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Des
économies d'échelle on en trouve quasiment partout
dans la nouvelle économie. Entreprises et industries fondent
leur prospérité sur l'offre de spectaculaires rabais
- plus les clients achètent, moins cher ils paient. Au contraire,
l'ancienne économie était le domaine des rendements
décroissants en sorte que produire et vendre plus conduisait
inévitablement à relever un jour ou l'autre les prix...
Les
économies de l'âge industriel étaient fondées
sur les structures de coûts des industries d'hier - manufacturing,
mines, agriculture, construction.... Il se pouvait que leurs coûts
baissent lorsqu'on augmentait la production.. Mais cela ne durait
jamais bien longtemps. Bien avant que toute la demande soit rassasiée,
les entreprises se trouvaient avoir épuisées leurs
réserves d'économies d'échelle et se mettaient
à surenchérir pour attirer vers elles les facteurs
de production. Les coûts de production se mettaient alors
à augmenter,d'abord lentement, puis de plus en plus vite...
L'âge
de l'information a donné naissance à des compagnies
et des industries dont la structure de coûts est radicalement
différente. Leur activité donne naissance à
des économies d'échelle croissantes sur des plages
de production beaucoup plus importantes. Au lieu de se mettre à
croître progressivement au fur et à mesure que la production
augmente, leurs courbes de coûts continuent de baisser toujours
davantage. Biens et services reviennent d'autant moins chers que
la taille des marchés devient de plus en plus grande. Une
telle situation incite les entreprises à se montrer d'autant
plus agressives dans leurs politiques de prix, en offrant beaucoup
plus systématiquement des rabais de plus en plus importants
sur les quantités vendues...
Qu'est-ce
qui est à l'origine de ce changement ? En partie une changement
dans la nature de ce que nous produisons. Hier, produits et services
étaient en concurrence, dans leur usage même : celui
qui achetait un produit en privait l'autre qui n'avait pas eu les
moyens d'offrir plus cher. Aujourd'hui la caractéristique
de la "nouvelle économie" est fondamentalement
de vendre des produits ou des services - tels que l'information,
la communication, ou le loisir - qui ne disparaissent pas, ne sont
pas détruits, pas même détériorés,
avec leur usage. Ses productions n'ont pas de caractère exclusif.
Plusieurs personnes, de grands nombres même, peuvent en bénéficier
simultanément s'en s'exclure mutuellement. Ce qui signifie
que la demande peut croître presque indéfiniment sans
susciter l'apparition de pénuries.
Par
ailleurs, la plupart de ces activités de la "nouvelle
économie" affichent des caractéristiques de réseau.
Cela revient très cher lorsqu'il s'agit de relier seulement
un ou deux usagers au sein d'un réseau. Mais plus les réseaux
relient de grands nombres de gens, plus cela signifie qu'il revient
de moins en moins cher de satisfaire un nouveau client supplémentaire
une fois qu'une taille critique minimale a été dépassée.
Ce qui était jusqu'à présent vrai pour le téléphone,
l'avion, la télévision ou l'électricité
le devient aussi aujourd'hui pour l'internet, les médias,
les télécommunications, toutes ces activités
à la pointe du progrès des nouvelles technologies...
Ainsi,
au total, l'âge de l'information est essentiellement un univers
de coûts fixes très élevés, mais de coûts
marginaux extrêmement faibles. Les technologies modernes exigent
des coûts de recherche et de développement le plus
souvent faramineux. Il faut des dizaines, voire des centaines de
milliers de dollars pour développer un nouveau concept, mettre
au point un nouveau produit, former la main d'oeuvre nécessaire,
acheter les équipements, et établir une présence
sur le marché. Mais une fois la production lancée
et bien partie, le coût pour fournir le produit ou le ser'vice
au nouveau client marginal devient quasiment égal à
zéro...
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