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3° Etape

Résultat et bilan

Présentation américaine

 

Résultat

 

Le point de départ est le même : le chiffre d'affaires.

Cependant la suite diverge. En effet, les Américains se posent d'abord la question suivante :

Quel est le coût de ce que nous vendons ?

Et cherchent ainsi à déterminer ce que l'on pourrait appeler le coût direct de production incluant : les achats liés au cycle de production, les autres charges externes entrant dans le processus de production et imputables à cette fonction, les charges du personnel qui travaille directement à la production et les dotations aux amortissements des immobilisations liées à la production (machines…).

Le total de ces charges constitue le coût des ventes et elles viennent donc en diminution du chiffre d'affaires pour constituer la marge brute.

                       CA  -  Coût des ventes  =  marge brute

Les salariés travaillant à tous les niveaux dans le processus de production se fixent un objectif simple et clair :

Chercher à diminuer les coûts de production pour maximiser la marge brute.

 

La principale préoccupation, dans le cadre de la bonne gestion de l'entreprise dans sa globalité est alors la suivante : Comment faire progresser les ventes ?

Deux solutions sont envisageables.

 

1° solution :      développer le marketing.

Il s'agit là de développer le marketing en faisant de la publicité, en menant des actions commerciales, en développant des circuits les distribution et la force de vente, en démarchant des prospects, etc.

Les frais commerciaux et de marketing, FCM, sont donc clairement dissociées des charges liées à la production, car elles procèdent d'une autre logique.

C'est un paramètre autonome sur lequel on peut agir en y affectant une part plus ou moins importante des ressources de l'entreprise.

Le budget marketing est une variable libre sur lequel on peut agir volontairement, en l'augmentant ou en le diminuant, en fonction des objectifs que l'on se fixe, et de la rentabilité attendue de ces dépenses.

Il suffit ensuite de surveiller l'efficacité de cette politique de marketing par des moyens de contrôle de gestion appropriés.

 

2° solution :      la recherche et développement ou R-D

Il existe toujours un produit nouveau répondant à un besoin solvable, les exemples sont innombrables, que ce soit les téléphones portables ou les voitures…

La question principale que l'on doit alors se poser est la suivante:

Quel budget accorder à la recherche pour développer des produits nouveaux ?

Le budget de recherche et développement R-D est lui aussi un paramètre libre et la démarche logique est la suivante :

Pour 1 € ou $ dépensé en R-D, quelle est l'augmentation espérée du chiffre d'affaires ou de la marge brute ?

Il est généralement difficile de répondre à cette question car bien souvent les gains constatés sont éloignés dans le temps : dans l'industrie pharmaceutique, le développement d'une nouvelle molécule se déroule sur plus d'une dizaine d'années !

 

Des solutions empiriques sont généralement adoptées en répondant aux questions suivantes :

Quelle est la part de la R-D par rapport au chiffre d'affaires… chez les concurrents ?

On fera alors… comme eux, ou bien on augmentera ce budget, ou au contraire on le restreindra, en se positionnant ainsi volontairement par rapport à la concurrence.

 

Autre question possible : Quelle est la part de R-D par rapport au chiffre d'affaires dans notre entreprise au cours des années précédentes ?

On apportera une réponse du même type : on continue de la même façon, ou bien on augmente, ou au contraire, on diminue ce budget, en fonction de la politique que l'on veut mener, par rapport à des objectifs de rentabilité future.

La gestion est alors un exercice d'une rationalité limitée mais contrôlée.

Le problème est alors d'optimiser ce budget ainsi défini, grâce à l'efficience des équipes de recherche et développement… qui doivent trouver des idées nouvelles et surtout des applications faisables compte tenu des contraintes techniques et économiques.

La gestion devient une maïeutique. C'est alors un art…

Enfin, un troisième type de charges doit être pris en compte :

          

           Les frais administratifs et généraux ou FAG

Ils correspondent au coût des services de direction générale, (incluant les charges du personnel de direction), et des services communs tels que les services juridique, du personnel, de la comptabilité, de gestion financière…

Il est évident que ce type de charges doit être minimisé, compte tenu du fait que ces services doivent faire preuve d'une efficacité certaine car ils sont déterminants dans la réussite ou l'échec de l'entreprise (comme par exemple la direction générale)…

 

Il existe donc trois types de charges :

·        Frais commerciaux et de marketing, FCM

·        Frais de recherche et développement, RD

·        Frais administratifs et généraux, FAG

Dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle les charges opérationnelles.

Elles viennent en déduction de la marge brute pour déterminer le résultat d'exploitation qui est donc défini et publié dans des conditions analogues en Europe et en Amérique du Nord.

Marge brute - charges opérationnelles  =  résultat d'exploitation

La détermination du résultat net se fait ensuite selon la même démarche des deux côtés de l'Atlantique.

 

Bilan

 

En Amérique du Nord, les entreprises présentent leur bilan sur les mêmes principes qu'en Europe, mais dans un ordre différend pour répondre plus clairement et directement à des préoccupations de bonne gestion.

 

Actif

Le premier poste est constitué par les disponibilités pour répondre explicitement et immédiatement à la question suivante :

Y a-t-il assez d'argent pour couvrir les dépenses courantes à venir ?

C'est là un souci majeur car dans un système capitaliste libéral fonctionnant correctement, aucune entreprise n'est à l'abri du dépôt de bilan, et tout bon gestionnaire doit s'assurer de la pérennité de son entreprise et de celle de ses clients, surtout s'ils ont de dettes !

Certaines start up sont peu fiables, mais même des entreprises importantes peuvent disparaître à la suite d'une mauvaise gestion.

 

Les dettes des clients doivent donc être surveillées de près, surtout si l'entreprise dépend de quelques gros clients qui sont susceptibles d'être insolvables, ou d'un secteur qui subit un retournement de conjoncture.

 

Les stocks doivent être suivis de près et être optimisés. Tout excédent inutile doit être réduit, surtout en période de mauvaise conjoncture. Par contre, s'ils sont trop bas, il faut les reconstituer rapidement, surtout en période de reprise économique (ce qui l'accélère !).

 

A l'actif circulant sont ajoutées les immobilisations financières, corporelles et incorporelles pour constituer le total du bilan.

 

Passif

Le passif fait apparaître les dettes financières, clairement dissociées des dettes d'exploitation, à court terme et fournisseurs, car ce poste doit être surveillé de près par rapport aux capitaux propres (cf gearing).

 

Généralement ces données financières utiles sont fournies dans une présentation partielle mais claire et pertinente qui déroute quelque peu au premier abord les Européens habitués à une présentation comptable classique faisant apparaître les équilibres traditionnels.

 

 

Ratios

L'étude des ratios pour les entreprises nord-américaines peut être menée comme en Europe dans la mesure où les données comptables de base sont fournies.

L'EBE est d'ailleurs souvent publié, mais la valeur ajoutée l'est plus rarement.

Cependant, quelques ratios complémentaires particulièrement utiles peuvent être calculés.

 

Coût des ventes sur chiffre d'affaires

Ce ratio est important car il permet de suivre clairement et distinctement les coûts de production de façon à surveiller très précisément les gains de productivité d'une entreprise dans le temps et par rapport à ses concurrents.

Cet excellent guide de la gestion de production manque cruellement dans la présentation européenne.

Ainsi, on peut suivre les gains de productivité, à l'origine d'une période de croissance.

Dans une phase de récession il est possible de faire repartir rapidement la dynamique de la croissance en relançant la productivité.

 

Taux de marge brute  =  marge brute sur chiffre d'affaires

Le taux de marge brute permet de connaître la part, en pourcentage, de ce qui reste à l'entreprise pour financer les autres charges et dégager un bénéfice. Ce ratio est d'ailleurs utilisé plus souvent que le précédent qu'il complète utilement. Il devrait toujours augmenter…

 

Charges opérationnelles sur chiffre d'affaires

Ce ratio permet de suivre l'importance et l'efficacité de ces paramètres déterminants que sont les coûts des charges opérationnelles qui doivent être maîtrisées globalement et plus précisément en calculant les ratios suivants :

 

·        Frais commerciaux et de marketing sur chiffre d'affaires ou  FCM / CA

·        Frais de recherche et développement sur chiffre d'affaires ou  RD / CA

·        Frais administratifs et généraux sur chiffre d'affaires ou FAG / CA

Ainsi, les personnes concernées par la bonne gestion de l'entreprise peuvent la piloter d'une façon particulièrement efficace en fonction des aléas de la conjoncture.

 

La présentation et surtout la démarche nord-américaine est plus opérationnelle, plus claire, et permet de mieux cerner les éléments sur lesquels on peut agir pour améliorer cette mécanique performante et pour faire avancer et progresser les entreprises et donc l'ensemble de l'économie.

 

Ainsi le potentiel de croissance optimale peut être atteint à tout moment grâce aux marchés fonctionnant librement au profit de tout le monde…

Seul le capitalisme libéral permet de l'atteindre à partir de l'action de tous les acteurs de la vie économique agissant librement en fonction de leurs intérêts et collaborant ensemble et solidairement à la prospérité générale. Ainsi  tout le monde peut vivre librement dans un monde meilleur.

 

L'analyse financière, même élémentaire, est à la base de ce qui permet de comprendre ces problèmes économiques et d'en donner des solutions …Cependant, il ne faut pas qu'elle soit biaisée par des dysfonctionnements marginaux.

Le capitalisme libéral est moral et un retour aux sources s'impose.

 

FIN

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© 2002 Jean-Pierre Chevallier