels, d’une manière générale et plus nébuleuse , la tradition, étaient les dépositaires de l’autorité que leur conférait la société.

Manque d’autorité.

La société moderne ne reconnaît plus la légitimité d’une telle autorité. Cela crée un vide qui accule les gens dans une lamentable impasse. L’homme moderne, pourtant moralement analphabète et incapable de faire la différence entre le vice et la vertu, ne peut plus compter que sur lui-même pour trouver une réponse à des questions morales d’une extrême complication, comme lorsqu’il s’agit de manipulations génétiques. Certains diront qu’il l’a bien mérité. Il se croyait si supérieurement intelligent qu’il a cru qu’il pouvait se passer de toute autorité extérieure ; et aujourd’hui qu’il en aurait plus que jamais besoin, il n’a plus personne vers qui se tourner. Il ne peut même pas souhaiter en ressusciter une. Une fois déstabilisée, le propre de l’autorité est de disparaître à tout jamais. Il ne peut pas demander au gouvernement qu’il recrée des institutions d’autorité qui exerceraient les fonctions autrefois dévolues à l’Eglise, aux ordres professionnels, à la puissance de la morale conventionnelle, parce que ce serait inviter à leur capture par les factions et ouvrir toute grande la porte à l’aventure totalitaire.

Cette description pathétique nous ramène à notre longue liste de controverses scientifiques – les paniques à propos des aliments industriels, du tabac, de la pollution de l’environnement, et tout ce qui va avec. A la lumière de ce que nous venons de dire au sujet du déclin de toute autorité morale, il apparaît clairement que s’il y a un problème, celui-ci ne vient pas de ce que les experts soient particulièrement en désaccord sur tous ces sujets (bien que cela soit effectivement une source de complications). Prendre des décisions en ces matières n’est pas seulement une question d’experts ni d’expertise ; cela requiert plus qu’une liste de faits et des conclusions d’experts. Cela exige du jugement. Décider de contrôler ou de réglementer des produits censés présenter un danger pour le consommateur suppose d’être capable de faire d’habiles et subtiles distinctions en ce qui concerne la responsabilité des uns et des autres, c’est à dire des jugements qui, pour faire autorité, doivent d’une manière ou d’une autre trouver leurs fondements dans quelque sorte de tradition morale commune. De même, quand il s’agit de problèmes qui touchent aux enfants, les réponses doivent nécessairement refléter un certain substrat de présupposés culturels communs concernant le statut de l’enfant ou de l’adolescent.

Une société où les gens ne partagent pas la même définition de ce qui fait un être humain, et où personne n’est disposé à admettre l’autorité de quiconque pour nous enseigner ce qu’il en est vraiment, est par définition une société où il est impossible de trouver une réponse aux questions qui sont aujourd’hui posées à propos des fœtus et des gènes. Ce dont nous avons besoin dans ce genre de problème n’est pas d’expertise, mais de sagesse. La sagesse n’est pas le simple produit d’agiles contorsions intellectuelles. C’est une vertu que l’on acquiert par la fréquentation d’autres gens intelligents. C’est un trait de caractère que l’on obtient en s’efforçant de copier la sagesse des sages qui nous ont précédé. Autrefois la sagesse fleurissait plus particulièrement dans les églises, dans les traditions littéraires, dans les universités. A une époque plus récente, c’était ce qu’incarnaient les ordres professionnels. Mais la société moderne n’a que mépris pour elle. La sagesse est une vertu traditionnelle, qui sent l’élite et la morale. Au lieu de cela, la société moderne préfère et porte aux nues les experts et l’expertise.

Telle est notre situation aujourd’hui. La Science et le capitalisme nous ont apporté l’abondance. Le problème de l’homme moderne est, désormais, tant collectivement qu’individuellement, de décider que faire de cette abondance. C’est un choix autant moral qu’intellectuel, qui plus est plein d’implications politiques. Toutes les perspectives que nous offrent tant la science que le capitalisme ne sont pas nécessairement bonnes. Mais là n’est pas la question. Le vrai problème est le suivant : cette culture des Lumières ne nous a pas seulement donné le capitalisme, la démocratie et la science ; elle a aussi détruit les fondements de l’autorité, de la tradition et du sens moral. Notre problème n’est pas qu’elle nous a apporté à la fois le bon et le moins bon, et donc des bienfaits tous relatifs. Mais qu’elle a sapé la capacité institutionnelle de l’Occident à discerner le bien et le mal. Nous vivons une époque qui nous apporte des perspectives fantastiques. C’est la bonne nouvelle. Mais nous n’avons de cesse de détruire les valeurs et l’autorité qui seules nous permettraient de reconnaître les options que nous devrions adopter, ou au contraire refuser, voire interdire purement et simplement. Ca, c’est la mauvaise nouvelle, la terrifiante nouvelle.

Digby Anderson

Traduit par Henri Lepage

Retour en haut de page

 

 

 
 

N'hésitez pas à nous faire part de vos propres réactions en utilisant le lien de notre FORUM