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Le
Boom de " l’économie virtuelle ":
France et Allemagne à la traîne ?
Le graphique qui figure
ci-dessous est très important pour comprendre
ce qui se passe en Amérique. Il fait apparaître
que, sur la période 1990-1999, la croissance
de la production industrielle des industries manufacturières
américaines (les industries traditionnelles)
n’a pas été sensiblement différente
du profil de la production française (index global).
La différence entre la France et les USA sur
l’ensemble de la décennie s’explique essentiellement
par les performance des secteurs de haute technologie
(résumés ici par un indice de production
industrielle regroupant les secteurs clés de
la nouvelle "économie virtuelle" :
ordinateurs, communications et télécommunications,
et semi-conducteurs,).
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L'
"économie virtuelle" : secret
de la nouvelle croissance américaine |
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En 1991-92, quelque
chose d’inhabituel s’est produit aux Etats-Unis :
bien que les profits des entreprises y aient continué
à stagner, on a assisté à l’envol
des dépenses d’investissement (en pourcentage
du PNB). Cette accumulation nouvelle de capital extrêmement
rapide s’est concentrée au sein d’un seul secteur :
celui des nouvelles technologies. Pour la première
fois depuis cinquante ans, on a vu prendre forme un
événement dont tout le monde avait perdu
l’habitude : le déclenchement d’un cycle
de croissance conduit par l’offre. Au lieu d’attendre
la fin du cycle économique (lorsque l’industrie
est à court de capital), l’accumulation de capital
a démarré dès le début.
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Le
décollage n'est pas encore apparent |
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C’est ce formidable
boom des dépenses en capital dans les secteurs
de la nouvelle " économie virtuelle "
qui est à l’origine des résultats extraordinaires
affichés par les Etats-Unis depuis plus de huit
ans : croissance rapide et continue, profits records,
forte productivité, et faible inflation. Depuis
1994 l’économie américaine s’est ainsi
profondément distinguée des autres grandes
économies mondiales.
Nous avons voulu savoir
si ce phénomène était à
son tour en train d’atteindre l’Europe et s’il fallait
y voir, comme le croyait Dominique Strauss-Kahn, la
promesse, en Europe, d’un rattrapage de croissance " à
l’américaine ".
Les résultats
de cette enquête se trouvent regroupés
dans la série de graphiques ci-contre. Pour chaque
pays nous avons fait figurer deux courbes : la
production industrielle totale et la production de biens
d’investissements (en supposant que, comme aux Etats-Unis,
les dépenses en capital correspondent principalement
à des investissements en technologies avancées).
Dans les statistiques européennes il n’existe
aucun indice qui, à la manière de ce que
font les américains, permettrait d’isoler – même
de manière très indirecte - la production
du secteur des technologies avancées. Il faut
se contenter de ce que l’on a. Les résultats
de cette quête sont néanmoins fort intéressants.
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Ce
n'est pas mieux chez les allemands |
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Ils font clairement
apparaître que au moins pour deux pays (la Grande
Bretagne et la Suède)), et peut-être trois
autres (l'Espagne, l'Italie et les Pays-Bas), il y aurait
depuis 1995 l’amorce d’un processus d’expansion suivant
le nouveau modèle américain. En revanche,
on ne peut encore rien isoler de tel pour les deux principales
économies de l’Union européenne, la France
et l’Allemagne. Même si la courbe de la production
de biens d’investissement se situe au-dessus de celle
de la production industrielle globale, on n’y décèle
la présence d’aucun écart croissant du
type de celui qui s’est manifesté depuis le début
de la décennie aux USA, et qui est en train d’apparaître
depuis bientôt quatre ans et d'une manière
quasi tout aussi spectaculaire de l’autre côté
de la Manche. Si l’on utilisait l’indice 100 = 1990,
plutôt que la base 1995, le résultat serait
encore plus défavorable à la France et
à l’Allemagne.
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Mais
les anglais, eux, sont en train de prendre
le chemin américain. |
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Il est inévitable
que le nouveau modèle de croissance américain
s’exporte progressivement vers le reste du monde. Mais
il est à craindre que la France et la RFA ne
prennent le train avec beaucoup de retard. Les décalages
de conjoncture et de croissance entre les vieux pays
du coeur de l'Europe et la périphérie
risquent de s'accentuer encore.
Pour ceux qui ont des
portefeuilles, cela signifie qu’il faut s’attendre à
une inversion des performances relatives entre les places
boursières du Vieux et du Nouveau monde.
Les bourses européennes devraient désormais
faire relativement mieux que la bourse américaine.
Cela devrait notamment s’accompagner d’une faiblesse
du dollar sur le marché des changes, rompant
avec le profil de l’année écoulée.
Mais il est à craindre que Paris et Francfort
n’en profitent pas autant que Londres, Stockholm ou
même Madrid et Milan.
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Conclusion
: les pays de la périphérie semblent
mieux partis que ceux du vieux coeur industriel
de l'Europe
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