Inflation ? Un nouvel univers d ’énormes économies d ’échelle.

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  • La thèse que nous défendons est que, nonobstant l'épisode actuel du prix du pétrole, nous restons néanmoins engagés dans une phase longue d'absence d'inflation. Deux raisons y concourent : 1) la révolution de la "nouvelle économie" qui signifie que l'ensemble de l'économie est aujourd'hui marquée par des phénomènes de coûts décroissants et de rendements croissants d'une ampleur exceptionnelle; 2) la mémoire encore trop présente de l'inflation des années soixante dix qui rend peu probable une attitude trop accomodante des autorités monétaires à l'égard des revendications de nature inflationniste.
  • Pour symboliser ces économies d'échelle nous avons reproduit le graphique classique qui illustre la fameuse "Loi de Moore" appliquée aux microprocesseurs.

 

 

Références

La principale source documentant de manière extensive l'importance des économies d'échelle présentes dans la "nouvelle économie" est un texte diffusé en accompagnement du rapport annuel 1999 de la Federal Reserve de Dallas : "The New Paradigm" de Michael Cox et Richard Alm.

 

Des économies d'échelle on en trouve quasiment partout dans la nouvelle économie. Entreprises et industries fondent leur prospérité sur l'offre de spectaculaires rabais - plus les clients achètent, moins cher ils paient. Au contraire, l'ancienne économie était le domaine des rendements décroissants en sorte que produire et vendre plus conduisait inévitablement à relever un jour ou l'autre les prix...

Les économies de l'âge industriel étaient fondées sur les structures de coûts des industries d'hier - manufacturing, mines, agriculture, construction.... Il se pouvait que leurs coûts baissent lorsqu'on augmentait la production.. Mais cela ne durait jamais bien longtemps. Bien avant que toute la demande soit rassasiée, les entreprises se trouvaient avoir épuisées leurs réserves d'économies d'échelle et se mettaient à surenchérir pour attirer vers elles les facteurs de production. Les coûts de production se mettaient alors à augmenter,d'abord lentement, puis de plus en plus vite...

L'âge de l'information a donné naissance à des compagnies et des industries dont la structure de coûts est radicalement différente. Leur activité donne naissance à des économies d'échelle croissantes sur des plages de production beaucoup plus importantes. Au lieu de se mettre à croître progressivement au fur et à mesure que la production augmente, leurs courbes de coûts continuent de baisser toujours davantage. Biens et services reviennent d'autant moins chers que la taille des marchés devient de plus en plus grande. Une telle situation incite les entreprises à se montrer d'autant plus agressives dans leurs politiques de prix, en offrant beaucoup plus systématiquement des rabais de plus en plus importants sur les quantités vendues...

Qu'est-ce qui est à l'origine de ce changement ? En partie une changement dans la nature de ce que nous produisons. Hier, produits et services étaient en concurrence, dans leur usage même : celui qui achetait un produit en privait l'autre qui n'avait pas eu les moyens d'offrir plus cher. Aujourd'hui la caractéristique de la "nouvelle économie" est fondamentalement de vendre des produits ou des services - tels que l'information, la communication, ou le loisir - qui ne disparaissent pas, ne sont pas détruits, pas même détériorés, avec leur usage. Ses productions n'ont pas de caractère exclusif. Plusieurs personnes, de grands nombres même, peuvent en bénéficier simultanément s'en s'exclure mutuellement. Ce qui signifie que la demande peut croître presque indéfiniment sans susciter l'apparition de pénuries.

Par ailleurs, la plupart de ces activités de la "nouvelle économie" affichent des caractéristiques de réseau. Cela revient très cher lorsqu'il s'agit de relier seulement un ou deux usagers au sein d'un réseau. Mais plus les réseaux relient de grands nombres de gens, plus cela signifie qu'il revient de moins en moins cher de satisfaire un nouveau client supplémentaire une fois qu'une taille critique minimale a été dépassée. Ce qui était jusqu'à présent vrai pour le téléphone, l'avion, la télévision ou l'électricité le devient aussi aujourd'hui pour l'internet, les médias, les télécommunications, toutes ces activités à la pointe du progrès des nouvelles technologies...

Ainsi, au total, l'âge de l'information est essentiellement un univers de coûts fixes très élevés, mais de coûts marginaux extrêmement faibles. Les technologies modernes exigent des coûts de recherche et de développement le plus souvent faramineux. Il faut des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars pour développer un nouveau concept, mettre au point un nouveau produit, former la main d'oeuvre nécessaire, acheter les équipements, et établir une présence sur le marché. Mais une fois la production lancée et bien partie, le coût pour fournir le produit ou le ser'vice au nouveau client marginal devient quasiment égal à zéro...

 

Même si toutes les industries ne sont pas encore concernées par ces économies d'échelle croissantes, celles-ci sont tellement énormes dans les secteurs qu'elles concernent que, globalement, il est possible de dire que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de rendements croissants qui rendent possibles des rythmes de croissance beaucoup plus élevés sans pour autant provoquer le retour de l'inflation.

 

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