L'économie en quelques signaux graphiques 10 Mars 2000
 

 

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Chaque mois l'Institut EURO 92 organise une réunion de conjoncture autour de quelques spécialistes.

Ce mois-ci, c'est Olivier CARRE, Président de FIVAL, qui a fait un exposé sur l'économie US..

Cliquez sur le graphique ci-contre pour accéder au jeu de diaporamas sur lequel s'est appuyée sa présentation.

 

 

 

 

 

 

Dow Jones

 

 

 

 

 

Investissements US

 

 

 

 

 

 

 

 

Dollar US/Euro

 

 

 

 

 

 

 

Solde balance des paiementsFrance

 

 

 

VOICI CE QUE NOUS EN RETENONS :

 

  • Le processus de retournement de l'économie américaine est d'ores et déjà engagé.
  • Le comportement de la bourse depuis novembre en est le meilleur indicateur.
  • Nous sommes dans la phase intermédiaire délicate au cours de laquelle les signaux avertisseurs du prochain ralentissement se multiplient sans que les performances apparentes en ait encore enregistré le contre-coup.
  • L'économie US s'oriente vers un processus d'atterrissage en douceur qui exclue le scénario catastrophe d'un grand krach boursier.

 

  • Les chiffres de la productivité restent toujours aussi miraculeux. (Ce qui est extraordinaire est "l'accélération de la croissance" des gains de productivité enregistrée au cours de l'année 1999).
  • Mais la moindre progression des investissements en technologie de l'information, depuis le milieu de l'année, laisse présager une décélération fort probable.

 

  • Depuis le début de l'année, le Dow Jones a déjà perdu près de 20 % par rapport à son point le plus haut.
  • Dans les secteurs d'activité plus traditionnels, le recul est amorcé depuis le mois de juillet de l'an dernier, et s'est nettement accéléré depuis novembre.
  • L'indice NASDAQ continue sa progression spectaculaire, mais les grandes valeurs de la "nouvelle économie" que sont Yahoo, Aol, Dell ou Microsoft ont elles aussi déjà perdu beaucoup de leur prestence depuis la fin du mois de décembre.
  • La progression du NASDAQ repose sur un nombre de plus en plus réduit de valeurs vedettes, signe incontestable de ce que l'on approche du point de basculement.

 

  • Le double ralentissement de la masse monétaire M2 et de la vitesse de circulation de la monnaie, depuis Juillet 99, permet de penser que le ralentissement du rythme de la croissance se manifestera dès le printemps (délai de transmission de l'ordre de 9 mois).
  • Le rétrécissement de l'écart entre taux d'intérêt longs et courts va dans le même sens.

 

  • Le dollar monte par rapport à l'Euro, mais est faible par rapport au Yen. La baisse de l'Euro est plutôt un problème spécifiquement européen.
  • La BCE est inquiéte de la baisse de l'Euro. Sans le dire, elle s'oriente vers un objectif de taux de change, et non plus exclusivement d'inflation. La montée des taux d'intérêt européens est donc inévitable.
  • La croissance européenne est essentiellement le produit de la chute de l'Euro appuyée par une politique monétaire restée trop longtemps trop généreuse.
  • Du fait de l'accélération du rythme de la croissance, le réglage monétaire est en train de devenir de soi-même restrictif. La probable remontée des taux risque d'en surajouter et de provoquer ainsi (pour des raisons de politique de change) un retournement cyclique plus précoce.

 

  • Les origines de la croissance européenne actuelle sont principalement d'ordre monétaire, et doivent peu aux effets d'entraînement de la "nouvelle économie".
  • Mais, en France, le gouvernements et l'opinion publique croient que c'est l'inverse, et que cette "nouvelle croissance'" est la manne providentielle qui va tout résoudre.
  • Le résultat est qu'au lieu de tirer profit de cette embellie conjoncturelle pour entreprendre les réformes de fond dont l'avenir dépend, celles-ci sont remises aux calendes grecques, cependant que se ravivent les appétits corporatifs.
  • Qu'on ne s'étonne pas, dans ces circonstances, de voir la fuite des capitaux s'aggraver aux dépens tant des investissements industriels que financiers.

 

  • Mécaniquement, tous les facteurs d'une remontée du cours de l'Euro sont présents. Celle-ci devrait s'amorcer dès que le rythme de croissance américain passera en dessous de celui des économies européennes.
  • Mais en contrepartie l'aggravation de la défiance des investisseurs internationaux quant aux perspectives à long terme de l'économie européenne risque de peser lourd.
  • Dans ces circonstances, l'absence d'une remise en ordre profonde des dépenses publiques signifie qu'en tout état de cause le retournement conjoncturel qui succédera à l'actuel boom sera plus douloureux pour l'Europe que pour les Etats-Unis.

Henri LEPAGE