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"A
Seattle en 1999, il y avait les nénés
à l'air des Gouines
[
] Contre la Mondialisation
à Barcelone [
], des syndicalistes
aux drapeaux rouges, mélangés
[
] avec Attac, bande de français
partisans de l'autarcie qui croient
qu'on est toujours en 1968. [
] ce qu'ils
ont en commun est qu'ils détestent [le]
capitalisme, les multinationales, l'économie
de marché, la liberté des échanges,
des marchés financiers [
] des investisseurs
et la croissance économique en soi. Il
faut, affirment-ils, "protéger"
les pauvres contre ces forces-là
c'est-à-dire contre les choses
qui ont permis à leurs propres sociétés
de devenir riches. Certains de ces protestataires
ne sont là que pour lancer des pavés,
mais la plupart se voudraient du côté
de la "justice", tout comme les démocrates
au pouvoir au Zimbabwe, et seraient
sincèrement choqués s'ils comprenaient
que s'ils obtenaient gain de cause, même
en partie, les pauvres du monde entier en souffriraient,
et qu'il y en aurait bien davantage".
Rosemary
Righter,
The
Times, 19
mars 2002
"Jamais
l'auteur n'attaque ses contradicteurs personnellement.
Les citations ne servent qu'à démonter,
et non accuser. Norberg est particulièrement
astucieux lorsqu'il cite ses adversaires
et vous met sous le nez
que leurs arguments n'atteignent pas leur
cible mais que, sans qu'ils l'aient remarqué,
ils amènent de l'eau au moulin des
partisans de la globalisation."
Karen
Horn,
Frankfurter
Allgemeine Zeitung, 11
mars 2002
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Lorsque
Attac
s'est constituée en Suède
au début de l'année, elle a connu le choeur
des éloges dans les médias. Avant tout,
les journalistes ont trouvé ces jeunes
représentants terriblement cultivés,
avec tous ces chiffres qu'ils connaissaient si bien.
En eux-mêmes ces chiffres sont en effet fort
intéressants, car il est rare que l'argumentation
d'Attac aille au-delà. Ils savent fort bien
épater leur public avec l'énormité
de ceux qu'ils citent : 1,5 billions de dollars
traversent les frontières tous les jours. Aïe !
Parmi les 100 plus grandes organisations économiques
du monde figurent 51 entreprises commerciales. Ouille!
Comme si la taille était en soi quelque
chose d'affreux.
Ce
qu'ils savent moins bien faire, c'est expliquer pourquoi
ces chiffres-là signaleraient un problème.
Une
journaliste [2]
sur Le
Magazine du Nord [3]
a entendu le chiffre des 1,5 billions et demandé
si c'était réellement le cas ;
et quand on le lui a confirmé, elle n'a posé
aucune question supplémentaire, se bornant
à pousser des "oh ! et des ah !.
Qu'il soit question de sommes
tellement élevées, ce doit bien être
la preuve qu'on doit abattre le capitalisme
Pour
un libéral, un tel ordre de grandeur
est au contraire une bonne chose. Qu'il
circule une telle masse
sur les marchés financiers signifie qu'il est
plus facile de financer des investissements à
long terme et de se couvrir contre les risques.
Les grandes sociétés multinationales
peuvent lancer plus de projets d'avenir et consacrer
davantage à la recherche et au développement.
Comme elles sont plus productives, leurs fabrications
deviennent moins chères et les services du
travail prennent plus de valeur à leurs yeux
ce qui conduit à de meilleurs conditions
de travail et des salaires plus élevés
pour les employés (les entreprises américaines
dans les pays en développement paient leurs
travailleurs trois à huit fois le salaire moyen
du pays).
En
outre les Attacqueux affichent peu de
respect pour les faits et l'exactitude des statistiques.
Quelques-uns des chiffes auxquels ils se réfèrent
souvent dans les débats sont tout
simplement tombés du ciel. L'un d'entre eux
est que, lors de la crise asiatique, 50 millions d'Indonésiens
seraient tombés en-dessous du seuil de la pauvreté
absolue (moins d'un dollar par jour). La statistique
de la Banque mondiale n'indique qu'un million
jusqu'en 1999, qui s'est rapidement amenuisé
depuis. Ils prétendent aussi qu'il mourrait
20 000 enfants par jour dans les pays en développement
parce que ces pays seraient forcés de rembourser
l'intérêt et le principal des prêts
du monde riche, notamment du FMI. Cela présuppose
que l'argent en question serait autrement allé
aux médicaments et à la nourriture,
ce qui n'est guère vraisemblable. En outre,
c'est faux dans la mesure où les pays les plus
lourdement endettés reçoivent chaque
année à peu près deux fois
autant d'aide "au développement"
qu'ils paient en intérêts.
Assez
paradoxalement, les représentants d'Attac ne
sont toujours pas particulièrement compétents
en matière de politique internationale et de
mondialisation. Une simple indication en est à
quel point l'Attac suédoise diffère
de l'Attac
internationale.
En France,
son pays d'origine, Attac se présente
comme une opposante à la globalisation,
prétend que les Français devraient acheter
français et considère le protectionnisme
agricole et cinématographique contre les
films américains comme des questions qui
leur tiennent à coeur.
L'Attac suédoise n'a pas ce même élément
protectionniste et national-chauviniste. Ses représentants
proviennent de la Jeune
Gauche, de la Jeunesse
verte et d'un cercle d'anticapitalistes
plus âgés parmi les politiciens et les membres
de la "société civile". Ils
ne se disent pas contre la globalisation, mais
pour une globalisation "différente",
et peuvent envisager d'ouvrir les marchés de
l'UE au moins pour les 48 pays les plus
pauvres (qui en eux-mêmes ne peuvent presque
rien exporter, mais quand même). Ils sont probablement
plus intéressés à
combattre la privatisation des dispensaires
et la fermeture des bureaux de poste que
de relever les "droits" de douane et
d'imposer des quotas.
Certes,
la présence d'Attac en Suède va relancer
débat sur la globalisation, mais aucune argumentation
pour le repli sur soi n'obtiendra de soutien
de la part des internationalistes en Suède.
C'est plutôt le conflit traditionnel entre socialistes
et libéraux qui va se réveiller. La
question ne va pas être si nous aurons
ou non la globalisation, mais si celle-ci sera
dirigée par les millions de décisions
à la minute prises par les consommateurs, entrepreneurs,
dans la communication et la souplesse, ou si elle
sera dirigée par des centres de commande et
des règles centralisés imposés
par des bureaucrates et des politiciens.
Attac
s'est, dans une première phase, engagée
à promouvoir trois thèmes principaux :
"1. Oeuvrer pour l'imposition de la taxe
Tobin. 2. Empêcher que le système
de retraites publiques soit employé à
des fins de spéculation. 3. Effacer la
dette des pays pauvres."
La
taxe Tobin
La
taxe Tobin serait une taxe d'environ 0,05-0,1 %
(le niveau varie suivant à qui on parle) sur
toutes les opérations de change. S'y associe
l'idée suivant laquelle il faudrait limiter
les flux de capitaux et ainsi les dégâts
de la spéculation sur les monnaies. La plupart
des critiques s'attachent à démontrer
qu'il serait impossible d'imposer un tel système,
parce que cela exige que tous les Etats soient unanimes,
et que l'on puisse surveiller et rançonner
toutes les transactions dans l'ensemble du monde,
alors même qu'il n'existe même pas aujourd'hui
de système de comptabilité. Et qui le
dirigerait, et qui empêcherait une administration
supranationale de ce genre de dérailler
et de se laisser gagner par la corruption ?
Cependant,
la taxe Tobin n'est pas seulement inapplicable, en
fait elle n'est pas désirable non plus. Un
impôt sur les opérations de change équivaut
en pratique à un "droit" de douane
sur les mouvements de capitaux, et qui en tant que
tel renchérirait les coûts de transfert
des pays riches aux pays pauvres en capitaux. On gagnerait
à n'investir qu'à l'intérieur
de ses propres frontières. Les Attacqueux
prétendent qu'un impôt si faible ne saurait
tenir à l'écart les investissements
à long terme, mais les coûts accumulés
pour un investissement peuvent être beaucoup
plus élevés que ces faibles montants
ne l'indiquent. Cela tient à ce qu'on le prendrait
à chaque fois qu'une transaction a lieu, et
que les entreprises et les investisseurs
investissent dans un autre pays, cela implique en
général non pas une seule mais une série
de transactions. On place une partie des ressources,
on récupère une partie en bénéfices,
accroît l'investissement s'il a réussi,
transfère une partie des recettes
à d'autres parties de l'activité dans
d'autres pays, etc. Le résultat est qu'il faut
payer des sommes énormes au titre de la taxe
Tobin. Cela fait que les autres pays ont plus difficilement
accès au capital, et par conséquent
moins d'investissements et des taux d'intérêt
plus élevés. Attac prétend que
la taxe est une manière de s'en prendre
à la spéculation sur les changes.
Or, même des instruments financiers comme les
options, qu'ils considèrent comme pure spéculation,
sont nécessaires à la bonne marche des
investissements. Les entreprises en achètent
parce qu'elles ont besoin de se concentrer sur la
production, au lieu d'être obligées de
spéculer sur ce que sera le niveau des
changes ou des prix dans les semaines ou les mois
à venir, quand ils devront conclure un contrat.
Les risques sont assumés à leur place
par ceux qui savent le mieux évaluer l'avenir
et qui sont les plus portés à prendre
des risques, à savoir les "spéculateurs".
Et qu'il existe un vaste marché secondaire
garantit qu'ils peuvent redistribuer les risques aussi
vite qu'ils en ont besoin. Cela conduit à ce
que l'assurance soit aussi bon marché que possible
pour les entreprises. Elles peuvent investir en dépit
des risques.
Une
taxe Tobin renchérirait cette manière
de diversifier les risques et réduirait considérablement
les flux de capitaux. Des investisseurs moins disposés
à prendre des risques et des emprunteurs forcés
de payer plus cher leurs financements. Au cours de
la décennie écoulée, les pays
en développement ont reçu un quart de
tous les investissements internationaux. Le risque
est qu'ils s'assèchent considérablement
avec une taxe Tobin.
La
taxe Tobin, par conséquent, en dépit
de son "faible" niveau, mettrait un coup
d'arrêt à d'importantes transactions
financières. En revanche, elle est trop faible
pour exercer un quelconque effet de frein
sur les crises financières et monétaires.
Si les investisseurs peuvent gagner 20 % en jouant
contre la monnaie indonésienne, ou perdre 40 %
s'ils ne se retirent pas assez vite de Thaïlande,
ils ce n'est pas une taxe de 0,05 % qui
les dissuadera de quoi que ce soit. Alors, est-il
impossible d'empêcher une spéculation
destructrice sur les changes ? Pas du tout ;
mais il faut d'abord comprendre pourquoi cette spéculation
apparaît, ce qui ne semble guère intéresser
les Attacqueux. Le problème tient à
la réglementation des taux de change.
Dès que le marché estime qu'une devise
vaut moins que les hommes de l'Etat l'ont décidé,
apparaît une possibilité de spéculer.
Lorsqu'en 1997 il s'est trouvé que l'économie
thaïlandaise n'était pas assez forte pour
justifier le taux de change élevé de
la monnaie thaïlandaise, les spéculateurs
y ont vu une occasion. En effet, la Banque centrale
était prête à acheter la devise
plus cher qu'elle ne valait. Alors, pour simplifier,
ils empruntaient autant qu'ils pouvaient dans la devise
locale pour la revendre immédiatement à
ce prix plus élevé (comme en Suède
en 1992). Alors la Banque centrale épuisait
ses réserves de change dans ses tentatives
pour maintenir le cours. C'est cela qui s'est passé
dans les pays asiatiques qui ont connu la crise.
Lorsque les réserves de change eurent été
épuisées, il n'y avait plus de garantie
pour [la valeur des] prêts et [du] système
financier. Tous les investisseurs s'enfuirent en même
temps pour tenter de retirer leur argent
à temps.
Que
la Banque centrale tente de défendre son taux
de change fixe par des achats massifs ou des
taux d'intérêt plus élevés,
les deux moyens sont également destructifs
pour l'économie. Si l'attaque contre la devise
est trop puissante, ils seront obligés d'y
renoncer. Lorsque la monnaie a fini par baisser de
peut-être 20 %, les spéculateurs
peuvent rembourser leurs emprunts massifs, mais ils
pèsent désormais 20 % de moins.
La réglementation des taux de change est une
subvention directe à la spéculation,
et une recette pour des crises de change à
répétition. Cela James Tobin, l'économiste
favori d'Attac, en est conscient. Lors d'une interview
pour Radio Australia il constatait que :
"Mon
opinion est que c'est une grave erreur pour les pays
en développement que 'avoir des taux
de change fixe. Les trois principales devises le
dollar, le yen et le mark (bientôt l'Euro)
flottent librement les unes par rapport
aux autres, et nous n'avons pas de crises de change
entre elles. Je ne comprends pas pourquoi nous insistons
pour que la Corée du sud ou la Thaïlande
aient des taux de change fixes
puisque
celles-ci provoquent des crises."
Deux
économistes qui ont étudié
la crise asiatique, Steven
Radelet et Jeffrey
Sachs ont constaté que : "Nous
ne connaissons aucun exemple d'une crise financière
ou monétaire de quelque importance sur un marché
émergent ayant des taux de change parfaitement
flexibles. Si nous voulons nous débarrasser
de la spéculation il nous faut par conséquent,
et contrairement à ce qu'affirme Attac, davantage
de déréglementation sous la forme de taux
de change flexibles. Ce qui reste comme argument en
faveur d'une taxe Tobin est que celle-ci fournirait
des sommes importantes, peut-être 100 milliards
de dollars par an, que l'on pourrait employer à
aider les pauvres dans le monde. Mais si nous savons
que de telles sommes pourraient faire du bien dans
le tiers monde, pourquoi ne pas les obtenir d'une
autre manière ? En libérant les
échanges, en supprimant la Politique Agricole
de l'Union Européenne ? Ou en accroissant
l'aide au développement ? ou les
taxes écologiques ? Pourquoi insister
pour que ce qui procure les ressources détruise
en même temps les marchés des capitaux ?
A moins, bien sûr, que ce ne soit le but
recherché
Les
retraites
La
plus grande partie du capital international dont les
Attacqueux s'inquiètent tant provient de personnes
privées qui cherchent, à travers différents
fonds de pension, à s'assurer une vieillesse
aussi agréable que possible. C'est une indication
claire du fait que le marché n'est pas une
sorte d'Alien,
que c'est nous-mêmes
qui le constituons. Cela ne plaît
pas à Attac. L'association veut nous interdire
d'investir nos cotisations de retraite sur les
marchés d'actions. Cela signifie que la Premiepension,
système qui prévoit que les Suédois
ont le droit de placer 2,5 % de leur revenu
dans des fonds de pension plutôt que de
les livrer au système obligatoire, devrait
être interdite. Cela permettrait à "l'Etat"
de manipuler davantage de ressources, et aussi d'assurer
aux citoyens une retraite authentiquement diminuée.
Le rendement réel de ses Allmäna
Pensionsfonder ont été
négatifs de 1960 à 1993 :
moins 0,7 pour cent. Si les gens veulent mettre leur
épargne dans des projets qui perdent
de l'argent, personne ne devrait les en empêcher,
mais forcer les autres à le faire est plutôt
du sadisme.
Si
une telle interdiction était mise en oeuvre
à l'échelle mondiale, cela empêcherait
aussi les pays les plus pauvres d'obtenir une bonne
partie du capital et des investissements dont ils
ont tellement besoin. Les investissements dans ces
pays sont souvent risqués et attirent rarement
les particuliers, mais on peut prendre le risque si
ce sont de grands fonds communs qui se le partagent.
Or, ce sont justement à ces actionnaires collectifs
que l'Attac veut s'en prendre pour les saigner de
leur argent. Interdire à l'argent de nos retraites
de quitter les pays riches peut difficilement passer
pour un acte de solidarité international(ist)e.
L'effacement
de la dette
La
seule des exigences d'Attac qui ait rallié
un peu plus de monde est la proposition
d'effacer la dette des pays pauvres du monde.
De quels pays il s'agit exactement, et à
quelle conditions cela devrait se passer, cela dépend
de qui vous interrogez. Cela signifie qu'on n'est
pas tout à fait sûr de savoir en quoi
les points de vue d'Attac s'écartent des annulations
en cours par la Banque mondiale et le FMI.
Cependant,
il y a de bons arguments
pour effacer la dette. Il n'est par exemple
pas juste que des dictateurs souscrivent des emprunts
considérables ne profitent jamais au peuple,
et qu'après la démocratisation, l'Etat
démocratique et le peuple doivent rembourser
cet argent. Les banquiers privés n'ont pas
voulu prêter aux dictateurs africains qui fourrent
l'argent dans leur propre poche, mais les Etats
occidentaux, eux, l'ont fait. La Banque mondiale et
le FMI. Ce sont eux, et
non la population des pays pauvres, qui devraient
supporter les coûts de prêts risqués.
C'est pour cela qu'ils ont le devoir d'effacer la
dette. Mais ce serait immoral qu'ils le fassent sans
conditions, ce dont beaucoup d'Attacqueux semblent
partisans. Cela impliquerait une subvention directe
aux dictatures qui emploient les ressources à
l'achat de matériel de guerre et à
l'oppression de leur peuple. Parallèlement,
il faudrait poser des exigences de démocratie
et d'une véritable volonté de réformes.
Un
problème est que, historiquement, l'effacement
de la dette est généralement suivi d'un
endettement supplémentaire. Si on échappe
à l'obligation de payer ses dettes, en assumer
de nouvelles c'est emprunter malin. Les données
empiriques montrent que sur 10 ans, 1 % d'effacement
de dette supplémentaire, conduit en moyenne
à un endettement net supplémentaire
de 0,34 %. Il y a des effacements de dette à
peu près depuis 20 ans, et cela n'empêche
pas certains des pays d'être plus endettés
que jamais. C'est pourquoi il faudrait qu'une annulation
une fois pour toute se combine avec un arrêt
des prêts publics aux pays en question.
A l'avenir, si les Etats veulent emprunter de l'argent,
il faudra qu'ils l'empruntent à des intérêts
privés qui croient pouvoir récupérer
leur argent, ce qui veut dire que les Etats en
question devront avoir une politique plus rationnelle
et investir les fonds au lieu de les gaspiller.
Conclusion
Pour
résumer, les trois points d'Attac ne sont
pas particulièrement bien élaborés,
et il y règne souvent des points de vue différents
sur ce qu'ils devraient impliquer dans la pratique.
Suivant celui à qui on parle chez Attac, les recettes
tirées de la taxe Tobin devraient être
consacrées à une série de projets
différents voire contradictoires, n'étant
pas administrées par les mêmes institutions.
Parfois on vous dit que l'effacement de la dette devrait
être inconditionnel, parfois non. Quand on critique
l'un des points on obtient souvent des réponses,
de la part de l'Attacqueux de base, indiquant qu'ils
ne
savent pas comment fonctionne le système
actuel, ni ce
qu'impliqueraient leurs propres propositions.
A la place, on ressasse les trois points, comme un mantra.
C'est une indication d'un mouvement jeune où
on ne peut même pas se mettre d'accord sur ce
qu'impliquent trois principes simples, et lorsque
les adeptes ne s'y retrouvent même pas. Mais
cela indique aussi que c'est autre chose qui importe
à ceux d'Attac : c'est l'opposition au
capitalisme, au "néo-libéralisme",
à la "mondialisation libérale"
ou "intégration économique
par les patrons" et tous les noms qu'ils lui
donnent. C'est-à-dire qu'il s'agit d'un anticapitalisme
socialiste des plus traditionnels, avec la "solidarité"
qu'ils y associent. Ces points-là, on les met
en avant surtout pour des raisons symboliques. Pour
ne pas passer pour une organisation "négativiste",
on présente quelques propositions "constructives"
censées montrer qu'un autre chemin serait possible.
Que même les premiers pas sur cette voie-là
sont irréfléchis et dommageables en
dit déjà assez sur l'endroit où
ils voudraient nous mener de force.
NOTES
[1] "Dags
att säga A-tack och hej!", Svensk
Linje Liberal Debatt nr 1-2001. Traduit
du sudéois
par François Guillaumat.
[2] Il semble s'agir de Karin
Jonsson, à une émission
du 9 novembre 2000 sur SVT2
repassée le 11 novembre 2000 sur SVT1
l'article de Johan Norberg étant apparemment
daté de
janvier 2001.
[3] Le "Magazine du Nord" (Norra
Magasinet) est une émission
de la télévision
d'Etat suédoise. Apparemment
peuplée d'analphabètes économiques
imbus du semi-esclavagisme démocrate-social,
s'il faut en croire les critiques
des étudiants
du Parti Modéré du département
de Jönköping.
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