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Arkopharma

 

Arkopharma conçoit, développe, produit et commercialise des produits de phytothérapie et autres produits vendus sans ordonnance destinés à soigner certains troubles par des produits naturels ou à se maintenir en bonne santé… pour éviter de tomber malade…

La principale implantation industrielle de cette entreprise particulièrement bien gérée, se trouve près de Nice ainsi que son siège social.

La plus grande partie de ses ventes en forte croissance se fait en France.

Elle est cotée à la bourse de Paris sur le Second marché.

 

Arkopharma 1997-1998

Analyse financière élémentaire

 Tableau (résultats, bilan, ratios)

 

1         Soldes intermédiaires de gestion

Le chiffre d'affaires progresse de 5,17 % ce qui est très satisfaisant, et les achats baissent de 2,06 % ce qui est parfait : les négociations avec les fournisseurs sont efficaces !

L'effet de ciseaux devient un effet de cisailles : la valeur ajoutée fait un bond de 14,4 % ce qui est exceptionnel pour une entreprise industrielle du secteur concurrentiel !

Les charges de personnel augmentent de 11,57 % ce qui montre qu'une entreprise bien gérée embauche et augmente les salaires tout en gagnant de l'argent : l'EBE fait un bond de plus de 25 % à 21 M€ ce qui est exceptionnel !

De plus, la productivité progresse, puisque la valeur ajoutée augmente plus rapidement que les charges de personnel.

L'augmentation des dotations aux amortissements est supérieure à celle des investissements car les gestionnaires de cette entreprise raccourcissent  la durée de vie des amortissements pour majorer ces charges de façon à payer un peu moins d'impôts sur les sociétés … sachant que leur taux augmente !

Le résultat d'exploitation augmente de 23 % ce qui reste toujours remarquable.

Le résultat financier est négatif, mais faiblement, 717 000 € par rapport au résultat d'exploitation, 16,8 M€ car l'entreprise est peu endettée.

Si le résultat avant impôts augmente de 22 % les impôts sur les bénéfices augmentent de 29 % !!! Monsieur Jospin remercie les salariés pour leur généreuse contribution…

Malgré cette imposition foudroyante, le résultat net progresse quand même de 17,5 % à 8,7 M€ alors que les salariés avaient dégagé un EBE à 21,571 M€ !

Remarques :

Les salariés doivent dégager un EBE très élevé pour qu'il reste finalement quelque chose de significatif à la fin !

Si l'impôt sur les sociétés n'existait pas, les salaires pourraient augmenter de 20 % …

 

2         Bilan

Actif

Arkopharma investit, les stocks baissent et les disponibilités augmentent ! Parfait.

 

Passif

L'effet boule de neige est impressionnant : 58 M€ de capital initial permettent de dégager 7,4 M€ de bénéfices qui portent les capitaux propres à 65,6 M€ que l'on retrouve à la hauteur de 64,2 M€ au capital de 1998 qui génèrent des bénéfices encore plus importants que ceux de l'année précédente, à 8,7 M€ pour former des capitaux propres de 72,9 M€ finalement.

En deux ans, les capitaux propres ont augmenté de 25 % et leur progression aurait été presque doublée si les impôts sur les sociétés avaient été supprimés !

La dynamique de croissance interne de cette entreprise est prodigieuse, d'autant plus que les dettes financières sont faibles et même en baisse !

Une telle entreprise ne devrait pas payer d'impôts : elle devrait plutôt être récompensée pour sa bonne gestion !

 

3             Ratios

Malgré ces performances remarquables, le taux de rentabilité finale n'est pas exceptionnel : le RN/CA à 7,07 % est normal pour une entreprise américaine, mais le double de la norme française.

Cette relative déception s'explique bien sûr par l'augmentation du taux de l'impôt sur les sociétés ! Le RN/VA stagne à 14 % !

… alors que le taux de marge progresse, de 33 % à 36,7 % ! grâce aux gains de productivité du personnel. Ces performances sont supérieures à celles des entreprises françaises dont les standards sont déjà supérieurs à ceux des Etats-Unis !

Les charges de personnel par rapport à la valeur ajoutée sont contenues sous la barre des 60 %, à 58,5 %.

Si le chiffre d'affaires par salarié est un peu faible, à moins de 130 000 €, la valeur ajoutée est élevée, à 61 000 € par salarié, ce qui est très satisfaisant pour une entreprise industrielle.

L'EBE par salarié est impressionnant : 22 600 € ! presque 2 000 € par mois ouvré !!!

Les salaires bruts sont plus élevés que la moyenne nationale, à 2 200 € par mois, montrant ainsi que, pour qu'une entreprise gagne de l'argent, il faut que les salariés en gagnent également.

Au jeu économique libéral, tout le monde est gagnant !

 

L'entreprise est très peu endettée, avec un gearing de 20 % seulement, en baisse par rapport à l'année précédente, nettement sous les normes. A la limite, ce serait là le principal reproche que l'on pourrait faire à ses dirigeants qui devraient être plus audacieux !

Les dettes financières sont inférieures à l'EBE.

La rentabilité des capitaux engagés est satisfaisante par rapport au ROCE à 19,13 % et l'insuffisance du ROE s'explique uniquement par l'augmentation du taux d'imposition sur les bénéfices.

Le cash flow progresse de 22 % et atteint des niveaux de rentabilité par rapport aux capitaux propres très satisfaisants.

Arkopharma, société rentable en croissance est appréciée en bourse : le PER est plutôt élevé et progresse de 20 à 25 environ.

 

Il n'y a pas que des start up en Californie qui sont performantes ! Des entreprises industrielles françaises dont les médias parlent peu sont parfaitement bien gérées et atteignent des résultats dignes des standards internationaux les plus élevés.

Il est dommage que l'environnement fiscal et réglementaire de ces entreprises soit aussi pénalisant… et que le niveau de culture économique et financière des Français soit si faible…

 © 2002 Jean-Pierre Chevallier