1° Etape :
Résultat
et bilan
Résultat
Le chiffre d'affaires
est le point de départ de la détermination du résultat
final.
Chiffre d'affaires ou
CA
Ce sont les clients
qui font vivre une entreprise.
Qu'en est-il de ses ventes
? C'est à dire de son chiffre d'affaires ?
Est-il en progression
? De quel pourcentage ?
En Europe, la croissance
est faible, généralement de l'ordre de 1, 2 ou 3 % hors inflation,
ce qui fait une croissance nominale autour de 4 à 5 % par an.
Si
le taux de croissance annuel du chiffre d'affaires est supérieur
à 5 % cela signifie a priori que l'entreprise
superforme le marché.
Dans certains secteurs,
comme celui des techniques nouvelles liées à l'informatique
(les logiciels, certains composants…), le chiffre d'affaires
peut doubler voire tripler d'une année à l'autre.
Par contre, un retournement
de conjoncture se produit parfois, et dans ce cas le chiffre
d'affaires peut chuter de 10 à 20 % par rapport à l'année précédente,
ou même davantage…
Les variations sont plus
réduites dans les secteurs traditionnels. Les taux de croissance
sont dans ce cas généralement voisins de ceux des marchés.
Les entreprises vendent
leur production, mais elles achètent à leur tour des produits
à des fournisseurs. Cette approche dérivée de la théorie des systèmes sous
jacente permet de bien comprendre certains aspects du fonctionnement
d'une entreprise.
Les achats
Les achats jouent un
rôle primordial : ils représentent généralement, plus
de la moitié du chiffre d'affaires.
Ils étaient souvent négligés,
or certains dirigeants d'entreprises se sont rendus compte que
l'on pouvait obtenir relativement facilement de
meilleures conditions d'achat en
négociant mieux avec les fournisseurs et les sous-traitants,
alors qu'il est beaucoup plus difficile de dégager des gains
de productivité de la même importance en agissant sur la seule
valeur ajoutée.
Ainsi par exemple, les
constructeurs automobiles ont basé l'essentiel de leur stratégie
sur la baisse du coût des achats, principalement auprès des
équipementiers.
Si
la croissance des achats est inférieure à celle des ventes,
se produit alors un effet de ciseaux
qui accélère et amplifie la dynamique de la croissance.
Valeur ajoutée ou VA
Une petite augmentation
du chiffre d'affaires conjuguée avec une
progression plus réduite des achats, voire même une diminution,
fait bondir la croissance de la valeur ajoutée
à plus de 10 %, même dans des secteurs traditionnels.
Cet effet de ciseaux est très important, car il incite
tous les partenaires à gérer au mieux leurs intérêts. Les entreprise
clientes peuvent se montrer de plus en plus exigeantes auprès
de leurs fournisseurs et sous-traitants... qui à leur tour savent
qu'ils doivent être de plus en plus performants.
Ainsi la
concurrence est stimulée et exacerbée, ce qui accélère,
en chaîne, des gains de productivité dans toutes les entreprises.
La valeur ajoutée de
chaque entreprise croît plus rapidement. C'est une
création de valeur qui participe au mouvement général de
croissance au profit de tout le monde, et plus particulièrement
des salariés.
Les charges de personnel
Ce sont les salariés
qui sont les principaux bénéficiaires de la création de valeur
dans une entreprise.
Ainsi les
salaires dans les entreprises les plus performantes dans
les pays développés sont élevés, et d'un niveau inférieur
dans les entreprises moins performantes, et encore plus faibles
dans les pays pauvres.
Le salaire est la rémunération d'un travail effectué,
et non pas le résultat d'une redistribution à la suite de considérations
sociales et politiques.
Son montant est lié à la valeur créée par le travail de chaque
salarié dans son entreprise.
Ce sont là des évidences
malheureusement souvent niées par les adversaires de l'économie
de marchés, et oubliées par beaucoup de monde...
Ni l'Etat, ni des organismes
sociaux ne devraient perturber cet ordonnancement de logique
économique élémentaire.
Les
salariés doivent être libres de disposer de l'intégralité de
leur salaire, diminué cependant d'une part, la plus réduite
possible, consacrée au paiement des impôts pour financer les
dépenses d'un Etat minimal.
Libre aux salariés ensuite
de dépenser leur salaire comme ils l'entendent, en consommant et en finançant eux-mêmes leurs
propres assurances, en particulier leur assurance santé, pour eux-mêmes et pour leur famille, et en prenant
les dispositions qu'ils jugent utiles pour disposer des revenus
qu'ils souhaitent lorsqu'ils seront en retraite.
Les salariés doivent
donc gagner de l'argent et en faire gagner à leur entreprise
en y travaillant.
Excédent brut d'exploitation
ou EBE
L' excédent brut d'exploitation,
EBE, correspond au bénéfice que fait l'entreprise après avoir payé ses fournisseurs et ses salariés.
L'EBE est un solde important.
C'est le meilleur indicateur de bonne ou de mauvaise
gestion du cycle de production car il est indépendant
de toute considération fiscale.
En effet, en travaillant,
les salariés doivent gagner de l'argent et en faire gagner à leur entreprise
qui doit supporter encore d'autres charges : les amortissements,
les frais financiers, les charges exceptionnelles, les impôts
sur les sociétés et enfin, dégager
des bénéfices.
L'EBE est normalement
obligatoirement publié par les sociétés européennes. Cependant,
les sociétés qui présentent leurs comptes selon les normes américaines
ne sont pas obligées de le présenter dans leurs comptes audités
et dans ce cas il est impossible de faire des comparaisons internationales
fiables.
Dotations aux amortissements
Les dotations aux amortissements,
correspondent à la perte de la valeur des immobilisations
avec le temps. Elles constituent une charge qui dépend en
grande partie de considérations fiscales dans la mesure où la
durée de ces amortissements est fixée par
le fisc, indépendamment de
la durée de vie réelle des immobilisations.
De ce fait leur
montant est contestable. Elles risquent d'entraîner un écart entre la situation réelle
de l'entreprise et les résultats publiés.
En soustrayant les dotations
aux amortissements de l'EBE, on obtient le résultat d'exploitation.
Résultat d'exploitation ou Rex
Cet indicateur est imparfait
car il dépend quelque peu de considérations fiscales (liées
aux règles de l'amortissement), mais il est cependant très intéressant
car il est publié dans des conditions analogues par toutes les
sociétés, européennes
et américaines, ce qui facilite donc les comparaisons internationales.
Le résultat d'exploitation
est une bonne base pour faire des comparaisons entre toutes les entreprises
dans le monde car les écarts dus aux considérations fiscales
sont généralement relativement marginaux et n'influent pas d'une
façon significative sur les comptes des sociétés.
Le résultat d'exploitation
est le premier résultat des soldes intermédiaires de gestion.
Il rend bien compte de la bonne ou mauvaise
gestion du cycle d'exploitation d'une entreprise,
cependant ce n'est pas le résultat final car toute entreprise
doit supporter les incidences d'autres résultats, et d'abord
celui des opérations financières.
Résultat financier
Les entreprises sont
amenées à effectuer des opérations financières.
En effet, elles placent
leurs disponibilités et obtiennent ainsi des produits
financiers.
Par ailleurs, elles sont
amenées à emprunter auprès des institutions financières et doivent
ainsi payer des intérêts qui sont des charges
financières qui viennent en diminution des produits financiers
pour déterminer le résultat
financier.
Les salariés qui travaillent
dans le cycle de production n'en sont pas responsables mais
ces opérations sont incontournables : on ne peut pas en faire
abstraction et on doit en tenir compte pour donner par la comptabilité
une image de l'entreprise la plus proche possible de la réalité.
C'est la raison pour
laquelle le résultat financier doit être déterminé et isolé
du résultat d'exploitation.
Résultat courant
Le résultat courant est
la somme algébrique du résultat d'exploitation et du résultat financier.
C'est le
résultat de ces deux résultats et il rend bien compte de
l'activité économique de l'entreprise.
Les analystes anglo-saxons
y accordaient beaucoup d'importance au cours de ces dernières
années, mais ils ont tendance à ne plus privilégier ce résultat
courant. En effet, ils préfèrent faire l'étude d'une part du
résultat d'exploitation,
et d'autre part du résultat
financier, car ces deux types de résultats s'inscrivent
chacun dans une logique qui leur est propre.
Résultat exceptionnel
Les opérations exceptionnelles
qui portent sur les cessions d'éléments d'actifs (des immobilisations)
génèrent des plus-values
ou des moins-values
qui sont comptabilisées dans le résultat exceptionnel, et elles ne sont donc pas significatives quant à
la bonne ou mauvaise gestion d'une entreprise.
Cependant, elles doivent
être comptabilisées pour que le résultat final donne une image
fidèle de la réalité de l'entreprise. Normalement ce résultat
exceptionnel joue un rôle négligeable.
Il est alors possible
de présenter le résultat avant impôts.
Résultat avant impôts ou RAI
Compte tenu de tous ces
éléments comptabilisables, le résultat avant impôts est le résultat…
de ces trois résultats.
Il a pour inconvénient
d'être tributaire de considérations fiscales non négligeables
(les amortissements) et non récurrents (les exceptionnels), mais pour avantage de pouvoir
faire des comparaisons internationales significatives si l'on
veut mettre en évidence
la rentabilité interne de l'entreprise, indépendamment de
l'impôt sur les sociétés.
Impôt sur les sociétés ou I
/ S
Le taux de l'impôt sur
les sociétés joue un rôle déterminant.
Il est malheureusement
élevé dans la plupart des pays, de l'ordre de 40 % environ aux Etats-Unis comme en France, et à des niveaux inférieurs
au Royaume-Uni et prochainement en Allemagne. Il est très faible
en Irlande et quasiment nul dans certains paradis
fiscaux.
Ainsi,
les salariés français sont obligés de générer
un EBE très élevé pour que leurs entreprises puissent
finalement dégager des
résultats finals significatifs leur permettant de se développer.
En effet, en Europe et
en France en particulier, au fur et à mesure que l'on descend
dans les soldes intermédiaires de gestion, les résultats
ont tendance à se détériorer.
La situation est différente
et opposée aux Etats-Unis car les entreprises ont été mieux
gérées dans le passé, ce qui permet de conserver des résultats
importants avec des salaires élevés.
Après avoir déterminé
le résultat net par les soldes intermédiaires de gestion, le bilan
permet de compléter les données de base de l'analyse financière.
Le
bilan
Du fait du principe
de la comptabilité en partie double qui conduit à enregistrer toutes les
opérations comptabilisables au débit et au crédit, le bilan présente deux parties d'un même
montant.
Actif
A l'actif est enregistré
ce que l'entreprise a…
Actif immobilisé
Elle a des actifs immobilisés : les immobilisations incorporelles, corporelles et financières.
Pour l'essentiel, dans
les entreprises industrielles, ce sont des bâtiments, des
installations techniques, des machines, des véhicules, des
ordinateurs, du mobilier, c'est à dire des immobilisations
corporelles.
Au fur et à mesure
que les services se sont développés au XX° siècle, ces actifs
immobilisés ont perdu de l'importance, au profit de l'actif
circulant.
Actif circulant
L'actif circulant est
constitué des stocks, des clients et
des disponibilités.
A priori les stocks doivent être réduits au strict minimum et
tendre vers zéro, car ils génèrent
des coûts superflus.
Les clients ont normalement des dettes, dans la mesure où ils cherchent à être livrés rapidement alors
que le traitement du règlement des ventes est généralement
différé de quelques semaines.
Les disponibilités constituent normalement le poste le
plus important de l'actif car toute entreprise doit pouvoir régler ses dépenses à court terme. Ce
poste est parfois surveillé de près par les analystes car
certaines entreprises à court de trésorerie ont des difficultés
pour honorer leurs engagements, ce qui risque de se terminer
mal, à la limite, par une liquidation judiciaire…
La part de l'actif
circulant tend donc à s'accroître et constitue souvent les
deux tiers de l'actif… qui est financé par le passif.
Passif
Au passif, on retrouve
d'abord les capitaux propres.
Capitaux propres ou
Cx pr
Les capitaux propres
se trouvent au cœur du dispositif qui permet de faire avancer
une entreprise comme une machine. Il y a un mécanisme très
puissant qui dynamise toute entreprise et toutes les entreprises
ensemble.
En
effet, les bénéfices d'une année s'ajoutent au capital initial pour constituer les capitaux propres en fin d'exercice, que
l'on retrouve presque intégralement dans le capital au début
de l'exercice suivant, ce qui permet alors de développer
l'activité de l'entreprise et… de faire à nouveau des bénéfices,
supérieurs à ceux de l'année précédente, ce qui permet de
clore l'exercice suivant avec des capitaux propres en croissance
par rapport à ceux de l'année précédente…
Ainsi
se produit un effet boule de
neige : d'année
en année, les capitaux propres des entreprises bien gérées
s'accroissent, ce qui permet d'augmenter à chaque période les
bénéfices.
Dans la mesure où cet
effet boule de neige joue dans toutes les entreprises, le
résultat en est une véritable… avalanche, c'est à dire une forte croissance
et une prospérité générale impressionnantes.
C'est cette dynamique
du capitalisme libéral qui a été réactivée par l'administration
Reagan dans les années 1980 et qui a surtout
porté ses fruits dans la dernière décennie du XX° siècle dans
la mesure où il faut un certain temps pour que les résultats
d'une telle politique soient tangibles et observables à l'échelle
d'une grande nation.
C'est grâce aux bénéfices
tirés de son activité qu'une entreprise progresse car l'augmentation
de ses capitaux propres permet de financer directement une
partie de ses investissements, par autofinancement, et
d'emprunter en proportion.
Dettes
En effet, toute entreprise
doit emprunter à long terme, c'est à dire à plus d'un an, au delà de son cycle d'exploitation pour financer ses investissements. Ce
sont des dettes
financières.
Le montant des capitaux
propres conditionne donc le niveau des possibilités d'emprunt
et les limites qu'une entreprise ne doit pas dépasser.
Si elles sont trop
élevées par rapport aux capitaux propres, elles fragilisent
sa situation financière et en cas de difficultés imprévues
(retournement de conjoncture, défaillance d'un gros client…),
l'entreprise risque de disparaître…
Cependant,
dans une situation conjoncturelle favorable, elle aura
alors les moyens de supplanter ses concurrents trop timorés.
En effet, si une entreprise emprunte trop peu par rapport
à ses capitaux propres, elle risque de fonctionner en deçà
de ses capacités optimales.
Ainsi le jeu économique
est ouvert, à condition de bien en connaître les règles, les
données et les risques ! La fortune sourit aux audacieux,
mais d'autres sont tombés de haut…
Les dettes
à court terme et les dettes fournisseurs jouent normalement
un rôle mineur et négligeable, ainsi que les provisions
pour risques et charges.
L'analyse succincte
des soldes intermédiaires de gestion et du bilan est la première
étape d'une analyse
financière qui doit être complétée par l'étude des ratios.
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