Initiez-vous à l'analyse financière

 

 

 

 

 

 

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2° Etape :

Les ratios

 

Le résultat et le bilan donnent les informations financières de base qu'il faut lire et interpréter dans un premier temps, puis les analyser plus précisément dans une deuxième étape car toutes ces données doivent être relativisées et décryptées par divers moyens.

C'est là l'objet de l'analyse des ratios.

Pour simplifier et clarifier cette tâche, on se référera dans une première phase au chiffre d'affaires, première et principale donnée dans toute entreprise.

 

1       Ratios basés sur le chiffre d'affaires

 

1° ratio : Résultat net sur chiffre d'affaires ou RN / CA

Que gagne finalement une entreprise… par rapport à son activité, mesurée par son chiffre d'affaires ? … Telle est la première question que l'on peut se poser.

Ce sont là des données finales publiées par toutes les entreprises, compte tenu de toutes les contraintes, en particulier fiscales.

Ce ratio est un indicateur grossier de la rentabilité finale mais intéressant car il prend en compte l'activité générale de l'entreprise et les bénéfices, tous comptes faits.

Aux Etats-Unis, les normes sont de 5 à 7 % environ.

Elles sont inférieures en France, de l'ordre de 3 à 4 % généralement.

 

C'est là encore un point de départ de toute la dynamique du capitalisme libéral : en travaillant, une entreprise gagne de l'argent, ce qui lui permet de travailler davantage dans la période suivante, donc de gagner davantage d'argent, et ainsi de suite de période en période.

L'exigence américaine d'une rentabilité supérieure à 5 % génère une croissance importante et si elle est inférieure à 5 % comme en France, la dynamique de la croissance sera effectivement plus faible…

 

Cependant, le résultat net dépend trop de considérations fiscales et il est préférable de se référer au résultat avant impôts pour faire des comparaisons internationales fiables quant à la rentabilité interne des entreprises.

 

2° ratio :  Résultat avant impôts sur chiffre d'affaires ou  RAI / CA

C'est un bon indicateur synthétique de rentabilité interne d'une entreprise, indépendant de l'impôt sur les sociétés, I / S, toujours sujet à des variations par rapport à des considérations politiques indépendantes de la bonne ou de la mauvaise gestion des entreprises. Cependant il inclut toutes les charges que doit supporter toute entreprise, y compris les amortissements qui demeurent quand même liés à des considérations fiscales artificielles, mais moins sensiblement que l'impôt sur les sociétés I / S.

Dans la mesure où toutes les nations ont adopté un dispositif fiscal lourd, complexe et présentant relativement beaucoup de similitudes pour ce qui concerne les règles d'amortissement, les comparaisons internationales se basent ainsi sur des données relativement homogènes et sont donc fiables.

Ce ratio, RAI / CA est voisin de 10 % aux Etats-Unis et légèrement supérieur à 5 % en France.

Si l'on veut donner une idée plus précise de la rentabilité économique d'une entreprise vraiment indépendamment de toute considération fiscale, il faut se référer au ratio suivant…

 

3° ratio :  Excédent brut d'exploitation sur chiffre d'affaires ou  EBE / CA

Il s'agit d'un indicateur très instructif, car l'excédent brut d'exploitation et le chiffre d'affaires sont totalement indépendants de toute incidence fiscale directe.

Ce ratio répond parfaitement à la question suivante :

Que font gagner les salariés en travaillant dans l'entreprise, par rapport au chiffre d'affaires ?  après avoir été payés et après avoir payé les fournisseurs.

Le but du jeu économique est de maximiser ce bénéfice.

Les intérêts des deux parties ici en présence sont contradictoires. Tout se joue donc sur ce délicat arbitrage entre le montant des salaires et l'EBE.

Les standards constatés de ce ratio sont de l'ordre de 10 à 15 % aux Etats-Unis.

En France, ils sont généralement légèrement supérieurs, à 15 % car les salaires doivent être relativement plus faibles pour dégager un EBE supérieur (a celui des Américains) de façon à obtenir une rentabilité finale acceptable (mais inférieure aux normes américaines).

En effet, il faut par un EBE important, pouvoir compenser des charges financières plus élevées, dues à un endettement généralement plus élevé en France qu'aux Etats-Unis, dans la mesure où les entreprises françaises manquent de fonds propres, du fait qu'elles n'ont pas été suffisamment rentables dans le passé.

L'EBE n'est a priori pas publié dans le comptes certifiés selon les normes américaines. Il doit donc être calculé, retraité et publié par ailleurs, ce qui n'est pas toujours le cas. Aussi pour pouvoir faire des comparaisons internationales fiables entre les entreprises européennes et américaines, il faut de préférence se référer à un autre ratio…

 

4° ratio : Résultat d'exploitation sur chiffre d'affaires ou  Rex / CA

Le résultat d'exploitation présente l'avantage d'être publié et certifié dans des conditions analogues en Europe comme en Amérique du Nord.

Il diffère de l'EBE par les dotations aux amortissements qui dépendent un peu de considérations fiscales qui établissent donc une faible distorsion (qui est cependant relativement négligeable), par rapport à la réalité économique.

A défaut de l'EBE, ce ratio est donc satisfaisant et les standards sont identiques à ceux du ratio précédent, l'EBE / CA.

 

Cette première série de ratios est basée sur le chiffre d'affaires qui est constitué à plus de 50 % d'achats effectués à d'autres entreprises. Or ces achats ne sont pas significatifs quant à la bonne ou mauvaise gestion interne d'une entreprise. Il est donc préférable de les éliminer et de prendre en considération la valeur ajoutée…

 

2       Ratios basés sur la valeur ajoutée

 

La question principale et fondamentale qu'un gestionnaire d'une entreprise se pose est en fait la suivante :

Que gagne l'entreprise précisément et directement en vendant ce qu'elle produit ?

Ce qu'elle gagne, dans le cadre de son cycle direct de production, indépendamment de toute autre considération, est mesuré par l'EBE.

Ce qu'elle produit, c'est la valeur qu'elle ajoute à ses achats, la valeur ajoutée.

 

1° ratio :  Excédent brut d'exploitation sur valeur ajoutée ou  EBE / VA

Ce ratio s'appelle (normalement), le taux de marge.

C'est le meilleur indicateur possible de la rentabilité interne d'une entreprise.

La norme du taux de marge aux Etats-Unis est de l'ordre de 25 à 30 %.

En France, elle était généralement aux alentours de 30 à 35 %.

Les entreprises françaises étaient donc plus performantes que les entreprises nord-américaines ! … ce qui est malheureusement dû à la faiblesse relative du montant des salaires français, cf ante.

Le manque de culture économique de base est donc surtout préjudiciable aux salariés français… mais profite aux investisseurs internationaux qui étaient attirés par la forte rentabilité interne des entreprises françaises.

Cependant la situation s'est retournée à partir de 2000, à la suite des mesures prises par le gouvernement socialiste qui diminuent l'attractivité des entreprises françaises en renchérissant le coût et les rigidités du travail, avec les 35 heures par exemple.

En effet, la part des salaires dans la valeur ajoutée joue un rôle essentiel dans l'équilibre de la (bonne) gestion des entreprises. Le ratio suivant permet d'étudier précisément ce problème…

 

2° ratio :  Charges de personnel sur valeur ajoutée ou  Ch.p / VA

Les salariés reçoivent généralement 60 à 70 % de cette valeur ajoutée, et même dans certains cas extrêmes, davantage, sous forme de salaires, ce qui est compréhensible, car c'est par leur travail que les entreprises créent de la valeur, et il est donc parfaitement légitime qu'ils en tirent des revenus en rapport avec la valeur qu'ils créent !

 

Dans le cadre de marchés libres fonctionnant à l'optimum, les salariés vont demander et obtenir des salaires élevés.

En effet, seuls des salariés bien payés sont susceptibles de faire gagner de l'argent à leur entreprise, qui à son tour peut payer des salaires élevés… dans une entreprise bien gérée.

Cependant les salaires ne devraient pas augmenter plus vite que la productivité pour que les équilibres internes (dans chaque entreprise) et macro-économiques (au niveau national) soient respectés à terme.

Il y a donc des limites à ces augmentations de salaires qui tiennent à l'équilibre des comptes des entreprises qui doivent gagner suffisamment d'argent après avoir payé leurs salariés.

 

Le taux de marge, EBE / VA est certes le meilleur indicateur de rentabilité interne d'une entreprise et dépend fortement du niveau des salaires, cependant, il est utile de calculer la rentabilité finale tous comptes faits d'une entreprise par rapport à la valeur ajoutée.

Il est donné par les ratios suivants.

 

3° ratio : Résultat avant impôts sur valeur ajoutée ou  RAI / VA et Résultat net sur valeur ajoutée ou  RN / VA

Ces ratios présentent l'avantage d'intégrer toutes les charges incontournables, financières et exceptionnelles, avant et après l'impôt sur les sociétés I / S et de faire apparaître ce que gagne l'entreprise en travaillant, c'est à dire en ajoutant de la valeur (à ses achats), car tel est le but du jeu économique !

Ces données de base sont calculées selon des méthodes analogues partout dans le monde, et il est donc possible de faire des comparaisons permettant de guider les choix des investisseurs : Dans quel pays est-il rentable de placer des capitaux, assurant à leurs titulaires les meilleures rémunérations ?

Aux Etats-Unis, les normes de ces ratios sont de 15 à 20 % pour le RAI / VA  et de 10 à 15 % pour le RN / VA.

Cependant, il est souvent difficile de calculer de tels ratios pour les entreprises américaines dans la mesure où la valeur ajoutée auditée n'est généralement pas publiée.

Les normes françaises sont inférieures de 5 points environ par rapport à celles des Etats-Unis.

 

Les hommes et les femmes qui travaillent jouent un rôle essentiel dans la réussite ou l'échec d'une entreprise. Quelques ratios calculés par rapport aux salariés sont instructifs.

 

 3          Ratios basés sur les salariés

 

Un premier indicateur peut être facilement calculé par rapport au chiffre d'affaires.

 

1° ratio : Chiffre d'affaires par salarié ou  CA / salarié

C'est un indicateur très global, un peu grossier, mais très utile.

S'il est élevé, cela signifie que l'entreprise est a priori bien gérée, car, pour que chaque salarié produise un chiffre d'affaires important en travaillant, cela suppose que l'entreprise soit bien structurée, et que chaque salarié, performant, dispose de moyens lui permettant de travailler avec efficience.

La valeur critique pour les entreprises industrielles était simple, de l'ordre du million de francs ! soit actuellement un chiffre d'affaires de 150 000 € ou $ par salarié.

Les normes sont différents selon les secteurs, et parfois peu significatives par rapport au chiffre d'affaires, en particulier dans les entreprises commerciales ou de certains services. Aussi est-il préférable d'utiliser d'autres critères d'évaluation.

 

  ratio : Valeur ajoutée par salarié ou  VA / salarié

Ce ratio est plus pertinent que le précédent et répond à la question suivante :

Quelle valeur un salarié produit-il en travaillant dans cette entreprise ?

… Sachant que c'est sur cette valeur ajoutée que tout repose : d'abord son salaire, puis tout le reste… c'est à dire ce que gagne l'entreprise, au niveau de son EBE, pour payer les autres charges et financer ses investissements.

Les normes sont variables selon l'activité, et ont tendance à s'élever avec le développement économique général. Dans les entreprises des secteurs en régression, dans lesquelles la productivité est faible, elle est de l'ordre de 50 000 € ou $.

Dans les sociétés employant des salariés aux compétences recherchées comme dans l'informatique par exemple, elle est bien supérieure, de l'ordre de 100 000 € ou $.

Les salariés doivent donc gagner de l'argent et en faire gagner à leur entreprise, ce qui peut être mesuré par le ratio suivant.

 

3° ratio : Excédent brut d'exploitation par salarié ou  EBE / salarié

Ce ratio répond à la question suivante :

Que fait gagner un salarié à son entreprise en y travaillant ?

Dans certaines entreprises industrielles performantes, les chiffres sont impressionnants : ils peuvent dépasser 20 000 € ou $ par an et sont parfois de l'ordre de 1 000 € par mois, voire 2 000 € !

Les salariés font gagner de l'argent à leur entreprise en y travaillant, non pas parce que ce sont des prolétaires payés au minimum vital, mais parce que… leurs revenus sont élevés, et que l'entreprise est bien gérée !

Qu'en est-il du montant de ces salaires ?

 

4° ratio : Charges de personnel par salarié  ou … salaire moyen

Le véritable salaire moyen est le résultat de la division des charges de personnel par l'effectif moyen, données qui sont publiées par toutes les sociétés cotées en bourse.

Les salariés perçoivent une rémunération en contrepartie de leur travail fourni. Pour l'entreprise c'est un coût, celui qui est enregistré dans les charges de personnel. Le chiffre obtenu est effectivement le véritable montant du salaire moyen de l'ensemble des personnes qui travaillent dans une entreprise.

Cependant, ce n'est pas le salaire net ni même le salaire brut effectivement perçu par les salariés, selon la curieuse présentation française.

Pour déterminer le salaire brut, il faut appliquer à ce véritable salaire un coefficient voisin de 0,75 qui fournit alors une approximation satisfaisante.

En effet, les charges patronales représentent actuellement aux alentours de 25 % des charges de personnel totales. Les salariés ne perçoivent ensuite en net que 75 % de ce brut. Finalement, il ne leur reste plus, en disponible que 55 % environ de leur véritable salaire… tout le reste partant dans diverses cotisations obligatoires, indépendamment des autres taxes et impôts divers (dont, l'impôt sur le revenu) qui ne laissent aux salariés français, toutes déductions faites, qu'un peu plus du tiers de leur véritable salaire !

Une entreprise performante et bien gérée sera celle qui saura concilier un EBE par salarié élevé ainsi que des salaires élevés. Beaucoup d'entreprises réalisent fort bien de tels exploits, malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées.

 

Après les ratios par rapport au chiffre d'affaires, à la valeur ajoutée, aux salariés, un autre point doit être examiné de près dans une quatrième phase : l'endettement.

 

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