Business
Objects
Business
Objects conçoit, développe et commercialise des logiciels pour les entreprises destinés à améliorer la prise
de décision pour des applications commerciales sur
Internet ou en Intranet.
Cette
société en forte croissance a été fondée en 1990 par un Français,
Bernard Liautaud.
Ses
ventes se répartissent géographiquement à peu près équitablement
en France, dans les autres pays européens et aux Etats-Unis.
Elle
dispose d'un siège social en France et d'un autre à San José
en Californie.
Elle
est cotée à la bourse de Paris et sur le Nasdaq.
Business
Objects 1998-1999
Analyse
financière élémentaire
Tableau
(résultats, bilan, ratios)
1 Résultats
Le
chiffre d'affaires augmente de 52 % d'une année sur l'autre !!! Prodigieux !
Le
coût des ventes suit
le même mouvement ainsi que la marge
brute… !!!
Par
contre, les charges opérationnelles
progressent moins vite : 39 %.
Si
les frais de recherche
et développement croissent de 45
% les frais commerciaux
et de marketing n'augmentent que de 39
% et les frais administratifs et généraux de 34 %
seulement.
En
conséquence, l'effet de ciseaux joue ici magistralement : le résultat d'exploitation
explose de 153 % !!!
Les
charges financières sont insignifiantes, et le résultat financier est positif : 2,6 M€ !
Les
résultats s'améliorent donc en descendant et le résultat avant impôts progresse de 142 %.
L'impôt
sur les bénéfices augmentant presque dans la même proportion,
le résultat net progresse de 146 %.
2 Bilan
Actif
L'essentiel
du bilan est constitué des disponibilités 175 M€ qui bondissent de 186 %.
L'actif
immobilisé est très réduit et ne représente que 10 % environ
du total du bilan.
Passif
Les
dettes financières sont négligeables et même inexistantes
en 1998 !!!
Les
dettes d'exploitation
sont largement inférieures aux disponibilités : la situation
à court terme est très confortable, il n'y a aucun problème
de trésorerie à craindre.
L'effet boule de neige dégénère en
avalanche ! Le
capital initial de 45 M€ est majoré de 9 M€ par les bénéfices… ce qui attire des capitaux qui permettent
d'augmenter le capital et de le porter
à 140 M€ … qui produit
un bénéfice de 22 M€ qui porte les capitaux
propres en fin d'exercice à 271 M€ !!!
En deux ans, les capitaux propres passent de 45 à 271 M€ !!!
Prodigieux
!!!
3 Ratios
La marge brute est constante : 83 %.
Comment
Business Objects peut-elle dégager une telle marge, c'est à
dire vendre 100 €
ce qui lui coûte 16 €
?
En
faisant du marketing ! 50 % environ du chiffre d'affaires est
consacré à cette fonction !
Cependant
ces dépenses sont suivies de près, et leur importance tend à
diminuer légèrement, en passant de 53 à 48 % du chiffre d'affaires.
Les
frais de recherche et développement sont maîtrisés et contenus
à 11 % du chiffre d'affaires, et les frais administratifs et
généraux baissent de 9 à 8 %
Le
poids des charges opérationnelles diminue, en passant de 74
% à 68 % ce qui permet d'augmenter
la marge opérationnelle, Rex/CA de 9,35 % à 15,53 %.
La marge nette finale, RN/CA passe de 6,10 à 9,84 % !
La
dette de Business Objects est insignifiante.
Les
ratios de rentabilité financière sont normaux, un ROE autour de 15 % et un ROCE supérieur
à 20 %.
Cependant,
ces données ont une signification réduite dans la mesure où
les augmentations de capital sont importantes et hors normes, comme tout ce qui concerne cette entreprise !
L'équivalent
du cash flow, non
fourni ici, fait apparaître une rentabilité élevée.
Le
chiffre d'affaires par
salarié est supérieur aux normes : 171
600 €
Et
le résultat d'exploitation par salarié se monte à plus de 26 000
€ soit plus de 2 000 € par mois !!! Prodigieux !!!
Le résultat net par salarié s'élève à 16 889 €…
Les
chiffres parlent d'eux mêmes dit-on… La capitalisation boursière
s'envole avec l'exubérance irrationnelle des marchés
: les PER passent de
40 à 70 !!!
Pourquoi
faire davantage de commentaires ?
Depuis
plus de deux siècles, les libéraux défendent leurs théories
qui triomphent toujours quand on les applique, malgré le déchaînement
des opposants malheureusement souvent puissants et agressifs.
Quel dommage !
Remarques
La
présentation américaine des comptes rend publique le mode de
fonctionnement de cette entreprise et donne des informations
précieuses aux marchés financiers et … aux concurrents : cette
entreprise réussit à dégager une marge brute de 83 % grâce à
des efforts importants de marketing qui représentent 50 % du
chiffre d'affaires. Ainsi, les dirigeants d'autres entreprises
bénéficient de ces informations et peuvent se lancer dans des
aventures analogues, ce qui explique, en partie le dynamisme
des start up californiennes du secteur des nouvelles
technologies.
Le
fait de ne pas distribuer de dividendes n'est pas nécessairement
la meilleure solution, dans la mesure où cela contribue à entretenir
une certaine spéculation haussière des marchés boursiers qui
n'est pas toujours justifiée…
©
2002
Jean-Pierre Chevallier