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Virbac

 

La société Virbac est un laboratoire pharmaceutique qui conçoit, fabrique et commercialise des produits vétérinaires pour les animaux d'élevage et de compagnie.

Elle connaît une forte croissance interne et se développe à l'étranger où elle réalise plus des deux tiers de ses ventes.

Cette entreprise, dont la principale implantation et le siège social se trouvent près de Nice, particulièrement bien gérée, est cotée à la bourse de Paris au Second marché.

 

 

Virbac 1997-1998

Analyse financière élémentaire

tableau (résultats, bilan, ratios Virbac 97 98)

 

1          Soldes intermédiaires de gestion

Le Chiffre d'Affaires augmente faiblement, moins de 2%, à plus de 220 M€, la concurrence est forte sur des produits vétérinaires et il est difficile pour un petit laboratoire indépendant de se défendre face à de grands groupes.

Par contre le montant des achats baisse légèrement, - 0,60 % ce qui signifie que l'entreprise a bien négocié avec ses fournisseurs, en faisant baisser les prix ou/et en changeant de fournisseurs au besoin.

L'effet de ciseaux est manifeste : la Valeur Ajoutée augmente de 5% ce qui correspond en fait à une forte croissance interne… obtenue avec des charges de personnel en légère diminution, ce qui signifie, compte tenu du fait qu'il y a eu des embauches nettes (les effectifs ont augmenté de 4,5 %), que des gains de productivité importants ont été obtenus en laissant partir en retraite les salariés les plus âgés, et donc les mieux payés, et en embauchant des jeunes avec des salaires normalement inférieurs à ceux de leurs aînés.

Logiquement l'EBE progresse, fortement de 15 % à 34 M€ ce qui est une escellente performance réalisée à partir de variations infimes : cette entreprise est remarquablement bien gérée !

Les dotations aux amortissements n'apportent aucune modification notable et le Résultat d'exploitation progresse comme l'EBE de 15 %.

 

Par contre, le résultat financier est décevant car fortement déficitaire, 4,5 M€ du fait que l'entreprise est lourdement endettée.

Si le résultat avant impôts  progresse de 10 % environ, l'impôt sur les sociétés fait un bond de 22 % du fait que Monsieur Jospin en a majoré le taux !

Résultat : rien ! tous ces efforts de bonne gestion se soldent par une stagnation du résultat net d'une année sur l'autre ! Ceci est d'autant plus grave que le produit de cet impôt servira à subventionner des entreprises mal gérées qui devraient disparaître !

Les mécanismes de la dynamique des marchés ne fonctionnent pas, et la destruction créatrice de Schumpeter ne peut pas entraîner d'effets positifs.

Par leur travail, les salariés ont dégagé un EBE de 34 M€ et il ne reste plus au niveau du résultat final que … moins de 10 M€ ! Décourageant !

 

2         Bilan

Actif

Pas de commentaire majeur à faire sur l'actif, si ce n'est que les immobilisations corporelles diminuent légèrement, ce qui montre bien que, même dans les entreprises industrielles, il n'est pas nécessaire d'investir pour augmenter la production et la productivité !

Pour cela, il faut mieux gérer l'entreprise, en utilisant au mieux les potentialités du personnel.

 

Passif

L'effet boule de neige joue peu : le capital initial, de 72 M€ engendre plus de 9,8 M€ de bénéfices, ce qui permet en fin d'exercice d'augmenter les capitaux propres à 82 M€… que l'on retrouve presque intégralement dans le capital de l'exercice suivant, 78 M€, qui donne la possibilité de générer des bénéfices faiblement supérieurs aux précédents, du fait de l'augmentation de l'impôt sur les sociétés, à 9,9 M€ pour augmenter les capitaux propres à plus de 87 M€ en fin de période.

Si l'impôt sur les sociétés avait été réduit, voire supprimé, l'effet boule de neige aurait pu jouer, ce qui aurait permis à cette entreprise de se désendetter rapidement, et de se développer en embauchant des salariés encore mieux payés !

Les dettes à long terme baissent d'une façon significative de plus de 5 %. Les dirigeants ont bien compris qu'il fallait les réduire : c'est une priorité, c'est même la condition nécessaire à la croissance.

 

3         Ratios

Le taux de rentabilité finale RN/CA baisse légèrement, en restant aux alentours de 4,5 %, ce qui est correct pour une entreprise française, mais insuffisant selon les exigences américaines. Le taux de marge progresse de 10 % pour dépasser les 35 % !!!

Ce qui signifie que la productivité des salariés de cette entreprise est remarquablement élevée, supérieure aux normes françaises qui sont elles mêmes supérieures aux normes américaines !

Cette performance est d'autant plus remarquable que le montant des salaires est plutôt supérieur à la moyenne nationale, aux alentours de 2 400 € brut par mois !

 

Ces observations confirment ce qui a été affirmé précédemment : les salariés de Virbac, comme ceux de beaucoup d'entreprises françaises, sont obligés de travailler avec efficience, pour … payer des impôts sur les sociétés et des charges financières élevées du fait d'un endettement trop élevé provenant d'une insuffisance des capitaux propres s'expliquant par une faible rentabilité au cours des années précédentes.

Le chiffre d'affaires par salarié est de l'ordre de 150 000 €, ce qui est satisfaisant et la valeur ajoutée par salarié progresse, ce qui montre que les jeunes nouveaux embauchés ne sont pas moins performants que les salariés expérimentés partis en retraite et nettement mieux payés !

L'EBE par salarié est très élevé : plus de 12 000 € par an, soit plus de 1 000 € par mois !

Les salariés bien payés font gagner de l'argent à leur entreprise.

Dommage que tout ceci soit gâché par des dysfonctionnements qui leur sont étrangers !

 

Le gearing était à son maximum en 1997 à 66 %et il était impératif de le réduire, ce qui a été fait rapidement (il est revenu à 58 %, en 1998, ce qui est acceptable) car cette entreprise dégage un EBE exceptionnellement élevé : les dettes financières sur EBE sont à 1,49 ce qui est rassurant, et le résultat d'exploitation sur les charges financières est à 3,4 ce qui est tout à fait satisfaisant.

Virbac, lourdement endettée, peut rétablir la situation grâce à sa forte rentabilité et à une gestion remarquable.

 

La rentabilité des capitaux engagés est satisfaisante si on considère le ROCE à 18,6 % mais insuffisante si on se réfère au ROE, à 11,26 % du fait de… l'incidence de l'augmentation du taux de l'impôt sur les sociétés (!).

Le cash flow progresse, et sa rentabilité par rapport aux capitaux permanents est normale ainsi que cette autre forme de cash flow par rapport à l'EBE.

Le PER qui avait fortement progressé en 1997 est revenu à des niveaux normaux, 21.

 

La situation financière de Virbac présentait un certain surendettement avec des charges financières trop importantes qui dégradaient la situation.

Il était impératif de régler ce problème pour reprendre un nouveau départ. Ce qui devait être fait a été réalisé rapidement et efficacement !

Virbac offre une excellente leçon de bonne gestion.

 

Virbac 1999-2000

Analyse financière élémentaire

 Tableau (résultats, bilan, ratios Virbac 99 2000)

Soldes intermédiaires de gestion

Le chiffre d'affaires fait un bond de 22,8 % ce qui est remarquable pour une entreprise industrielle, mais les achats augmentent à un rythme plus élevé, de 27 %, il n'y a donc pas d'effet de ciseaux, ce qui conduit à une croissance de la valeur ajoutée de 15 % seulement, ce qui est quand même remarquable !

Les charges de personnel sont maîtrisées et progressent moins vite, de 13,6 % ce qui permet pourtant d'augmenter  les salaires déjà élevés et d'embaucher !

L'EBE augmente ainsi de 18,8 %.

Les dotations aux amortissements progressent plus lentement, l'entreprise investit peu, ce qui entraîne une augmentation du résultat d'exploitation de 22,8 %, exactement comme le chiffre d'affaires !

Le déficit du résultat financier semble enfin stabilisé aux alentours de 5 M€ ce qui montre que les dirigeants de cette entreprise ont bien compris ce qu'il fallait faire pour restaurer la situation qui convient à cette entreprise.

Malgré un résultat exceptionnel fortement négatif, le résultat avant impôts progresse de 17 % , l'impôt sur les sociétés ne pénalisant pas les comptes sur cet exercice 2 000, le résultat net augmente de 23 %, ce qui est exactement en phase avec l'ensemble de l'activité.

 

Bilan

Actif

Peu de variations significatives, si ce n'est une fois encore la démonstration que la croissance de la valeur ajoutée (presque 20 %) est obtenue presque sans investissements nets.

Les stocks gonflent et les disponibilités fondent, ce qui ne va pas dans le bon sens, sans poser toutefois de problèmes.

 

Passif

L'effet boule de neige joue ici pleinement : à partir d'un capital initial de 95,5 M€, les bénéfices de 11,2 M€ portent les capitaux propres à 106,7 M€ que l'on retrouve à hauteur de 99,5 M€ au début de 2 000 qui permettent de dégager des bénéfices supérieurs à ceux de l'année précédente, à 13,8 M€.

Les capitaux propres augmentent ainsi de presque 20 % en deux exercices, et sont passés de 72,2 M€ en 1997 à 113,3 M€ en 2 000 soit 57 % d'augmentation en quatre ans !

Les dettes financières baissent nettement de 20 % à 44 M€.

Les équilibres fondamentaux sont donc enfin rétablis !

 

Ratios

Malgré tous ces efforts de bonne gestion, la rentabilité finale nette RN/CA stagne pourtant à 3,98 % ce qui est faible et décevant !

Le taux de marge se maintient pourtant à de hauts niveaux, à 35 % mais les efforts consentis pour rétablir une situation financière saine sont importants et ne produisent pas encore finalement tous leurs effets bénéfiques, car il a fallu accélérer le désendettement et… augmenter les revenus des salariés qui ont permis de redresser la situation par leur productivité élevée.

Cependant, la masse salariale est maîtrisée et descend même, par rapport à la valeur ajoutée, en dessous de 59 % et pourtant les salaires moyens passent à plus de 2 300 €

Les salariés gagnent de l'argent et en font gagner à leur entreprise : l'EBE par salarié approche les 23 000 € ! grâce à un chiffre d'affaires par salarié qui progresse et dépasse 160 000 € ainsi que la valeur ajoutée à plus de 65 000 €.

 

Le gearing est enfin revenu dans la zone verte, à 38 % alors qu'il était encore supérieur à 50 % l'année précédente... et à 66 % en 1997. Parfait !

Une situation de surendettement peut être résolue assez rapidement, à condition de prendre les mesures qui s'imposent et que l'EBE soit élevé.

Comme cette entreprise a un très fort potentiel de profitabilité, les dettes financières sont supérieures à l'EBE ! et le résultat d'exploitation peut maintenant décoller à plus de trois fois les charges financières.

Si la rentabilité nette des capitaux engagés est apparemment faible avec un ROE à 12 %, le ROCE atteint les normes de 20 %.

Le cash flow progresse comme l'ensemble des performances de 17 % faisant apparaître une rentabilité élevée par rapport aux capitaux permanents à plus de 15 %.

Ces excellents résultats ne se traduisent pas par une envolée des cours, le PER reste aux alentours de 11, la bourse craint manifestement des mauvaises surprises sur ce type de marchés dépendant fortement de maladies affectant les animaux d'élevage (ESB) sur des marchés fortement concurrentiels.

 

 © 2002 Jean-Pierre Chevallier