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"J'ai
proposé un tonique pour
la gueule de bois
que le Premier ministre
a prise à Barcelone.
Il devrait se procurer le livre
effronté et rafraîchissant
que vient de publier Johan Norberg,
Suédois
[…] de tendance anarchiste modérée qui est assez jeune pour être son fils. Norberg parle aussi passionnément du "mal terrible" de la pauvreté que le plus […] motivé des protestataires contre la globalisation. Et
c'est pourquoi il a écrit
ce livre [En
défense du capitalisme mondial]"
. Rosemary Righter, Times online
[2]
"L'auteur
est abasourdi
de voir des gens qui
se disent progressistes
s'opposer à l'ouverture des frontières et à la déréglementation. Dans les pays
riches,
la libre entrée des produits et du capital
peut sembler
un luxe superflu.
mais dans le Tiers monde le capitalisme mondial peut délivrer les masses
d'une vie dans la
pauvreté abjecte,
la puanteur,
l'ignorance et l'impuissance,
toujours à se demander
d'où viendra
le prochain repas et si l'eau
pour laquelle vous avez marché tant de kilomètres est potable
ou mortelle". Samuel Brittan, Financial Times
[3]
, 17
décembre 2001
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Les opposants
à la mondialisation ont eu le temps de propager
force mythes
contre le capitalisme. Ils prétendent que le libre échange et le libéralisme
accroîtraient les inégalités,
que le capitalisme maintiendrait les peuples dans la pauvreté,
que la croissance économique
nuirait à l'environnement, que les sociétés multinationales pèseraient à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, et que les marchés financiers seraient la cause des crises. Rien de tout cela n'est vrai.
In
Defense of Global Capitalism
est le premier ouvrage
qui réfute systématiquement et complètement la vision du monde et les prémisses fondamentales
du mouvement anti-mondialisation. Ecrit par un ancien anarchiste suédois
de 27 ans, il
est rapidement devenu une bête célèbre en Suède après sa publication en mai 2001.
In
Defence of Global Capitalism
est le livre
qui entreprend systématiquement de réfuter les préjugés anticapitalistes.
Avec des faits irréfutables,
des statistiques,
et des graphiques simples, Johan Norberg explique pourquoi le capitalisme est en train de créer un monde meilleur. Cependant, le monde
est aussi écrit sur un ton personnel,
insistant sur les valeurs morales
et sur le fait que la mondialisation donne de nouvelles libertés
de choisir aux pauvres
du monde
L'ouvrage
l'illustre avec des exemples concrets de personnes
et de pays
qui ont prospéré grâce au
développement des échanges,
et de ceux
qui ont souffert du fait de leur isolement.
Johan Norberg montre que la diffusion du capitalisme au cours des
dernières décennies
a réduit la pauvreté
et ouvert nombre de possibilités nouvelles
aux individus dans
l'ensemble du monde.
Presque partout,
niveaux de vie et espérance de vie se sont rapidement accrus. La faim dans le monde, a mortalité infantile et l'inégalité matérielle ont régressé. Tout cela grâce
à des changements économiques et techniques qui sont le résultat de politiques libérales. Les pays pauvres qui ont libéralisé leurs économies
affichent des résultats impressionnants,
alors que ceux
qui ne l'ont pas fait restent les prisonniers d'une misère
profonde. C'est
pourquoi il nous faut davantage
de capitalisme mondial
et non moins si c'est un meilleur monde que nous voulons.
In
Defense of Global Capitalism
vient de valoir à l'Institut Timbro
, qui l'a publié, le douzième Antony
Fisher International Memorial Award de l'Atlas
Economic Research Foundation
. Le 11 avril 2002 Johan
Norberg, auteur
de l'ouvrage,
l'a reçu au nom de Timbro lors du second forum annuel d'Atlas à Philadelphie
. Johan Norberg
était le premier Européen
non britannique
à recevoir ce prix, institué en
l'honneur d'Anthony
Fisher, fondateur de
l'Institute
of Economic Affairs
et de l'Atlas
Economic Research Foundation
. Il succède à l'Instituto
Libertad y Democracia de Lima au Pérou, éditeur de
The
Mystery of Capital par Hernando
de Soto. Un
jury unanime a choisi In Defence
of Global Capitalism parmi 15 sélections
de différents instituts libéraux à travers le monde pour la raison suivante:
"Ce
livre bouscule les argumentaires qui accusent le capitalisme
d'être la cause des problèmes du monde,
et développe une base solide pour comprendre comment les marchés ouverts engendrent
la prospérité grâce
à la libre circulation des produits,
des services et des gens."
Je
pense que le soudain débat sur la globalisation, et notamment les protestations dirigées contre
elle, auquel
nous assistons depuis
quelques années, est
lié à une redécouverte nécessaire
de la pauvreté,
de la misère qui existe dans
de larges parties du monde,
et aux erreurs d'interprétation dont cette pauvreté fait l'objet.
La
misère est
une situation terrible,
que dans nos pays riches
nous ne pouvons vraiment pas comprendre.
Dans un pays pauvre,
l'individu moyen travaille 12 à 13 heures par jour, six jours par semaine, dans des conditions de travail épouvantables
de santé et de danger.
Des paysans,
des sociétés entières
vivent dans la crainte d'une mauvaise récolte, parce que cela signifie littéralement
la faim et la mort par la faim.
Les
parents sont
bien contents si
leurs enfants survivent
à leur première année,
mais alors même il ne se passe guère de temps qu'ils ne
les mettent au travail,
pour maintenir
en vie l'ensemble de la famille. Presque personne ne reçoit une instruction digne
de ce nom.
Les
villes sont des foyers majeurs d'infection,
où de vilaines maladies
règnent incontrôlées, les gens jettent dans les rues ordures et excréments. Bien peu sont ceux qui atteignent ce que nous appelons l'âge mûr.
Ceci
pourrait être la description d'un pays
africain, ou d'un pays
pauvre d'Asie. Mais
ce n'en est pas
une. Elle
décrit mon propre pays,
la Suède,
il n'y a guère plus
de 130 années. A cette époque,
la Suède connaissait de mauvaise récoltes,
on avait faim, et les gens
étaient forcés
de mélanger de l'écorce
à leur pain,
pour ne pas mourir de
faim. La Suède était un pays
"en développement",
et recevait de l'aide
extérieure de la part de
pays "riches"
comme l'Angleterre et la France !
Cependant,
ce n'est pas
la redistribution
qui a sauvé cette pauvre vieille Suède. Même
si vous aviez écrasé
toutes les différences de patrimoine
au milieu du XIXème siècle, cela aurait
condamné tout le monde
à une vie d'absolue pauvreté.
Non, ce
qui a sauvé la Suède
c'est la libéralisation.
En quelques décennies,
deux ou trois hommes
politiques libéraux ont donné à
la Suède la
liberté de religion,
le Droit de libre expression,
et le Droit de faire ce qu'on veut
avec ce que l'on a,
de telle manière
que les gens puissent créer leu propre entreprise et
vendre librement sur
les marchés. La
liberté des échanges
a permis aux Suédois
de se spécialiser dans ce qu'ils savaient
faire le mieux,
comme le bois et le fer, et
l'échanger contre
ce qu'ils savaient
moins bien faire, comme la nourriture et les machines. C'est cette production accrue
qui a donné aux Suédois
la possibilité
de se nourrir,.
Elle nous a apporté la croissance économique et rendu possible d'accroître le niveau de vie et d'investir
dans l'éducation et la santé.
C'est beaucoup plus tard,
dans les années 1950,
qu'est venu l'Etat-providence,
lorsque les politiciens se sont mis à redistribuer la richesse
que le peuple et le libéralisme avaient créée. Mes aïeux, ce sont l'échange et le capitalisme qui les ont sauvés.
Une
des erreurs logiques les
plus graves du débat
sur la mondialisation consiste
à supposer que la pauvreté
serait quelque chose de nouveau.
Une bonne partie du débat semble venir
de l'idée suivant laquelle les choses vont plus mal aujourd'hui qu'elles
ne l'ont jamais fait,
tout se dégradant continuellement.
En 1013, l'Archevêque
Wulfstan
de York avertissait :
"Le monde
se hâte et va vers sa perte
[5]
"
Quelque
mille ans plus tard, son
collègue suédois K.
G. Hammar
[6]
, lui faisait écho :
"Le
monde déraille, et
il n'y a pas de
signal d'alarme à
tirer"
Comme
si la pauvreté n'avait pas toujours existé ! C'est la
richesse qu'il y a lieu d'expliquer.
C'est pourquoi je pense
que ces jérémiades d'évêques
sont dangereuses :
vous ne remarquez
une situation désastreuse
que si elle apparaît
en contraste avec quelque chose d'autre. Lorsque tout
le monde est
pauvre, vous ne
considérez pas la
pauvreté comme
un problème à régler, mais
comme une situation naturelle, un destin qu'il faudrait supporter. C'est seulement lorsque vous commencez
à vous libérer de
la pauvreté que
vous commencez à
remarquer ceux qui
sont restés dedans. C'est alors que leur situation devient un problème.
Nous avons
assisté à cette réaction lorsque la révolution industrielle a amélioré les niveaux
de vie. Nous pouvons l'observer aujourd'hui,
et si nous pouvons l'observer
c'est parce que la pauvreté,
en fait, est
en train de diminuer
Le
monde
Au
cours des 50 dernières années,
la pauvreté a davantage régressé dans le monde plus vite qu'elle
ne l'avait fait pendant
l'ensemble des 500 années antérieures.
Au cours des 30 dernières,
le revenu a doublé
dans les pays en développement.
Au cours des deux dernières
décennies, la
proportion des gens
vivant dans la pauvreté absolue — c'est-à-dire ceux qui
gagnent moins d'un dollar
par jour a baissé de 31 % à 20 % — c'est-à-dire
quelque 200 million de gens.
D'autres
indicateurs du niveau de vie dans le tiers monde traduisent la même évolution, ce qui n'est pas surprenant. Peut-être que l'argent ne fait pas le bonheur,
mais le niveau de vie,
il y contribue.
Au
cours des 50
dernières année, l'analphabétisme chez ceux
qui avaient atteint l'âge adulte est descendu
de 70 à 25 %. La mortalité infantile est passée de 18 à 8 %. L'espérance de vie est passée de 46 à 64 ans. Et depuis 30 ans, la malnutrition chronique est passée de 37 à 18 %.
Ce
que cela signifie, c'est que ces indicateurs-là sont meilleurs dans les pays en développement aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a cent ans dans les pays
les plus riches.
La plus importante
chose au monde est d'expliquer pourquoi ce processus
a eu lieu parce que si nous apprenons
cela, nous pourrons
reproduire cette croissance ailleurs.
Ma
réponse est
que c'est la
conséquence du fait que
certain éléments qui
dans le passé étaient une propriété exclusive
des pays occidentaux,
tels que le patrimoine, les investissements, les sociétés commerciales,
les idées,
les moyens de communication,
la science, les techniques, la médecine,
l'aide internationale,
etc. ont commencé
à se répandre partout dans le monde.
Ce qui est drôle
c'est que cela,
c'est exactement ce que, avec un certain manque de rigueur, l'on appelle aujourd'hui la globalisation.
Dès
les années 1990s,
lorsque l'écrivain suédois Lasse
Berg et le cinéaste Stig
Karlsson retournèrent dans les pays asiatiques où il s avaient voyagé trente ans plus
tôt
[7]
, ils ne pouvaient pas croire à quel point
ils se trompaient en repartant désespérés par
la pauvreté, la misère abjecte et l'impression d'une catastrophe imminente qu'ils
y avaient trouvées.
De même que bon nombre d'autres voyageurs
de ces mêmes contrées,
ils ne pouvaient pas
se résoudre à croire en
un avenir d'espoir,
et croyaient
que la révolution socialiste
était éventuellement la seule porte de sortie. Revenus dans
des pays tels que l'Inde et la Chine, ils voient de plus en plus de personnes
qui se sortent
de la pauvreté,
de la faim et de l'insalubrité.
Le plus grand changement se trouve
dans les idées et les rêves : la télévision, les journaux, apportent idées et impressions de l'autre côté du globe, élargissant
l'idée que
les gens se font de
ce qui est possible.
Ce
changement n'est pas le produit d'une révolution socialiste
mais, bien au
contraire, du
passage au cours des quelques lustres écoulés
à une liberté économique, voire personnelle
plus grande. Les échanges internationaux et la liberté du choix se sont développés ; les investissements et l'assistance au développement ont opéré le transfert des idées et des ressources.
On a tiré profit des connaissances, des richesses et des inventions des autres pays.
Lorsque
la globalisation arrive à la porte de Bhagant,
vieux travailleur agricole
Intouchable du village de Saijani
, cela veut dire que l'on construit des maisons en brique et
non plus en
terre séchée, que les gens
ont des chaussures aux pieds
et sur le dos des vêtements propres
et non plus des haillons. Dehors,
les rues ont désormais
des rigoles,
et le parfum de la terre cultivée
a remplacé la puanteur
des ordures.
Il y a trente ans,
Bhagant ne savait pas qu'il vivait en Inde. Aujourd'hui,
il regarde
les nouvelles du monde
à la télévision.
Dans
la génération de Bhagant,
tout le monde était illettré.
Dans celle de ses enfants, il n'y en a eu que quelques-uns qui ont pu aller à l'école, et dans celle de ses petits-enfants, tout le monde
va à l'école.
Bhagant trouve que les choses vont mieux La
liberté, la
prospérité sont plus grandes. Aujourd'hui,
ce sont les enfants
qui posent le grand problème.
Quand il était jeune, les enfants
étaient obéissants
et aidaient à la maison.
Aujourd'hui, ils sont devenus terriblement indépendants, ils gagnent leur propre argent. Cela peut causer des tensions, mais ce
n'est pas la
même chose que de craindre de les voir mourir, ou d'être obligé de les vendre à un usurier clandestin.
La
position que
vous et moi, et
les autres personnes du monde privilégié nous
prenons sur
la question brûlante
de la globalisation
peut déterminer s'il y aura
plus de monde à prendre sa part
au développement qui s'est produit au village
de Bhagant ou si ce progrès-là se transformera en régression.
La
plus grande erreur conceptuelle dans le débat sur la globalisation porte sur la cause de la pauvreté. La plupart de ceux qui protestent contre ce qu'ils
appellent la "mondialisation néo-libérale" semblent croire que l'économie serait un jeu à somme nulle.
Si vous y gagnez, alors il
faut qu'un
autre perde
[8]
S'ils ne le croyaient pas, vous ne pourriez pas expliquer pourquoi ils
semblent bien plus indignés
par le succès
et l'abondance que par la pauvreté et la misère.
Or, la
production et le croissance
engendrent davantage de richesses,
et le capitalisme encourage
une production toujours meilleure et
plus efficace, sous
peine de faillite,
il encourage et récompense
l'investissement à long terme
dans des productions encore améliorées. L'échange libre
est celui qui est juste,
presque par définition, parce qu'un échange ne se fait pas si les deux parties ne pensent pas y gagner quelque
chose.
La
liberté en soi
Il
existe une surabondance de preuves du lien
entre le capitalisme
et la prospérité . Plus élevé est
le degré de liberté
économique d'un
pays , et plus
il a de chances de prospérer , de se développer, de mieux vivre, etc.
Si
nous divisons le monde en cinq groupes selon leur degré de liberté économique, comme l'a fait le Fraser
Institute au Canada,
nous voyons que les
pays les plus riches sont dix fois plus
riches que
pendant les années 1990 tandis
que les
moins libres en avaient un de 1.5 %.
Plus
intéressant encore, les habitants des pays
les plus libres vivaient en moyenne 24
années de plus que
dans les pays les moins libres
Ces
données nous permettent aussi de comprendre la
valeur de la liberté économique pour la démocratie.
Les populations qui se voient reconnaître le Droit
d'échanger avec des non-résidents ont 4 fois plus
de chances de
vivre dans une démocratie
que ceux qui se voient refuser ce Droit.
Cependant,
ce que j'aime le plus
dans le concept de liberté
économique n'est pas le mot "économique" mais le mot "liberté"
. C'est la liberté en soi, la liberté de choisir, avec la dignité et les chances que cela apporte. Et la "mondialisation", en bousculant les anciennes frontières et les
vieilles interdictions accroît
cette liberté-là,
chose dont parfois nous ne tenons pas compte
quand nous nous concentrons
sur les "taux de croissance". En
voici trois exemples simples :
En
Amérique Latine , les pauvres travailleurs agricoles avaient toujours été totalement dépendants des seuls employeurs qu'il y eût,
les grands propriétaires terriens.
Même lorsqu'ils avaient la liberté
de voter, ils
étaient forcés de le faire
comme l'exigeaient leurs propriétaires,
sous peine de se retrouver à la rue
sans moyens de subsistance. Aujourd'hui, après un peu de "mondialisation",
d'autres entreprises
peuvent entrer sur le marché
et leur offrir un travail ;
avec la libéralisation
ils peuvent
monter leur propre entreprise.
Ils s'émancipent.
Lorsqu'en
Inde un paysan avait besoin de capital pour envoyer ses enfants
à l'école, il
était forcé de s'adresser à un usurier, qui se payait avec le travail futur de l'enfant.
le joug de l'usure, qui tenait en servitude des villages entiers, s'évanouit lorsqu'arrivent les marchés financiers, et permettent d'emprunter de l'argent à une
banque.
Les chances
d'amélioration du sort des femmes sont étroitement
liées à leur capacité à recevoir un revenu indépendant.
Une femme battue par son mari,
la loi est (on l'espère) censée la protéger.
Mais ira-t-elle vraiment porter plainte contre lui ? Sûrement pas,
si cela veut dire
qu'elle se retrouverait sans moyens d'existence.
C'est seulement dans
de nouveaux marchés
en expansion, dans l'économie monétaire, qu'elle a la possibilité de se trouver un travail à elle, ou de menacer de le faire, et c'est alors qu'elle est moins dépendante de
la conduite de son mari.
Les
grandes entreprises
Maintenant, l'un des plus importants moteurs de cette machine
à libérer représente l'aspect de l'économie moderne
que l'on dénonce et déteste le plus : les grandes
entreprises, les
sociétés multinationales.
Certains d'entre vous,
s'ils ne l'ont pas lu, ont peut-être entendu parler de No
Logo , livre de Naomi Klein , qui prétend
que des multinationales
telles que Nike
multiplieraient dans le tiers monde des emplois
quasi-serviles, pour un salaire de misère. La seule "preuve", ou presque,
consiste dans
des articles qu'elle a ramassés en quelques années sur les mauvaises conditions d'embauche dans
les pays pauvres.
Vous m'en direz tant !
Montrer que les conditions sont mauvaises dans
les pays pauvres,
et voilà qui suffit à faire de Naomi Klein
un gourou du mouvement
"anti-mondialisation" .
Il
en est parmi nous pour qui ce n'est pas là une nouvelle bouleversante. C'est une chose qui tient à la faiblesse de
la productivité ;
si un travailleur ne peut pas
produire beaucoup, eh
bien il ne peut pas gagner beaucoup,.
Et si son "salaire"
était beaucoup plus élevé,
personne n'aurait les moyens de l'embaucher. Cela n'a aucun sens de comparer ses conditions
de travail avec
celles qui règnent dans les pays
développés, parce que
notre productivité
à nous est beaucoup plus élevée. Ce qui est intéressant, c'est de comparer les conditions faites à ceux
qui travaillent dans les sociétés
multinationales dans les pays pauvres aux autres possibilités qu'ils ont,
avec les autres travailleurs du même
pays. C'est ce que j'ai fait et, à ma surprise, j'ai découvert que dans les pays les moins développés, ces multinationales payaient leurs salariés
deux fois autant que les employeur locaux
dans le même domaine d'activité. Et encore, nous
devons nous
rappeler que dans tous les pays du monde, les travailleurs qui produisent pour l'exportation sont ceux
dont les salaires sont les plus élevés.
Ceux qui travaillent pour une société américaine dans les pays les moins développés reçoivent 8 fois le salaire moyen du pays en question !
Pourquoi ? La réponse est simple : avec leurs
investissements, ces
multinationales avec
tous leurs logos et
leurs marques, apportent aux pays pauvres de nouvelles machines,
une meilleure technique,
de nouvelles idées sur la manière de gérer
et de produire,
un marché élargi, une formation professionnelle, etc. et
c'est tout cela qui
accroît la productivité
et les salaires. Et c'est pour cela qu'au cours
des 40 dernières années,
les salaires sont passés
de 10 % à
30% du salaire industriel moyen aux Etats-Unis.
La
même différence s'applique aux conditions
de travail. L'Organisation
Internationale du Travail
a montré que
ce sont les multinationales
qui ouvrent la voie
vers de meilleures conditions de travail, particulièrement dans les industries du vêtement et de la chaussure. — c'est-à-dire dans les sociétés telles que Nike !
L'avocat chinois Zhou Latai a souligné
que Nike
et Reebook,
du
fait de leurs conditions de travail, font pression
sur les
sociétés chinoises pour qu'elles-mêmes
rendent leurs usines plus
saines et plus sûres,
faute de quoi elles n'auront pas les employés
qu'elles veulent.
"Si Nike
[9]
et Reebok s'en allaient",
rappelle
Latai , ce qui pourrait bien arriver en cas de boycotts et de protectionnisme, "cette pression disparaîtrait. C'est évident
[10]
"
Les
critiques reprochent à la "globalisation"
d'établir la domination des sociétés commerciales.
La sottise inspire ce slogan.
C'est dans les sociétés
fermées, que
les sociétés capitalistes
ont le plus de pouvoir,
là où les tarifs douaniers et autres privilèges de monopole empêchent les entrepreneurs de leur faire concurrence et les consommateurs de choisir.
C'est dans
ces sociétés-là — comme l'Amérique latine après la Seconde guerre mondiale que les sociétés peuvent se permettre de vendre hors de prix
des mauvais produits — que les gens sont de
toutes façons forcés d'aller chez
elles et
d'y travailler.
Le
développement du libre échange est un moyen
de donner aux sociétés plus
de liberté pour échanger
et investir
mais en même temps
de leur donner
moins de pouvoir.
Sur un marché libre, les entreprises sont comme le serveur
du restaurant :
elles peuvent bien vous présenter le menu,
mais s'il ne vous plaît pas, vous pouvez
aller ailleurs.
Et la liberté des échanges,
cela veut dire que d'autre serveurs, y compris étrangers, peuvent venir
vous présenter des menus concurrents ! Le patron, c'est
vous. Il se
peut que ce soient les sociétés et les banques
qui transportent les produits et le capital à travers les frontières, mais s'il
n'y avait pas de
demande populaire
pour qu'elles le fassent, elles ne le feraient pas.
La
"globalisation", c'est nous,
le peuple,
qui la contrôlons !
L'inégalité
Ce
monde est bel est bien un monde d'inégalité. Le facteur qui
détermine le plus
le niveau de vie d'un individu
est la latitude
à laquelle il se trouve être né.
20 % de la population
du monde consomme 80 % de ses ressources.
Cependant, cela ne signifie pas que ces ressources, nous les prendrions, nous du Nord,
au reste du
monde. Non : nous
créons 80 % du
produit, des
ressources qui se renouvellent tous les jours. Et cela n'a rien à voir avec
le fait d'être plus malin
ou plus travailleurs
que les autres.
Cela tient au fait que nous avons la liberté
d'employer notre intelligence
comme nous le jugeons bon,
et que nous sommes libres de travailler pour notre propre compte — libertés
que les gens du Sud possèdent à un bien moindre degré.
La
distribution statistique des biens et du capital est inégale
dans le monde ;
mais c'est parce que le capitalisme y est inégalement réparti. Ceux qui
ont le capitalisme
s'enrichissent.
Ceux qui ne l'ont pas restent pauvres.
Ce
sont souvent les politiques nationales
qui détruisent les marchés
et la libertés ; cependant, lorsque
vous redressez ces politiques-là, presque tout est possible et c'est en fait bien plus possible à notre époque d'ouverture des frontières,
que cela l'a jamais été. Pour les pays
en développement,
ce n'est pas
un "problème", comme semble le prétendre le mouvement "antiglobalisation" ; c'est au contraire une occasion incomparable. Il y a 130 ans, la Suède avait
été aidée par le fait que des pays
tels que
l'Angleterre et la France
étaient beaucoup plus riches et industrialisées. Cela voulait dire qu'elle pouvait employer directement
leurs idées et
leurs techniques,
qui coûtent du temps
et de l'argent à développer à partir de zéro.
Nous avons pu
emprunter et investir leur capital
pour développer notre production et notre infrastructure,
nous pouvions leur vendre davantage
de produits,
et acheter en échange davantage
de produits avancés.
Et comment les avons-nous
remboursés ?
En ayant des taux
de croissance beaucoup plus élevés !
Les
statistiques montrent clairement que les pays pauvres
et ouverts croissent plus vite que les pays
riches et ouverts.
La liberté des échanges
enrichit les riches — et les pauvres — mais
les riches n'en
profitent pas autant que les pauvres !
La
possibilité d'une croissance rapide pour les pays
pauvres est
d'autant plus grande que le reste du monde est plus
évolué. Lorsqu'en
1780 l'Angleterre a commencé à
doubler sa richesse,
cela lui a pris 58 ans :
lorsque le Japon a commencé
à faire de même il y a cent ans,
cela ne lui a pris que 34 ans, an et quand
la Corée du Sud
l'a fait cent ans plus tard,
cela ne lui a pris
que 11 ans.
Lorsque
les pays sont liés entre eux par des mouvements de biens et de capitaux,
il semble que ce soient les pauvres qui en profitent le plus.
Le
Défi
Et
c'est là que nous en venons à
ce qui devrait nous ennuyer le plus de la part
des pays occidentaux. Ce n'est pas
qu'ils seraient en train d'essayer
d'attirer les pays
en développement vers une
sorte de piège "néo-libéral"
de la "globalisation", c'est qu'ils les empêchent d'y participer.
Au
cours des 50 dernières années, nous
avons libéralisé le
commerce international
sur tout l'éventail des produits,
à deux exceptions près : le textile et
l'habillement, et
les produits de l'agriculture.
Et les produits que l'Union Européenne n'empêche pas d'entrer à
coups de "droits" de douane
et de quotas,
de règlements anti-dumping",
des règles bureaucratiques sur l'origine,
de "principe de précaution", de prétextes "écologiques", etc.
L'aspect
le plus bizarre de tout cela est le mal que nous nous faisons à nous-mêmes
avec ces politiques.
L'économiste français Patrick Messerlin
a montré que les quelques emplois que
nous protégeons à coups de protectionnisme
coûtent quelque 1 400 000 francs
par emploi [et par an], ce qui représente dix fois le salaire moyen dans ces branches
d'activité. Nous
pourrions tout aussi bien donner une Rolls-Royce à chaque
ouvrier, tous
les ans. La charge totale du protectionnisme européen représente 5
à 7 % du
PIB de l'Union Européenne, ce qui fait
trois fois
celui de la Suède (tous les ans)
— et si timides que soient les Suédois,
si courts que soient nos étés,
si élevés que soient nos impôts,
qui pourrait cracher sur une Suède par an ?
Après
la chute de l'Union Soviétique, et les réformes économiques en Chine, il
n'y a plus que
trois économies au monde
qui soient encore soumises à la planification
centrale, la Corée du Nord,
Cuba — et la Politique Agricole Commune
de l'Union Européenne. Non seulement la PAC tient les exportateurs du monde à l'écart de
son marché avec
force "droits" de douane |