Un économiste du développement qui avait vu un autre chemin

National Center for Policy Analysis

 

 

 

Article publié sur le site du NCPA sous le titre

"Economist Saw A Different Path for Development" le 8 mai 2002.

Traduit par François Guillaumat.

 

 

 

L'économiste du développement Peter Bauer est mort le 2 mai [2002], peu de temps après l'annonce qu'il avait été le premier à recevoir les 50 000 dollars du Prix Milton Friedman pour la promotion de la Liberté. Il avait réalisé ses travaux les plus importants dans l'immédiat après-guerre, où le climat intellectuel ne jurait que par la planification étatique. En Europe, pratiquement tous les pays adoptaient des politiques économiques fortement centralisées, y compris une nationalisation massive des activités productives. Nombre d'entre eux, dont la France et la Grande-Bretagne, exportaient ces idées-là vers leurs colonies, où elles persistèrent après les indépendances. La crainte du communisme amena les pays occidentaux à entreprendre d'immenses programmes d'aide internationale. Cette aide était disponible pour les projets qui avaient la faveur des "économistes du développement" et on la refusait aux pays qui s'obstinaient à prendre leurs propres décisions. —  ce qui cimentait la planification étatique comme approche dominante du développement.

Bauer avait étudié la production du caoutchouc en Malaisie et le commerce international en Afrique occidentale. Sa recherche sur le terrain, très détaillée, l'avait amené à heurter de front les théories de l'économie du développement

En Malaisie, Bauer avait vu des paysans pauvres et sans éducation construire un vaste secteur de production du caoutchouc. En Afrique occidentale, il en avait du d'autres cultiver des millions d'hectares pour faire pousser du cacao et autres denrées. Mais on n'en disait pas moins aux Pays Moins Avancés (PMA) de contrôler étroitement le commerce international, — alors que la liberté des échanges avait été la pierre angulaire du développement de l'Europe, et on décourageait l'afflux de capitaux privés en faveur de l'aide internationale.

Bauer voyait les contrôles de prix, le fiscalisme et les réglementations publiques étouffer la vie des activités locales, tandis que l'aide entretenait les "éléphants blancs", qui devenaient des puits sans fond pour le peu de capital qui était disponible. Bauer affirmait que la seule chose qu'il y eût à faire était de laisser le marché, et non les hommes de l'Etat, diriger le développement. Le fait que la plupart des PMA sont aujourd'hui plus pauvres qu'ils ne l'étaient au moment des indépendances est une preuve que le "consensus" planiste d'après guerre était affreusement dans l'erreur.

Source: Bruce Bartlett, senior fellow, National Center for Policy Analysis, 8 mai2002.

Bruce Bartlett a lui-même écrit un hommage à Peter Bauer sur le site du NCPA.

Le NCPA affiche aussi plusieurs autres textes sur l'"aide au développement".


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