Conséquence : une revalorisation des valeurs boursières.

 

Commentaires

  • Lorsqu'on étudie sur la longue période la rentabilité relative des placements en actions et en obligations, on observe que les premiers rapportent en moyenne 11 % par an contre seulement 5,2 % aux seconds (moyenne aux Etats-Unis calculée depuis 1926 pour les grandes sociétés). Comment se fait-il alors qu'il y ait encore des gens qui achètent des obligations si celles-ci rapportent nettement moins que les actions ?
  • La réponse vient du risque que représente l'achat d'une action par rapport à une obligation. Le revenu d'une action varie d'une année à l'autre, suivant l'évolution des conditions économiques alors que l'obligation rapporte un intérêt fixe et connu d'avance. Pour compenser ce risque de volatilité de leurs revenus, les investisseurs demandent donc aux emprunteurs de leur verser en supplément une " prime de risque " afin de les inciter à acheter leurs actions plutôt que des titres d'Etat.
  • Le montant de cette prime nous est donné par la différence entre les 11 % de rendement moyen constaté sur le long terme pour les actions, et le 5 % des obligations. C'est le minimum qu'il faut donner en plus au marché pour que celui-ci accepte indifféremment de placer son épargne en actions ou en obligations.
  • Cette " prime de risque " n'est pas nécessairement stable. Elle tournait toutefois toujours à peu près autour des mêmes chiffres : 6 à 7 %. Or depuis 1982 un fait nouveau est intervenu : elle baisse, et le phénomène s'est même nettement accentué depuis cinq ans. Elle n'est plus que de l'ordre de 3 %.
  • Suivant les principes de la mathématique financière la plus élémentaire, la valeur d'une action est égale à la somme capitalisée de l'ensemble des flux de revenus futurs attendus, moins la prime de risque. Si le montant de la prime diminue, pour un même flux de revenus anticipés, le prix sera alors plus important. Autrement dit, toutes choses égales d'ailleurs, le " price/earning ratio " sera plus élevé. Ainsi s'expliquerait le paradoxe d'une bourse qui continuait à monter même lorsqu'en théorie les conditions économiques ne s'y prêtaient pas.
  • A partir des informations rétrospectives dont nous disposons aujourd’hui sur les résultats industriels des cinq dernières années, il apparaît ainsi clairement que l’envolée des cours, dénoncée dès l’automne 1996 par Alan Greenspan comme étant " irrationnelle ", n’avait en réalité rien d’aberrante : les marchés ne faisaient qu’anticiper avec environ quatre trimestres d’avance ce qu’allaient être les résultats des entreprises du fait des gains de productivité dont personne, à l’époque, n’était en mesure de suspecter l’ampleu). L’effet " bulle " n’était ainsi qu’une illusion née du décalage entre la capacité d’anticipation des marchés décentralisés, et la vitesse de collecte centralisée des statistiques ! Une "bulle" réelle s'est effectivement formée à la fin de l'année 1999, à cause des liquidités abondantes fournies à l'économie dans l'optique des difficultés que l'on envisageait dans le système bancaire pour le passage à l'année 2000. C'est cette bulle de court terme qui est aujourd'hui résorbée par la chute du printemps-été.

Références

Les principaux supporters de cette thèse sont James K. Glassmann et Stephen Hassett dans leur livre "Dow 36000".

Sur les relations entre la productivité, la croissance et la bourse au cours des six dernières années, voir aussi le remarquable article de Evan F. Koenig, economiste attaché à la Federal Bank de Dallas : "Productivity, the Stock Market and Monetary Policy in the New Economy". Cette étude a fait l'objet d'un résumé dans l'un de nos premiers points de repère.

 

 

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