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Commentaires
- Depuis la guerre nous
vivions au rythme de cycles "keynésiens" où
le phénomène premier qui entraînait la croissance
était la demande, que celle-ci soit d'origine privée (les
augmentations de salaires), ou publique (l'accroissement des dépenses
budgétaires). Cette forme de croissance était foncièrement
inflationniste.
- La croissance américaine
des années 1990 offre le premier exemple d'après guerre
d'un cycle d'expansion fondé sur l'offre. Cette fois-ci c'est
l'investissement qui est le phénomène premier, qui entraîne
la croissance de la productivité, et qui se déverse ensuite
vers la demande grâce à l'augmentation générale
du pouvoir d'achat qui résulte non plus tant des augmentations
nominales de salaires, que de l'accroissement du nombre de personnes
au travail ainsi que de la chute des prix dans tous les secteurs où
la progression de la productivité est la plus forte et provoque
une intensification de la concurrence.
- Cette forme de croissance
est fondamentalement "déflationniste". Les gains de
pouvoir d'achat y sont le résultat, a posteriori, des gains de
productivité. Elle nous ramène à la forme même
qu'avaient les cycles de l'économie capitaliste du 19 ème
siècle - époque où les prix ont dans l'ensemble
baissé plus souvent qu'ils n'ont monté, et qui n'en fut
pas moins une période de fantastique croissance industrielle.
- C'est un changement
de mode de régulation macro-économique tout à fait
fondamental. Les enchaînements macroéconomiques, pour l'analyse
de la conjoncture et l'élaboration de prévisions, n'ont
plus rien à voir avec les schémas keynésiens auxquels
les économistes étaient habitués. L'approche économique
la plus pertinente est désormais celle de la théorie '"autrichienne"
des cycles économiques.
Bibliographie
Sur l'approche "autrichienne"
des cycles voir : Henri LEPAGE "Crises
et cycle de l'offre"dans Philippe Lacoude-Pascal
Sautet Action ou Taxation, éditions slatkine, 1996. (Ce
texte date de 1993).
Voir aussi Charles Gave
, "Le
nouveau modèle de la croissance déflationnaire
: essai d'analyse théorique" :
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Le
modèle qui a maintenant vécu est celui d’une économie
tirée par la demande. C’est à dire une économie
caractérisée quasiment tout le temps par la présence
d’un excès de demande plus ou moins important. Cet excès
de demande trouvait sa source dans un déficit budgétaire
quasi-permanent, plus souvent monétisé par une banque
centrale très rarement indépendante du pouvoir politique,
que le contraire ...
L’économie
est tirée par les dépenses de capital. De nouvelles
inventions et le développement de nouveaux territoires créent
un doule mouvement : il faut à fois construire les nouvelles
capacités industrielles nécessaires pour satisfaire
la nouvelle demande suscitée par les nouvelles inventions
(ou la mise en valeur des nouveaux territoires), et en même
temps les usines qui fabriqueront les équipements nécessaires
à la constitution de ce nouveau stock de capital. Tant que
le taux de rendement sur le capital investi reste significativement
plus élevé que le coùt de l’argent, le système
tourne sans problème.
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