Après
les ratios sur les éléments réels :
Ratios
financiers
Après
les ratios par rapport au chiffre d'affaires, à la valeur ajoutée,
aux salariés, un autre point doit être examiné de près dans
une quatrième phase : l'endettement.
4 Endettement
L'endettement
constitue un des plus gros problèmes de la gestion des entreprises.
Presque
toutes les entreprises ont des dettes, et plus particulièrement
à long terme, c'est
à dire à plus d'un an, pour financer leurs investissements dans
la mesure où généralement leurs capitaux propres ne suffisent
pas à couvrir leurs besoins.
Ces
dettes financières
ne doivent pas dépasser certaines limites, par rapport aux capitaux
propres. Le gearing
est le ratio qui permet d'étudier ce problème.
1°
ratio : le gearing , dettes
financières sur capitaux propres ou D.fi
/ Cx pr
Les
dettes financières devraient être comprises dans des limites
considérées comme normales.
Au
minimum, elles devraient être supérieures à 30 % des capitaux propres. En deçà de cette limite,
on considère habituellement qu'une entreprise est trop prudente
dans sa gestion, et qu'elle laisse passer des opportunités.
Il
est préférable que ces dettes soient plus élevées, mais qu'elles
ne dépassent pas la moitié des capitaux propres, soit un gearing de
50 %.
Ce
gearing devrait être temporairement au grand maximum de 66 %. Au delà de cette limite,
on considère habituellement que l'endettement est beaucoup trop
risqué.
Dans
certains cas extrêmes, cette limite est largement dépassée,
c'est ainsi le cas des
opérateurs téléphoniques tels que France Télécom.
Le
gearing est un ratio très important qui doit cependant être
complété par deux autres pour pouvoir mieux apprécier la situation
d'une entreprise vis à vis de son endettement.
2°
ratio : Dettes financières
sur l'EBE ou D.fi / EBE
Qu'en
est-il du montant des dettes financières par rapport à l'EBE
?
Ou
bien, autre formulation : l'entreprise dégage-t-elle suffisamment de bénéfices pour rembourser ses
dettes financières dans un avenir raisonnable?
Telles
sont les questions importantes qui se posent et auxquelles il
faut apporter une réponse simple et claire.
Là
aussi on se réfère à des normes et on considère habituellement
que ce ratio doit être inférieur ou égal à 3, c'est à dire qu'une entreprise
doit pouvoir rembourser
ses dettes en trois ans au maximum dans l'hypothèse (irréaliste)
où elle devrait impérativement le faire, en cessant tout autre
investissement…
D.fi < ou = 3
EBE
Plus
simplement, on considère que les dettes financières ne doivent
pas dépasser 3 fois l'EBE. Il s'agit là d'une règle
prudentielle empirique, mais fiable.
Ce
ratio doit cependant être complété...
3°
ratio : Résultat d'exploitation
sur charges financières ou Rex
/ Ch.fi
Le
raisonnement est le suivant : le résultat d'exploitation dégagé
par le cycle d'exploitation doit pouvoir être suffisamment important
pour payer les charges
financières, d'autres charges (exceptionnelles…) et enfin
pour dégager les bénéfices souhaités.
Pour
simplifier, on peut admettre que ce ratio doit être supérieur à 3, ce qui signifie que le résultat d'exploitation doit être au moins
3 fois plus important
que les charges financières.
Rex > 3
Ch.fi
En
deçà de cette limite, la situation de l'entreprise peut être
dangereuse car une part trop importante du résultat d'exploitation
risquerait alors de grever les bénéfices et les possibilités
d'investissement ultérieurs.
Cette
première série de ratios financiers doit être complétée par
une étude de la rentabilité des capitaux investis dans l'entreprise.
5 La rentabilité des capitaux
Les
Anglo-saxons ont imposé une norme simple et claire comme un
slogan !
1°
ratio : le Return On Equity
ou R.O.E.
C'est
le rapport entre le résultat net et les capitaux propres.
L'objectif est d'atteindre et de dépasser un R.O.E. de 15 % .
…
Ce qui signifie que la
rentabilité des capitaux propres engagés dans une entreprise
doit être égale ou supérieure à 15 % par an, performance jugée
irréaliste et irréalisable il y a quelques années, mais généralement
obtenue actuellement, grâce aux efforts considérables effectués
dans la gestion des entreprises en Amérique du Nord et en Europe.
Cependant,
cet indicateur doit être corroboré au moins par un autre pour
être fiable car le R.O.E
est vite apparu comme un indicateur trop grossier et trop imparfait
du fait que le résultat
net dépend trop de considérations fiscales perturbatrices,
aussi lui préfère-t-on le R.O.N.A.
2°
ratio : Le Return On Net
Asset ou R.O.N.A.
C'est
le rapport entre le résultat d'exploitation et les capitaux propres.
Il
a l'avantage sur le R.O.E. d'éliminer l'incidence de l'impôt sur les sociétés, I / S, trop
dépendant de considérations politiques, des exceptionnels non significatifs
quant à la bonne ou la mauvaise gestion d'une entreprise, et
du résultat financier, objet d'études spécifiques.
De
plus le R.O.N.A. présente l'avantage de reposer sur des données
comptables certifiées et homogènes des deux côtés de l'Atlantique.
Dans
la mesure où le résultat d'exploitation est généralement presque
le double du résultat net, le R.O.N.A. devrait être voisin de 30 %.
Cependant
ce ratio est devenu insuffisant dans la mesure où les entreprises
sont très inégalement endettées. En effet, certains dirigeants
sont tentés d'afficher de bons R.O.E.
ou R.O.N.A. avec de faibles
capitaux propres du fait que les actionnaires réclament
une rentabilité élevée ( 15 % pour le R.O.E.) alors que les
entreprises peuvent emprunter à des conditions beaucoup plus
avantageuses.
La
tentation est grande effectivement pour des gestionnaires peu
scrupuleux , cherchant avant tout à
mettre en valeur leur gestion à court terme, de préférer recourir à l'endettement plutôt
qu'aux capitaux propres. Cette politique est valorisante pour
leur image, mais préjudiciable pour les intérêts de leur entreprise
qui risque à terme d'être sur-endettée.
Aussi,
un autre ratio a supplanté le R.O.E. et le R.O.N.A. : le R.O.C.E.
3°
ratio : Le Return On Capital
Employed ou R.O.C.E.
C'est
le rapport entre le résultat
d'exploitation et les capitaux permanents qui sont la somme des capitaux
propres et des dettes financières.
C'est
le ratio le plus élaboré qui n'obère pas le long terme au profit
d'une rentabilité à court terme, comme le prétendent à tort
les détracteurs de la gestion financière anglo-saxonne… et du
capitalisme libéral.
C'est
un indicateur très précieux, surtout pour l'investisseur : c'est
un des critères principaux qui vont l'inciter à investir dans
telle entreprise plutôt que dans telle autre.
Dans
la mesure où les dettes financières devraient être de l'ordre
de la moitié des capitaux propres, le R.O.C.E. devrait être voisin de 20 %.
Cependant,
ce ratio n'est pas la panacée car l'exigence de la bonne gestion
va plus loin encore par l'analyse du cash flow.
6 Le cash flow
Le
cash flow correspond à la part du bénéfice que
l'entreprise peut consacrer à l'investissement et répond
en quelque sorte à la question suivante :
Quel
est le montant de ce bénéfice… qui permettra de financer ces
investissements ?
C'est
le résultat net, duquel
il faut retrancher
le montant des dividendes distribués, car les actionnaires
qui ont placé des capitaux dans une entreprise veulent en retirer
une rémunération correspondant au service qu'ils ont ainsi fourni.
Ce
revenu est le dividende,
dont le montant est fixé par les actionnaires eux-mêmes qui
sont libres de distribuer tout le résultat net, ou… rien
du tout !
En
effet, certains préfèrent ne pas recevoir de dividendes, et
réinvestir tous les résultats de l'entreprise pour pouvoir financer
des investissements qui lui permettront de se développer, et
donc de gagner davantage d'argent… ce qui entraînera une augmentation du cours des actions, opération plus rémunératrice qu'une distribution de
dividendes !
Toutefois,
le montant des dividendes
distribués est souvent… du même montant que celui de l'année
précédente, avec éventuellement une légère augmentation. Il
y a donc rarement un lien direct entre le montant des dividendes
distribués et le bénéfice final effectivement réalisé.
Généralement,
en France comme aux Etats-Unis, le tiers des bénéfices
est distribué aux actionnaires, l'entreprise en conservant
les deux tiers pour financer
ses investissements.
Cependant,
la somme effectivement disponible pour financer des investissements
est supérieure à ce total ainsi obtenu.
En
effet, les amortissements
dépendent du montant des investissements réalisés, et au moment
de prendre cette décision, d'investir ou pas, les dotations
aux amortissements n'ont pas encore été enregistrées. Il faut donc les réintégrer et les rajouter au résultat net.
Ainsi
le cash flow est obtenu en faisant l'opération suivante :
Cash flow =
Résultat net + dotation
aux amortissements - dividendes
Le
principal objectif de bonne gestion de toutes les
entreprises doit être de maximiser
ce cash flow, qu'il faut relativiser par rapport aux capitaux
engagés dans l'entreprise.
Cash flow sur capitaux permanents
Ce
ratio intéressera au premier chef l'investisseur.
C'est
là aussi un des critères importants qui interviennent dans le
choix du placement des capitaux dont les détenteurs vont chercher
la meilleure rémunération possible.
Ce
ratio est de l'ordre de 10 % au minimum.
Cependant,
ces données sont basées sur le résultat net, trop dépendant de considérations
fiscales, et en particulier du taux de l'impôt sur les sociétés.
Aussi,
préfère-t-on utiliser un instrument plus précis et calculer
une autre forme de cash flow calculé de la façon suivante :
EBE -
I / S - Dividendes
En
partant directement de l'EBE, ce type de cash
flow a l'avantage, par rapport au cash flow
de base, d'être totalement indépendant
de toute considération fiscale, des résultats financiers et
exceptionnels.
Il
représente véritablement correctement ce qui est effectivement
disponible économiquement
pour l'investissement… ce qu'il faut relativiser par rapport
aux capitaux permanents.
( EBE - I /
S - Dividendes ) / capitaux permanents
Il
s'agit là d'un excellent
guide de l'investisseur, d'un indicateur fiable, significatif
et très fin.
La
norme est au minimum de l'ordre de 20 %… (avant impôts donc).
D'autres
instruments d'analyse plus techniques sont utilisés par les
investisseurs professionnels mais dépassent le cadre d'une analyse financière élémentaire.
Tous
les éléments précités sont simples et ne portent que sur des
opérations de base. Ils devraient être connus de tout le monde
et constituer la culture
financière minimale de toute personne travaillant dans une
entreprise…
La
démarche passant par l'étude des soldes intermédiaires de gestion et le bilan ainsi présenté correspond
à une certaine logique,
celle qui est adoptée en Europe.
Cependant
les Américains du Nord
en ont une différente.
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