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Les
deux types d’erreurs ont des conséquences
profondes.
Un
exemple d’erreur de Type 1 est la thalidomide
des années 1960. On pensait que ce médicament
rendrait le cycle menstruel plus régulier,
mais il a eu comme résultat la naissance
d’enfants avec des membres déformés.
Il avait obtenu l’approbation des autorités
sanitaires en Europe. Au USA., un fonctionnaire
obstiné de la Food & Drug Administration
en a bloqué l’approbation en évoquant
le principe de la précaution, évitant
ainsi la naissance de milliers d’enfants déformés.
Un
exemple d’erreur de Type 2 sont les béta-bloquants.
Ils réduisent le risque de mortalité
des gens atteints d'affections cardiaques. La
Food
& Drug Administration a refusé
l’autorisation des béta-bloquants durant
cinq ans. Pendant cette période, des milliers
de personnes sont décédés
suite à des crises cardiaques.
Lé
défi auquel les pouvoirs publics sont confrontés
aujourd’hui est de trouver le juste équilibre
entre les erreurs de Type 1 et de Type 2 – le
risque d’aller trop rapidement vers l’avenir contre
le risque de rester trop longtemps ancré
au passé ou, autrement dit, les risques
liés à l’innovation contre le risque
de l’immobilisme technologique.
Les
libéraux sont d’accord pour une politique
de prudence, mais pas pour une politique de sur-précaution.
Une
politique de sur-précaution vise uniquement
les erreurs de Type 1. Elle ignore le risque d’immobilisme
technologique.
L’expérimentation
et la précaution
Le
zéro-risque étant impossible, les
pouvoirs publics ont besoin d’une règle
décisionnelle et impartiale qui permette
de faire le tri entre les deux types d’erreurs.
Le
principe de précaution est de nature politique.
Dans son livre Dealing
with Risk, Howard
Margolis explique comment le principe
de précaution est devenu un concept structurant
pour beaucoup d’organismes politiques, ainsi que
la pierre angulaire d’une quinzaine de traités
internationaux.
Dans
notre vie quotidienne, nous nous trouvons face
à une kyrielle de décisions binaires
( réponses : " oui "
ou " non ") où il faut
prendre en compte les risques liés à
chacune des deux éventualités, p.
ex.
- en
cas de changement d’emploi : le risque
d'un avancement de carrière contre le
risque d’échec professionnel,
- lorsqu'on
se marie : le risque de vivre une vieillesse
solitaire contre les risques d'échecs
affectifs dans la vie d'un couple,
- lorsqu'on
se fait vacciner : le risque de tomber
malade contre le risque de subir des effets
secondaires du vaccin.
Toutes
ces décisions exigent un arbitrage entre
les deux catégories de risques. Dans un
monde parfait, ce type d’arbitrage ne serait pas
nécessaire.
C’est
sur ce type de monde imaginaire que les politiques
raisonnent– un monde où les décisions
se déclinent en noir et blanc. Les lois
qu’ils imposent sont construites sur l'hypothèses
d'un tel monde imaginaire.
Le
monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est
un monde de sur-précaution. Nous nous souvenons
d’une époque antérieure où
l’Etat faisait plutôt le contraire et considérait
que le risque principal était de ne pas
avancer suffisamment rapidement. L’Etat subventionnait
alors la construction de canaux, d'autoroutes
ou de centrales électriques, etc.
Lors
de ma jeunesse aux USA, le grand corps bâtisseur
de l’Etat était le Corps
of Engineers. Toute rivière
était nécessairement candidate à
la construction d'un barrage ; tout risque
d'inondation devait être éliminé
par la construction de digues; tous les marais
étaient bons à être drainés.
Leur seule contrainte était financière.
Ils menaient une politique de " bulldozer ",
aussi bien contre les premiers essais de résistance
des écologistes, que sur leur terrain lui-même.
Le mot d’ordre était " en avant
toute ". Ils voulaient éviter
les erreurs de Type 2 ; les erreurs de Type
1 ne les concernaient pas.
Le
cas du Corps of Engineers est un exemple
des dangers inhérents à la politisation
de la prise de décisions sous risques.
Le mentalité dominante des décideurs
peut basculer d’une manière abrupte d’une
peur de ne pas avancer suffisamment rapidement
au contraire.
L’homme
peut rêver d’un monde simple sans décisions
difficiles, mais il sait que cela n’existe pas
dans son domaine personnel. Par contre, il accepte
volontiers la perche tendue par l’homme politique
qui lui propose un monde sans décisions
difficiles dans le domaine de la politique. En
ce qui concerne les décisions de sa vie
quotidienne, l’ homme sait résister aux
illusions et aux mensonges. Mais, dès qu’ils
abordent les décisions politiques, les
hommes acceptent volontiers les mensonges tendus
par les hommes politiques.
L’adoption
du principe de précaution change notre
façon d’aborder l’avenir. Au lieu d’être
spontanément ouverts à l’exploration
de l’avenir, nous nous imposons des restrictions
politiques dès qu'il s'agit de l'avenir.
Feu
Aaron
Wildavski, que certains parmi vous
ont peut-être lu et qui était une
personnalité de grande envergure, disait
que l’expérimentation comporte nécessairement
des erreurs. C’est en avançant vers l'avenir
que l’on apprend à le maîtriser.
De temps en temps, on découvre qu’on n’aurait
pas dû y aller. Ou encore on se rend compte
qu’on aurait dû y aller d’une manière
différente. Mais on n'apprend qu'en faisant.
Le
principe de précaution est fondé
sur l’hypothèse qu’il serait possible d'apprendre
et de découvrir sans encourir de risque
d'échec. Vu que l’essai sans risque d’échecs
est impossible, le principe de précaution
garantit qu’il n’y aura jamais d’essais.
Les
problèmes créés par le principe
de précaution
- Application
sélective
Le
principe de ne jamais avancer en cas de doute
n’est pas respecté pour les dossiers
politiques chers à la Gauche comme, par
exemple, lorsqu'il s'agit d'agir pour éviter
un réchauffement de la planète,
ou lorsque le problème est d'augmenter
les impôts.
Le
principe de précaution est utilisé
surtout pour empêcher les initiatives
du secteur privé. Rarement est-il évoqué
pour faire obstacle à des initiatives
du secteur public.
- Des
interdictions totales et aveugles
Il
y a quinze ans, le paludisme était sur
le point d’être vaincu grâce à
l’utilisation
du DDT. A cette époque, par
exemple, Donald Roberts, professeur des hôpitaux
militaires aux USA, qui faisait sa thèse
de doctorat sur la
malaria, la dengue et la fièvre
jaune dans la région de Manaus dans la
forêt amazonienne du Brésil, a
dû sortir à 30 km. de la ville
avant de trouver son premier cas de malaria.
Aujourd’hui,
on compte 25.000 cas de malaria à l’intérieur
de Manaus. Presque un demi-milliard de personnes
dans le monde souffrent de maladies tropicales
et entre 1 et 3 millions de personnes meurent
de malaria chaque année. Le
malaria est à nouveau en croissance.
Pourquoi ? Tout simplement parce que le
mouvement écologiste a réussi
à obtenir un arrêt unilatéral
des hostilités menées par l'homme
contre les moustiques.
Certaines
maladies bénéficient d’un statut
préférentiel dans le système
politique et elles sont donc médiatisées,
comme par exemple le sida. D’autres continuent
à tuer des dizaines de millions de personnes
par an sans se faire remarquer.
Le
DDT ne présente pas de dangers pour l’homme,
mais il est meurtrier pour les moustiques –
et son coût est quasiment infime.
Il
y a 30 ans, l’utilisation de DDT était
générale dans l’agriculture. Les
traitements étaient massifs. Un hypothétique
lien entre le DDT et l’amincissement de l’épaisseur
des coques d’œufs de certaines espèces
d’oiseaux est devenu une vérité
politique et médiatique. En conséquence,
le DDT a été totalement interdit.
On
n'utilise plus le DDT que dans le cadre de programmes
de santé publique où l'on se limite
à en faire des pulvérisation à
l’intérieur des logements de certaines
régions pauvres d’Afrique, d’Asie et
de l’Amérique du Sud.
L’avantage
du DDT par rapport aux autres produits anti-moustique
est sa ténacité. Il reste actif
après la pulvérisation pendant
un mois. D’autre part, ses effets sont répulsifs
plutôt que pesticides. Le moustique est
repoussé par la présence de DDT
dans une pièce et il la quitte tout de
suite. Les autres pesticides tuent le moustique
après 4-5 heures, bien après que
le moustique ait eu l’occasion de piquer et
éventuellement infecter les personnes
qui se trouvent dans la pièce.
L’interdiction
du DDT constitue un des meilleurs exemples des
risques inhérents au principe de précaution.
Le mouvement libéral aux USA va engager
un combat contre le mouvement écologiste
sur la
question du DDT et de la malaria.
Nous pensons que cette question représente
un argument clé pour mettre en lumière
l’immoralité du mouvement écologiste.
La
question sera posée : entre le risque
d’amincissement de l’épaisseur des coques
d’œufs de certaines espèces d’oiseaux
dans des régions bien délimitées
et la mort certaine de millions d’enfants dans
le monde, que faut-il choisir ? Nous sommes
prêts à débattre de cette
question avec Greenpeace à la télévision.
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Question
du public :
Le
DDT ne s’accumule-t-il pas dans les tissus
du corps humain – d’une manière
semblable à la dioxine ?
Réponse :
Oui.
Beaucoup
de choses s’accumulent dans le corps,
par exemple les cellules graisseuses.
Ces dernières peuvent entraîner
des conséquences nocives pour l’homme :
hypertension, diabète, etc. La
dioxine et le DDT sont des substances
qui se dissolvent dans les cellules graisseuses,
qui s’y accumulent et qui perdurent dans
le corps. Par contre, il n’existe aucune
étude qui prouve la dangerosité
des taux de DDT ou de dioxine constatés
dans l’homme.
Les
écologistes déclarent que
toute substance provenant de l’extérieur
qui perdure dans le corps est ipso
facto dangereuse. On devrait leur
demander ce qu’ils pensent des antigènes
provoqués par les vaccins.
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3. Le
tout et son contraire
Revenons
au principe de précaution et au DDT, il
y a deux façons de l'appliquer :
- Faut-il
autoriser l’utilisation du DDT ? on n’est
pas absolument certain des conséquences
bénéfiques attendues (réduction
du nombre de gens qui meurent du paludisme)
et on pense qu’il y a, semble-t-il, un risque
de conséquences nocives sur l'amincissement
des coques des œufs d’oiseaux).
- Faut-il
interdire le DDT ? on n’est pas absolument
certain des conséquences bénéfiques
(disparition du danger d'amincissement des coques
d’œufs d’oiseaux) et on pense qu’il y a un risque
de conséquences nocives (augmentation
du nombre de morts du fait du paludisme).,
Selon
la façon de poser la question, on aboutit
à deux conclusions opposées. Le
principe peut être évoqué
à la fois pour conseiller de l'interdire,
ou pour conseiller son utilisation.
Un
principe qui peut être évoqué
à la fois pour soutenir une proposition
et son contraire n’est pas très utile comme
instrument d'arbitrage politique.
Un
écran protectionniste
Les
principaux utilisateurs du principe sont des ministères
et autres organismes dont les activités
sont fortement marquées d’égalitarisme,
notamment la santé, la sécurité
et l’environnement – et non pas par des organismes
qui se soucient surtout d'assurer la la prospérité
comme les ministères de l’économie
ou du commerce. Sauf en France, où le principe
de précaution est utilisé comme
alibi pour dissimuler une volonté protectionniste,
en contradiction avec tous les engagements anti-protectionnistes
du pays.
Apparemment,
ayant déclaré une auto-interdiction
vertueuse en préalable, on est ensuite
en droit de l’ignorer.
L’Europe
évoque le principe de précaution
pour interdire l’importation du bœuf aux hormones
et des OGM. (On ferait mieux de qualifier ces
derniers de " techniques d’hybridation
à faible risque d’erreur ".)
Le
principe est utilisé pour interdire le
commerce de certains produits sans besoin de recourir
à l’utilisation de barrières douanières.
Il sera de plus en plus utilisé à
des fins protectionnistes.
Le
principe aura un effet contraire aux intérêts
des pays en voie de développement où
plus d’un milliard de personnes souffrent de faim
et de malnutrition. Cette malnutrition est souvent
due à l’absence de quelques acides aminées
dans la nourriture de base, lesquelles pourraient
être introduites dans la nourriture de base
par l'intermédiaire des biotechnologies
en créant de nouvelles variantes de céréales,
par exemple.
Bien que l’introduction de ces nouvelles espèces
apportent le moyen de réduire l'empreinte
des espaces cultivés par l'homme sur la
planète, le principe de précaution
l’empêchera.
Le
tour de force de la Commission de l’Union Européenne
Après
dix ans d’existence, le principe de précaution
est entré dans le domaine du commerce extérieur
lors d’une tentative de la part de l’Union Européenne
d’imposer à la
conférence de l’OMC à Seattle
en novembre 1999 le concept de " linkage ",
lequel exige que le commerce mondial soit :
- basé
sur des principes sûrs d’écologie,
- conforme
au concept de développement durable et
au principe de précaution,
- sans
enfreindre les droits de l’homme.
Les
pays en voie de développement souhaitent,
comme la Gauche, une amélioration de l’environnement,
de l’éducation des enfants et des droits
de l’homme, mais ils se sont opposés au
" linkage ", arguant que la
libération du commerce mondial de toutes
les contraintes existantes était déjà
suffisamment difficile qu’il ne fallait pas compliquer
la tâche en ajoutant des contraintes supplémentaires.
Le commerce mondial est, pour eux, le premier
pas vers un monde plus civilisé. Les autres
objectifs feront l’objet d’étapes ultérieures.
L’article
20 du GATT
traite des exceptions
sanitaires et phytosanitaires
(SPS). Il autorise les états
signataires à interdire l’importation d’un
produit s’il existe des preuves scientifiques
que le produit menace la santé publique
ou l'état de l’agriculture. Pour le cas
d’une maladie agricole nocive, si elle est endémique
dans le pays exportateur et absente du pays importateur,
l’évocation de l’article 20 est justifiée.
Comprenant
le potentiel que pourraient recéler les
exceptions SPS pour des fins protectionnistes,
les rédacteurs du GATT ont voulu limiter
la portée de l’exception. L’existence de
preuves scientifiques est une condition sine
qua non. Les tentatives de la part de l’Union
Européenne d’exclure le bœuf américain
aux hormones en évoquant l’article 20 ont
toujours abouti à un fin de non recevoir
devant le tribunal de l’OMC.
Lors
la réunion de l’OMC de Seattle, les délégués
ont botté en touche en ce qui concerne
les techniques de la biotechnologie et l’article
20. Ils ont demandé l’avis de leur conseil
scientifique, le Codex
Alimentarius, qui est chargé
de surveiller de l'état de la sécurité
alimentaire sur la planète.
Le
Codex Alimentarius est une commission composée
de technocrates qui essayent d’évaluer
la teneur de la presse scientifique afin de statuer
sur la notion de " preuve scientifique ".
Les ONG, qui sont plutôt à gauche,
ont réussi à placer leurs sympathisants
au sein de cet organisme. Les ONG sont en train
de monter la pression sur le Codex
afin qu’il devienne plus " souple ",
c’est-à-dire plus " précautionnaire ".
Le
Codex a également botté en touche
en demandant l’avis du comité sur la biodiversité
et la biosécurité organisé
sous le Protocole
de Carthagène. Lorsque
ce comité s’est réuni à Montréal
en novembre 1999, l’Union Européenne a
réussi à imposer le respect du principe
de précaution à ce comité
– et donc, par enchaînement, à toute
question concernant les biotechnologies ainsi
que le commerce international, y compris l’article
20 du GATT.
En
confiant la question sur les biotechnologies aux
délégués de la réunion
de Montréal, les délégués
des ministres du Commerce des pays membres de
l’OMC ont transféré leur propre
responsabilité aux délégués
des ministres de l’Environnement des pays signataires
du Protocole de Carthagène. Du point de
vue de la droite libérale, malgré
les fréquents manques de compréhension
des ministres du Commerce sur les questions de
commerce international, leurs délégués
sont plus à même de statuer d’une
manière intelligente sur les biotechnologies
que les délégués des ministres
de l’Environnement.
Le
vote a eu lieu un samedi soir après minuit,
lorsque tout le monde sauf les partisans du principe
de précaution étaient partis. Trois
jours plus tard, la Commission de l’Union Européenne
a sorti un livre
blanc de 45 pages sur les conséquences
pour le commerce extérieur de l’intégration
du principe de précaution. Par cette tactique,
le principe de précaution est devenu une
contrainte formelle sur la prise de décision
en ce qui concerne les questions de commerce international
– un vrai tour de force de la part de la Commission !
Manifestement, tout était ficelé
par la Commission bien avant la réunion
de Montréal.
L’élitisme
passéiste de la Commission
Lors
d’une intervention à Bruxelles à
peu près un mois après la sortie
du livre blanc, j’ai exprimé mon incrédulité
concernant la rapidité de la sortie du
livre blanc. L’une des personnes présentes,
Daniele Franzione, un haut fonctionnaire de la
Commission chargé des questions de l’environnement,
a contesté mon interprétation en
expliquant que le
livre blanc n’était qu’un simple
" document politique " et
qu’il ne fallait pas voir le mal où il
n’existait pas. Si j’ai bien compris, cela voulait
dire que le livre blanc n’avait qu’une valeur
symbolique et ne représentait pas une politique
arrêtée de la Commission. Ultérieurement,
la Commission sortirait un document définitif
avec des interprétations plus nuancées
sur la question de la pertinence du principe de
précaution en ce qui concerne les biotechnologies
et le commerce international.
Cette
démarche élitiste et technocratique
de la Commission, la diffusion d’un document qui
élabore la politique de l’UE, est archaïque.
Depuis 30 ans, les USA se sont mis à l’écoute
des voix discordantes de toutes les factions et
lobbies concernés par une question politique.
La politique finalement décidée
est souvent pleine de contradictions ; le
processus paraît souvent anarchique,
mais il est pleinement démocratique. Cette
grande mutation aura lieu aussi en Europe. Les
voix discordantes deviennent de plus en plus insistantes.
Des
grandes évolutions ont déjà
eu lieu aux USA - telles que le déclin
de l’ordre publique et de la suprématie
de la raison, ainsi que le phénomène
des avocats qui entament de lourdes procédures
civiles en clamant qu’ils représentent
des milliers de victimes ou de plaignants; elles
s'étendront un jour en Europe.
A
titre privé, je pense que Monsieur Franzione
est bien naïf lorsqu'il pense que ce seront
seulement lui et ses collègues qui élaboreront
la politique de l’UE concernant le principe de
précaution et le commerce extérieur.
Quel
que soit la politique arrêtée, il
y aura des plaignant qui entameront des procès.
Les
origines du principe de précaution programmés
dans nos gènes
En
arrivant à la fin de cet exposé,
je voudrais évoquer l'un des derniers chapitres
écrits par Friedrich
von Hayek sur " Les
atavismes du socialisme ".
Il se demandait pourquoi tant d’idées foncièrement
stupides pouvaient prendre des allures attirantes.
Sa
réponse repose sur le fait que nos ancêtres
lointains, des chasseurs, étaient très
pauvres et frôlaient continuellementla faim
et la mort. La prise de risques était très
dangereuse. Une mauvaise décision pouvait
entraîner la disparition totale de la tribu.
Les
conséquences d’une erreur de Type 1 (où
un changement dangereux est vu comme étant
sécurisant) étaient souvent fatales.
Peut-être le principe de précaution
est-il un atavisme programmé dans nos gènes.
L’essor
de la civilisation est basé sur la mise
en place d’institutions qui permettent de prendre
de plus en plus de risques – la liberté
d’innover.
A
l’époque collective de la tribu, une erreur
se répercutait sur toute la tribu. Avec
l’apparition de la propriété privée,
les conséquences de certaines erreurs se
limitent au propriétaire concerné.
L'erreur d’un individu a peu d’impact sur la collectivité,
l’appauvrissement étant concentré
sur l’individu.
Si
une innovation réussit, toute la collectivité
en profite. Si elle échoue, le coût
est concentré sur l’innovateur.
Dans
le cadre des institutions féodales, il
existe une notion de culpabilité collective.
Selon Richard
Posner, la notion de culpabilité
collective est bien adaptée à un
monde où la collectivité n’a pas
les moyens économiques de supporter l’éventuel
coût d’une police et d’un service de renseignements.
Un des rôles de la police est d’identifier
le coupable et de le déférer en
justice. Sans police, cette tâche doit être
assumée par toute la collectivité.
Le principe de culpabilité collective motive
chaque membre de la collectivité à
faire de la prévention autant que possible
et de la dénonciation quand nécessaire.
L’évolution
vers un état de droit fondé sur
le principe de la propriété privée
a libéré l’homme du joug de la culpabilité
collective. Envisagé dans cette perspective,
le principe de précaution représente
une régression vers un stade primitif où
la liberté individuelle est très
limitée.
Transcription
et traduction de Basil Carmody
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