A la recherche de la « nouvelle économie »...

Références

  • Existe-t-il vraiment une "nouvelle économie" ? Certains le conteste. C'est par exemple le cas de l'économiste Robert Gordon, qui reprend l'idée du "Paradoxe de Solow". Dans un article paru en 1999, il explique que les formidables progrès de la productivité américaine s'expliquerait à 99 % par la baisse des prix enregistrée dans la fabrication des ordinateurs (le hardware). Autrement dit, la grande révolution de la productivité qui serait censée résulter de l'utilisation généralisée des nouvelles technologies dans l'organisation et la gestion des entreprises, n'apparaîtrait pas encore dans les statistiques économiques.
  • Ce paradoxe est aujourd'hui éclairci. Une étude des services de recherche de la FED, sous la signature de Karl Whelan, montre que le paradoxe n'existe que parce les modèles calculent la productivité sur la base d'un rythme d'obsolescence moyen qui ne correspond pas au taux de dépréciation réel des équipements informatiques. Si on corrige ce biais, et que l'on tient compte de ce que les ordinateurs et équipements informatiques se déprécient beaucoup plus vite que la moyenne des autres investissements, on obtient en revanche un effet significatif : l'impact de la révolution des technologies nouvelles sur les progrès de la productivité dans les entreprises n'est plus du tout négligeable. Le "paradoxe de Solow" disparaît.
  • Parmi les meilleurs textes "à la recherche de la nouvelle économie" figurent évidemment les discours d'Alan Greenspan. Notamment ses textes des 13 janvier (dont nous avons publié la traduction) et 6 mars 2000

 

Commentaires

  • Dans leurs statistiques sur la production industrielle, les Etats-Unis ont désormais une ligne qui mesure en gros la croissance des secteurs de la "nouvelle économie" : il s'agit de la ligne "ordinateurs, equipements de communication, semi-conducteurs". La courbe rouge de notre graphique donne l'évolution de la production industrielle américaine tous secteurs confondus. La courbe bleue mesure, elle, la production industrielle totale dont on a retranché cette ligne qui concerne les nouvelles technologies. Elle est ainsi l'image de ce que l'on pourrait appeler "l'ancienne économie", l'économie traditionnelle. Il en résulte que la différence entre les deux courbes mesure en quelque sorte l'effet croissance des nouvelles technologies dans l'économie américaine. Ce que Charles Gave appelle "l'économie virtuelle".
  • Malheureusement les USA sont les seuls à isoler ainsi leur "nouvelle économie". On ne trouve rien d'équivalent dans les statistiques industrielles européennes.
  • La courbe verte mesure l'évolution de la production industrielle totale dans la zone euro (pays de l'Union monétaire européenne pour lesquels nous disposons désormais de chiffres consolidés). Bien qu'il ne s'agisse pas exactement de deux séries totalement comparables (les chiffres européens incluent les nouvelles technologies), le graphique montre en gros que si on ne tient pas compte de la croissance des secteurs de la nouvelle économie, les USA auraient eu une croissance industrielle à peine plus forte que celle de l'Europe.
  • Il en résulte que les deux pour cents d'écart dans la croissance du PNB, entre les USA et l'Europe, s'expliquent pratiquement intégralement par la présence des secteurs des nouvelles technologies.

 

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