Une moindre instabilité

 

Commentaire

  • Cette révolution technico-financière nous entraîne vers un monde dont l’environnement macro-économique sera plus stable que celui d’aujourd’hui.
  • Pour comprendre pourquoi, il faut revenir sur la théorie de l’origine des cycles économiques. Ceux-ci sont liés à l’expansion artificielle de crédit bancaire dont le financement est assuré non seulement par l’impression de billets mais aussi et surtout par l’émission de monnaie scripturale matérialisée sous forme de dépôts non rémunérés. Fondamentalement, c’est cette faculté de création artificielle de monnaie et de crédit non fondée sur l’épargne qui, en maintenant les taux d’intérêt du marché en dessous du taux naturel, et en encourageant ainsi un processus de mauvaise allocation des investissements, entretient une dynamique d’alternance de périodes d’expansion et de récession. Si les régimes de banque libre échappaient aux mouvements de conjoncture de leurs voisins, c’est parce que la concurrence entre les banques empêchait ce processus de se développer. Leur rivalité pour la collecte des fonds les incitait à surenchérir dans la rémunération des dépôts, ainsi qu’à se financer plus largement par l’appel à des capitaux propres particulièrement exigeants sur leur rémunération. Le résultat était une pression sur les coûts des banques qui limitait leur offre de crédit, et contraignait les taux à s’aligner sur le taux naturel .
  • Dans les pays de banque centrale, le privilège d’émission et l’ensemble des réglementations associées – notamment les règles d’autorisation pour l’ouverture de nouveaux établissements – entravent la concurrence. Point n’est besoin de rivaliser pour attirer à soi une clientèle captive. Le système bancaire bénéficie ainsi de ressources bon marché, non rémunérées à leur véritable prix. Le coût des fonds étant faible, les banques peuvent prêter à un taux d’intérêt inférieur au taux naturel de l’économie et engendrer, par le mécanisme du multiplicateur bancaire, une expansion artificielle et cumulative du crédit, qui nourrit d’abord un boom, puis déclenche une crise.
  • Si l’on accepte cette thèse – que les cycles économiques résultent de l’existence même des banques centrales -, le processus actuel de débancarisation prend alors une importance particulière. Au siècle dernier, les économistes de la Free Banking School tiraient de leur analyse la conclusion que le remède aux fluctuations artificielles du crédit bancaire résidait dans la suppression des privilèges accordés à la banque centrale. Aujourd’hui on peut difficilement envisager de proposer une mesure aussi radicale. Mais la métamorphose des mécanismes de l’intermédiation financière au profit de nouveau produits, de nouveaux établissements, et de nouveaux marchés qui court-circuitent le réseau traditionnel des prêts bancaires, nous rapproche paradoxalement de cet objectif. L’irruption des technologies modernes de l’information est en train d’enclencher une révolution qui inverse complètement le sens de l’évolution monétaire passée.
  • Le déclin des banques est donc un événement qui ne peut pas ne pas entraîner d’importantes conséquences macro-économiques. Logiquement, l’augmentation de la part relative des financements adossés à la constitution d’une véritable épargne préalable devrait conduire à une moindre sensibilité cyclique de l’économie.

 

Diapositive précédente Diapositive suivante Revenir à la première diapositive Afficher la version graphique