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L'économiste
du développement Peter Bauer est mort le 2 mai [2002], peu
de temps après l'annonce qu'il avait été le
premier à recevoir les 50 000 dollars du Prix
Milton Friedman pour la promotion de la Liberté.
Il avait réalisé ses travaux les plus importants dans
l'immédiat après-guerre, où le climat intellectuel
ne jurait que par la planification étatique. En Europe,
pratiquement tous les pays adoptaient des politiques économiques
fortement centralisées, y compris une nationalisation massive
des activités productives. Nombre d'entre eux, dont la France
et la Grande-Bretagne, exportaient ces idées-là vers
leurs colonies, où elles persistèrent après
les indépendances. La crainte du communisme amena les pays
occidentaux à entreprendre d'immenses programmes d'aide internationale.
Cette aide était disponible pour les projets qui avaient
la faveur des "économistes du développement"
et on la refusait aux pays qui s'obstinaient à prendre leurs
propres décisions. ce qui cimentait la planification
étatique comme approche dominante du développement.
Bauer
avait étudié la production du caoutchouc en Malaisie
et le commerce international en Afrique occidentale. Sa recherche
sur le terrain, très détaillée,
l'avait amené
à heurter de front les théories de l'économie
du développement
En
Malaisie, Bauer avait vu
des paysans pauvres et sans éducation
construire un vaste secteur de production du caoutchouc. En
Afrique occidentale, il en avait du d'autres cultiver des millions
d'hectares pour faire pousser du cacao et autres denrées.
Mais on n'en disait pas moins aux Pays Moins Avancés (PMA)
de contrôler étroitement le commerce international,
alors que la liberté des échanges avait
été la pierre angulaire du développement
de l'Europe, et on décourageait l'afflux de capitaux privés
en faveur de l'aide internationale.
Bauer
voyait les contrôles de prix, le fiscalisme et les
réglementations publiques étouffer la vie des activités
locales, tandis que l'aide entretenait les "éléphants
blancs", qui devenaient des puits sans fond pour le peu de capital
qui était disponible. Bauer affirmait que la seule chose
qu'il y eût à faire était de laisser le marché,
et non les hommes de l'Etat, diriger le développement. Le fait
que la plupart des PMA sont aujourd'hui plus pauvres qu'ils ne l'étaient
au moment des indépendances est une preuve que le "consensus"
planiste d'après guerre était affreusement dans l'erreur.
Source:
Bruce Bartlett, senior fellow, National Center for Policy Analysis,
8 mai2002.
Bruce
Bartlett a lui-même écrit un hommage
à Peter Bauer sur le site du NCPA.
Le
NCPA affiche aussi plusieurs autres
textes sur l'"aide au développement".
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