Le 7 février 2002

 

Le ballon Bibendum

La "feuille de paie vérité" refusée par la Justice : poursuivi par un sysndicat, Michelin est condamné pour avoir voulu faire preuve de pédagogie.

 

 

 

Comparez votre feuille de paie à celle d'un américain...

par Jean-Pierre CHEVALLIER

 

 

 

 

Présentation résumée

Le bulletin de salaire d'un cadre moyen français gagnant le salaire médian 2001.

 

 

On veut des sous ! On veut des augmentations de salaires ! Tout le monde est d’accord ! Les salariés, les syndicats, et aussi les professions libérales, les médecins, les avocats…Tout le monde manifeste, même les flics et les gendarmes ! Et obtient quelque chose…Pour les uns, c’est 1 000 francs par mois, pour d’autres ce sont quelques points de pourcentage, une prime, une augmentation de tarif ou de prix. Moi, je propose 40 %. Quarante pour cent d’augmentation de revenu pour tous ceux qui travaillent !

Démagogique ? Non, tout à fait sérieux, réaliste et réalisable ! Comment est-ce possible ?En adoptant en France le système libéral tel qu’il est appliqué par exemple aux Etats-Unis.

En France, le salaire mensuel médian est de 11 500 francs brut actuellement ou 1 753 €, soit 9 112 francs net ou 1 389 €… selon la curieuse présentation qui prévaut depuis une cinquantaine d’années ! En effet, quel est le véritable montant d’un salaire ? C’est en fait ce qu’on appelle improprement le coût total employeur, c’est à dire :le salaire brut plus les cotisations dites patronales, ici à 4 612 francs ou 703 €, ce qui fait un véritable salaire de 16 112 francs ou 2 455 €.

En effet, le salaire est pour l’entreprise la rémunération d’un travail effectué par le salarié, évidence que tout le monde oublie, ou presque… Pour l’entreprise c’est un coût, c’est à dire, ce que lui coûte au total ce salarié, toutes charges comprises, ce qu’on persiste à appeler, le coût total employeur.

La dissociation entre les cotisations du salarié censé payer ses propres cotisations et les charges patronales de l’employeur censées contribuer à leur financement est purement fictive ! C’est une manifestation de plus de l’idéologie socialiste du partage.

Les entreprises ne contribuent pas à aider les salariés ! Elles supportent des charges de personnel qui correspondent au véritable salaire de leur personnel.Libre ensuite aux salariés de dépenser leur salaire comme ils l’entendent!

En fait, la législation française interdit aux entreprises de verser à leurs salariés la totalité de leur salaire, et les oblige à payer des services que les salariés n’ont pas nécessairement demandés, fournis par des monopoles étatiques (la Sécurité sociale, les Assedics, les caisses de retraite), alors que des entreprises privées, des compagnies d’assurance en particulier, pourraient fournir les mêmes services à un coût moindre.

La société Michelin avait voulu faire preuve de pédagogie en remplaçant le mot salaire par l’expression : "prix que les clients acceptent de payer pour rémunérer votre travail".. En effet, ce n’est pas le patron d’une entreprise qui fixe le prix de vente d’un produit, mais le marché, donc finalement le client qui accepte ou pas de payer un certain prix pour le service qu’il acquiert. Ce sont donc les clients qui déterminent la rémunération des salariés qu’ils trouvent équitable, en considération de leur travail fourni. Sur la plainte d’un syndicat, le société Michelin a été condamnée par les tribunaux et a été contrainte de se conformer aux expressions habituelles.

Qu’en est-il aux Etats-Unis ?

Le dispositif est quelque peu différent : les assurances santé ne sont pas toujours obligatoires mais les salariés les souscrivent généralement, et les impôts, payés à la source, incluent une assurance chômage et un régime de retraite par répartition. Quatre déductions sont effectuées, pour financer, la Sécurité Sociale, Medicare, les impôts de l’Etat fédéré et de l’Etat fédéral. Quelques petites précisions…

1 Les salariés américains peuvent bénéficier du système d’assurance santé que leur employeur a négocié avec certaines compagnies d’assurance. Ils disposent ainsi de conditions plus avantageuses que celles qui sont généralement proposées aux particuliers par d’autres compagnies d’assurances privées. Le système en vigueur n’est donc généralement pas obligatoire. Par principe, les salariés ont la possibilité de choisir leur assurance santé pour eux mêmes et pour leur famille.

2 Medicare : les retraités américains bénéficient gratuitement de l’équivalent de notre Sécurité Sociale. Le financement de ce dispositif est assuré par un prélèvement sur tous les salaires.

3 Les impôts sur le revenu, équivalents à notre I.R.P.P., sont prélevés à la source. Ils sont variables en fonction du niveau de revenu (comme en France, ils sont malheureusement progressifs).

Ces impôts permettent de financer les services de l’Etat fédéral et des Etats fédérés, comme par exemple la défense, la justice, la police… qui sont généralement efficaces . Ces impôts financent également l’éducation : l’enseignement, primaire et secondaire, est public et gratuit, et un système de bourses généreux permet aux jeunes américains démunis de faire des études dans des universités de réputation mondiale, ce qui est loin d’être le cas en France ! Les impôts d’Etat financent également : a) le système obligatoire d’assurance chômage qui permet à tous les salariés Américains de percevoir l’équivalent de leurs derniers salaires pendant trois mois après la date de leur licenciement; b) le système public de retraite, obligatoire lui aussi, dit par répartition, qui assure à tous les salariés américains une retraite confortable, proportionnelle à leurs anciens salaires, et même avec certaines dispositions plus avantageuses que le système français, comme par exemple celles qui permettent à la veuve d’un salarié de bénéficier de la totalité de la pension de son mari après son décès.

Aux Etats-Unis, les Etats fédérés, les entreprises, et les salariés, disposent toujours d'une grande liberté. Il n'y a pas un système unique de protection sociale, mais une infinité de solutions possibles car tous les partenaires sont libres de conclure les accords qu'ils souhaitent. Prenons un exemple typique inspiré du cas réel d'un salarié américain, cadre supérieur. Nous pouvons estimer ses impôts à 6 % pour l'Etat fédéré et à 14 % pour l’Etat fédéral. Les déductions opérées sur sa paie sont alors les suivantes 

         
  Sécurité Sociale  
6,20 %
 
  Medicare  
1,45%
 
  Impôt de l'Etat  
6%
 
Impôt fédéral
14%
         
 

Total

 
27,65 %
 

Soit un total de ces déductions de 27,65 % laissant donc un revenu disponible de plus de 72 % par rapport au salaire de base. C'est encourageant et motivant de travailler car ça vaut le coup : ça paie ! aux Etats-Unis, du moins…

Un Américain à Paris

En transposant cet exemple américain en France, et en globalisant les impôts d'Etat, nous obtenons le bulletin de salaire suivant, pour notre salarié français médian :

Feuille de paie

FRF
Salaire brut :
16 112
2 455
Déductions :
%
Sécurité Sociale
6,20
998
152
Medicare
1,45
233
35
Impôts de l'Etat
20,00
3 222
491
Total des déductions
4 453
678
Salaire net
11 659
   
1 777

 

Dans le système français actuel le salarié ne perçoit que 9 112 francs ou 1 389 € net, sur lesquels il faut retrancher encore l'impôt sur le revenu (I.R.P.P.) que l'on peut évaluer à 10 % du salaire net ; cela fait donc un revenu disponible après impôts de 8 200 francs ou 1 250 €.

Si le système américain était appliqué en France, ce salarié toucherait donc chaque mois 3 459 francs de plus ou 1 527 €, soit une augmentation de 40 % par rapport à son salaire actuel !

Ce n'est pas utopique ! Ce n'est pas révolutionnaire, c'est libéral ! C'est le système qu'ont adopté 280 millions d'Américains… et ça marche !

A cela, il faut ajouter que les Américains disposent d'un niveau de revenus supérieur aux Français. Ils paient peu de taxes ou impôts locaux (sur l'habitation), peu de droits de succession. L'équivalent de notre T.V.A. est au taux de 8 % généralement, ce qui entraîne un pouvoir d'achat supérieur de 10 % environ, toutes choses égales par ailleurs, par rapport à la situation que nous subissons. Les autoroutes sont gratuites, le litre d'essence coûte environ 2,20 francs soit 0,33 €. Ils peuvent surfer sur Internet gratuitement aussi longtemps qu'ils le veulent car les communications téléphoniques locales sont gratuites, c'est à dire inclues dans le forfait de l'abonnement ; ils peuvent passer des commandes sur le web, exonérées de taxe (à 8 %, correspondant à notre T.V.A.)…

Un Français en Amérique

Dans le système français, en globalisant les cotisations dites du salarié et de l'employeur, pour chacun de ces postes, les pourcentages de déductions à appliquer seraient alors les suivants :

Sécurité Sociale
18 %
Retraite
15 %
Chômage
6 %
Total
39 %

Conclusions : la Sécurité Sociale coûte proportionnellement trois fois plus cher en France qu'aux Etats-Unis, et 21 % de prélèvements n'assurent en France que le seul financement de l'assurance chômage et des retraites, alors que les Américains, par ce même pourcentage de prélèvements, paient en même temps leurs impôts sur le revenu !

Nous obtenons donc un total des prélèvements sur le salaire de 39 % plus 10 % d'impôt sur le revenu, soit 49 %, que l'on peut allègrement arrondir à… 50 %, en ajoutant par exemple la taxe sur l'audiovisuel pour compenser cette petite majoration...

Le total de ces déductions atteint donc 50 % du véritable salaire de base si l'on applique le système français … contre 27,65 % aux Etats-Unis !

Le revenu effectivement disponible après impôts est donc, par rapport au salaire de base, de 50 % en France et de 72 % aux Etats-Unis…

Ce surcoût est le prix que des millions de salariés paient chaque mois pour financer un régime social inefficace mais largement défendu par les partis politiques, les syndicats, et d'autres organisations qui donnent ainsi la possibilité à un certain nombre de personnes amies et alliées de vivre confortablement de ces ressources collectées par la contrainte publique aux dépens des salariés…

C'est là le résultat de l'organisation sociale qui a été mise en place après la Libération, sous l'influence du Parti Communiste qui représentait alors 25 % du corps électoral, pérennisée et même renforcée pendant un demi siècle sous l'influence grandissante du Parti Socialiste et avec l'accord et le soutien des autres partis de gouvernement. Il correspond donc à la volonté constante de l'ensemble des Français, qui y sont paradoxalement très attachés (pour plus des deux tiers).

Ainsi, un salarié français conserve moins de la moitié de ce qu'il gagne et le reste est redistribué. Cette dérive socialisante est grave car elle incite à penser que le montant du salaire dépend non pas du travail effectif du salarié, c'est à dire du marché, mais d'un mécanisme étatique de redistribution. Inversement, il paraît légitime de recevoir en compensation des revenus ou des prestations gratuitement, c'est à dire sans fournir de travail ! C'est déjà presque le communisme, à chacun selon ses besoins, c'est en tout cas du socialisme bien réel !

La France va ainsi vers davantage de socialisme, alors que tous les autres pays vont dans l'autre sens : vers le libéralisme !

Que faudrait-il faire pour libéraliser le travail en France ?

Il suffirait pour cela de : 1.supprimer l'obligation pour les salariés de cotiser à la Sécurité Sociale, aux Assedics, et aux caisses de retraite; 2. laisser libres les salariés de choisir leur assurance santé, leur assurance chômage, et le financement de leur retraite, en utilisant pour cela les services libres du marché, en leur disant : Si vous voulez continuer à bénéficier de la Sécurité Sociale, restez-y ! Si vous voulez choisir une autre compagnie d'assurance, faites le ! Vous êtes libres !

Les salariés ne seraient alors amenés qu'à payer les impôts de l'Etat pour financer les seuls services qu'il doit rendre de façon à assurer la paix intérieure (police et justice) et extérieure (armées) et quelques autres services publics réduits de façon à faciliter l'activité économique et la vie en société. En prenant pour base les données des Etats-Unis, ces seules dépenses devraient représenter 5 à 10 % des revenus. Le bulletin de salaire d'un Français moyen devrait ainsi se présenter, au pire (en adoptant un taux de 10 %), de la façon suivante :

 

FRF
Salaire brut
16 112
2 455
Impôts de l'Etat
10 %
1 611
245
Salaire net
14 501
2 210

Alors qu'actuellement ce salarié perçoit 8 200 francs, 1 250 €. Edifiant !

Dans ce domaine comme dans d'autres, le libéralisme produirait alors ses effets positifs : les coûts baisseraient et les services s'amélioreraient… au détriment de ceux qui profitent actuellement indûment de ces monopoles étatiques que sont la Sécurité Sociale, les Assedics et les caisses de retraite. Un impôt au taux moyen de 10 % serait alors considéré comme un prix acceptable des prestations collectives fournies par l'Etat qui assure ainsi la sécurité et la paix à l'intérieur comme à l'extérieur (surtout après les attentats du 11 septembre) et divers autres services liés à la vie dans une communauté complexe, et non pas comme un impôt injuste et pénalisant.

Globalement négatif

Si le système actuellement en vigueur aux Etats-Unis a peu de chances d'être mis en œuvre à court terme en France, il serait souhaitable, possible et indispensable, au moins, de simplifier le traitement de la paie, ne serait-ce que pour en diminuer le coût de gestion pour les entreprises ! Il suffirait alors de globaliser les cotisations faussement dissociées entre les salariés et leur employeur.

Le total des déductions, Sécurité Sociale 18 %, retraite 15 %, chômage 6 %, est de 39 %. L'Etat pourrait participer lui aussi à cet effort de simplification et prélever l'impôt à la source, comme dans la plupart des pays développés, ce qui réduirait le coût de la collecte de l'impôt. En continuant à prélever 10 %, le total des retenues à opérer serait donc de 39 + 10 soit 49 %, arrondi à 50 % comme indiqué précédemment. Le bulletin de paie serait alors réduit à sa plus simple expression

Feuille de paie

FRF
Salaire brut
16 100
2 454
Déduction
50 %
8 050
1 227
Salaire net
8 050
1 227

Les entreprises pourraient alors payer directement la Très Grande Caisse Publique chargée de répartir ces sommes ainsi collectées, à charge pour elle de les distribuer aux différents organismes publics, au lieu de faire faire ce travail aux entreprises, sans même les rétribuer pour cela ! Les hommes politiques, créateurs et finalement gestionnaires de cette Très Grande Caisse Publique avec leurs camarades syndicalistes, pourraient alors facilement expliquer aux personnes qui travaillent, qu'en leur retirant plus de la moitié de leurs revenus, ils deviennent ainsi plus riches dans une économie plus prospère dans une société plus juste et plus harmonieuse…

Remarques finales.

Les entreprises pourraient alors payer directement la Très Grande Caisse Publique chargée de répartir ces sommes ainsi collectées, à charge pour elle de les distribuer aux différents organismes publics, au lieu de faire faire ce travail aux entreprises, sans même les rétribuer pour cela ! Les hommes politiques, créateurs et finalement gestionnaires de cette Très Grande Caisse Publique avec leurs camarades syndicalistes, pourraient alors facilement expliquer aux personnes qui travaillent, qu'en leur retirant plus de la moitié de leurs revenus, ils deviennent ainsi plus riches dans une économie plus prospère dans une société plus juste et plus harmonieuse…

1 Cette petite réflexion partant de l'exemple concret de ce salaire médian rejoint les conclusions d'autres études plus sophistiquées portant par exemple sur les salaires des cadres menées par des organismes qui disposent de moyens d'investigation plus importants.

D'après ces études, les salariés américains conservent environ 72 % de leur salaire. Pour la France, ce même salaire disponible après impôts est de 46 %. Ces résultats seraient donc encore plus désavantageux en réalité pour les salariés français. Ces travaux sont corroborés par des études macro-économiques qui aboutissent à des prélèvements obligatoires de l'ordre de 34 % aux Etats-Unis pour l'ensemble de l'économie comme pour les salariés, compte tenu des taxes des Etats fédérés à 8 % environ (l'équivalent de notre T.V.A.). Les salariés américains conservent donc les deux tiers de leur pouvoir d'achat.

En tenant compte de notre T.V.A. à 19,6 %, si l'on considère que le salarié français moyen dépense la quasi-totalité de son salaire, il ne lui reste plus que 36 % de son véritable salaire initial, en espérant que sa voiture ne consomme pas trop d'essence ! Les salariés français ne conservent donc qu'un gros tiers de leur pouvoir d'achat ! Presque les 2/3 du salaire partent dans divers prélèvements sociaux, et ça ne suffit pas, car tout le monde réclame encore davantage de moyens pour l'enseignement, la santé, la justice, les chômeurs, etc.

2. Allocations Familiales. Dans un souci de simplification certains calculs ont été réalisés en faisant abstraction des retenues servant à financer les Caisses d'Allocations Familiales par les entreprises, ce qui permet de raisonner sur un taux constant de prélèvement des impôts de 10 % calculé sur le salaire brut comme sur le coût total employeur, ce qui explique les différences (négligeables) dans certains résultats. Le prélèvement est de 5,40 % sur le salaire brut soit 621 francs ou 94 € pour le salarié médian. C'est le Parti Communiste qui a été à l'origine de ce dispositif à la Libération pour faire payer aux patrons les aides aux familles nombreuses ouvrières. Ces prestations, qui ne se justifient plus actuellement sous cette forme, devraient être inclues dans les impôts de l'Etat au titre de la solidarité nationale.

Si l'on réintroduit ce prélèvement, on arrive donc aux mêmes chiffres que les études précitées, soit 46 % du salaire disponible après paiement de l'impôt sur le revenu. Les résultats de ces études sont donc corrects, fiables et concordants.

3. Par ailleurs, le budget de l'Etat fédéral des Etats-Unis est excédentaire, ceux des Etats fédérés sont obligatoirement équilibrés. L'Etat fédéral a même remboursé au cours de l'été 2001 à chaque ménage américain qui a payé des impôts $600 correspondant à des excédents ! … alors que ces ménages bénéficient déjà de diverses dispositions fiscales réduisant leurs impôts quand, propriétaires, ils remboursent leurs prêts pour acheter leur maison et quand ils donnent de l'argent à des œuvres caritatives… Le financement des retraites des Américains est normalement assuré dans les années à venir pour faire face aux dépenses prévisibles du papy boom. Les fonds de pension, non étudiés ici, constituent un dispositif qui avantage encore la situation des salariés américains, en leur donnant la possibilité d'investir une partie de leur salaire dans des actions abondées par leur entreprise, avec des dispositions fiscales avantageuses. Les compagnies privées d'assurances santé ont des comptes bien entendu bénéficiaires puisque ce sont des entreprises privées.

En France, les budgets de ces administrations publiques fournissant des services équivalents sont tous déficitaires et rien n'a encore été décidé pour faire face à l'afflux prochain des retraités…

4. Les salariés ne sont pas seuls à être dans l'obligation de verser des cotisations sociales aux organismes sociaux… les membres des professions libérales, les artisans, les agriculteurs, et autres entrepreneurs individuels ou indépendants sont dans une situation identique qui est même souvent pire pour eux : ils paient encore plus cher pour avoir droit à des prestations moins avantageuses !

5 . Le Medef que certains accusent d'être trop libéral (!) a amorcé à l'été 2001 un revirement d'attitude sur ce problème des assurances santé, en se désengageant de la gestion des Caisses de la Sécurité Sociale… sans toutefois revendiquer une pleine et entière liberté de choix des assureurs.

6. Les Américains disposent donc généralement de prestations sociales au moins aussi avantageuses que les nôtres, surtout si l'on tient compte des différences de niveau de revenu, et à un moindre coût relatif.

Les structures sont fortement décentralisées aux Etats-Unis. Il y a donc beaucoup de différences d'un Etat à un autre, et d'une entreprise à une autre. Certains Etats fédérés ne prélèvent même pas d'impôts pour attirer les investisseurs et stimuler l'activité ! La réglementation peut même varier d'un comté à un autre, d'une ville à une autre… Une certaine concurrence règne entre les Etats fédérés, les comtés, les villes, c'est ça le libéralisme efficace appliqué dans une grande nation ! L'Union Européenne pourrait s'en inspirer au lieu d'effacer les disparités nationales ou régionales…

Il est donc difficile et même illusoire de vouloir faire une étude exhaustive sur les différences entre les conditions des salariés américains et français, du fait des disparités importantes qui existent aux Etats-Unis grâce à cette liberté. Ce petit tour d'horizon a pour but de montrer que ce n'est pas un pays de sauvages où règne un libéralisme débridé et inhumain comme on veut le faire croire en France… Il s'agit ici d'essayer de donner quelques idées : réduire la feuille de paie à sa plus simple expression… pour voir !

Donc, résultat de ce match France / Etats-Unis.

En travaillant, les salariés américains conservent plus de 72 % de leur salaire, les Français, moins de 50 % …

Les Américains conservent les 2/3 de leur pouvoir d'achat, les français le tiers seulement !

Le dispositif fiscal et social américain, très libéral, est très performant et incite les gens à travailler pour en tirer des revenus… et des satisfactions. En France, c'est le contraire, les services publics ont des coûts très élevés, une faible efficacité, et par leur importance, découragent les initiatives et incitent à la passivité, à l'expatriation ou à… des sursauts de révoltes sporadiques.

Il est quand même surprenant de constater que le niveau de culture économique des Français soit aussi faible, et surtout, que leur aptitude à raisonner sur des problèmes économiques aussi simples soit proche du zéro absolu ! Cette petite réflexion sur un bulletin de salaire n'est pourtant pas bien compliquée !

Un encéphalogramme dramatiquement plat ne présage rien de bon…

Les théories économiques et l'exemple des Etats-Unis qui appliquent un libéralisme cohérent sont pourtant clairs et concordants : le libéralisme est le système le plus performant sur le plan économique et assure par la liberté et le respect des droits des autres, la prospérité générale et un certain humanisme.

Jean-Pierre CHEVALLIER

Economiste

Agrégé de l'Université

Les professeurs ont toujours beaucoup à apprendre de leurs étudiants : cet article a été réalisé grâce à des informations fournies par Philippe Maussenet qui m'a d'ailleurs obligeamment prêté Business for dummies… Merci.