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Potentiel
de croissance
Dans le cadre d'une économie
libérale fonctionnant correctement (c'est à dire sans entraves
majeures aux libertés), les
individus sont libres de travailler (mais aussi de
consommer et d'agir à leur guise), dans des entreprises libres d'agir sur des marchés… libres,
à condition que tous ces acteurs
respectent les règles du jeu économique.
Tous
les équilibres sont alors réalisés naturellement et spontanément
au profit de tous les partenaires.
Ainsi par exemple, les
salariés veulent bénéficier d'augmentations de leurs salaires,
mais ils savent qu'ils doivent aussi faire gagner de l'argent
à l'entreprise dans laquelle ils travaillent, pour qu'elle puisse
se développer, c'est à dire investir et embaucher… et cette entreprise
vit elle-même de la vente de ses produits qui doivent rester compétitifs
face à ceux de ses concurrents…
Seules des solutions libérales sont en mesure d'assurer ces
équilibres complexes, multiples
et délicats à partir des informations issues des marchés
libres.
Les dernières décennies
du XX° siècle ont bien montré, en particulier aux Etats-Unis,
qu'un taux de croissance
des bénéfices, de l'ordre de 5 à 7 % pouvait être durable sur
une longue période, grâce aux gains de productivité issus
du progrès des techniques, en particulier liées à l'informatique
et aux communications.
Chaque partenaire peut
ainsi réaliser en toute liberté les objectifs (réalistes) qu'il
se fixe, et donc optimiser sa situation, compte tenu des contraintes économiques.
La croissance réelle est alors proche de son potentiel
maximum… qui n'est cependant pas atteint car une partie des
ressources du système de production sort de ce circuit : celles
qui correspondent aux dépenses publiques couvertes par les prélèvements obligatoires
que sont les impôts, taxes et cotisations qui ralentissent donc la croissance réelle par rapport
à la croissance potentielle.
Pour relancer l'activité
économique en cas de récession (ou pour rapprocher à tout moment
un ensemble économique de son potentiel de croissance maximale),
il est donc nécessaire de diminuer ces prélèvements obligatoires, et même de les réduire à leur minimum.
L'Etat (ainsi que les administrations
et les entreprises publiques) doit donc être réduit au minimum,
c'est alors l'Etat minimal, qui doit assurer la
sécurité, fournir quelques services indispensables à la vie dans
une société complexe et développée, et garantir la liberté, en
particulier des acteurs du jeu économique.
C'est précisément ce que
fait l'administration Bush en diminuant les impôts à la suite
de la doctrine initiée vingt ans auparavant par le Président Reagan.
Les pays européens et asiatiques
qui adoptent des politiques équivalentes obtiennent également
d'excellents résultats économiques qui se traduisent par une augmentation
du niveau de vie général profitable à tout le monde.
Autorégulation
et destruction
Une économie libérale fonctionnant normalement est théoriquement
autorégulée.
Les
équilibres économiques internes sont assurés à tout moment
et les dysfonctionnements sont corrigés naturellement et plus ou moins rapidement,
généralement dans des délais de l'ordre de six mois environ au
maximum.
Cependant cette croissance autorégulée peut être perturbée par des
actions exogènes provenant
de décisions des hommes qui disposent d'un
certain pouvoir et qui veulent (parfois ou souvent) œuvrer à l'encontre
des tendances naturelles des marchés.
Quatre risques majeurs
sont possibles.
1
Les hommes politiques
à la tête des Etats sont les plus dangereux dans la
mesure où ils peuvent prendre des initiatives démagogiques particulièrement catastrophiques pour se faire élire ou
se maintenir en place.
Un exemple parmi d'autres
: les lois (populaires !) prises à l'initiative du gouvernement
socialiste français interdisent aux salariés de travailler plus
de 35 heures par semaine
!
Ainsi, un informaticien
travaillant en France peut-il être compétitif par rapport à ses
collègues et concurrents établis par ailleurs ?
Les marchés, principalement
du travail, sont ainsi complètement perturbés par cette mesure
dirigiste et anti-économique qui s'ajoute à beaucoup d'autres
du même ordre…
2
Les dirigeants d'organismes
d'émanation étatique qui conservent encore un pouvoir de régulation
hérité d'un autre âge prennent des décisions parfois malencontreuses
au lieu de laisser faire les marchés libres plus performants.
Ainsi par exemple, les dirigeants de la Fed ont maintenu en 2000 des taux de base supérieurs aux indications
des marchés (obligataires) ce qui a entraîné un très fort ralentissement
de l'activité économique en 2001, frôlant même la récession après
les attentats du 11 septembre.
3
Des syndicats de
salariés peuvent dans certains cas perturber gravement
les marchés du travail et l'ensemble d'une économie.
L'exemple de l'Allemagne est le plus caractéristique. Ce pays, qui
réussissait auparavant à se développer régulièrement et solidement
connaît manifestement actuellement une croissance inférieure à
son potentiel du fait principalement de la rigidité
de son organisation sociale ; l'appareil productif n'est pas
assez réactif et les mécanismes autorégulateurs ne peuvent pas
se dérouler normalement et correctement.
4
Des syndicats et
des groupes de pression des fonctionnaires sont parfois
très puissants même dans des pays très libéraux comme les Etats-Unis.
Il en est ainsi par exemple
des postiers et surtout des enseignants de
primaire et du secondaire qui
ont réussi à imposer et perpétuer un système peu performant et
coûteux.
Ainsi l'administration
Bush n'a toujours pas réussi à résoudre d'une façon satisfaisante
ces problèmes d'éducation du fait de l'hostilité et de l'influence
de ces groupes de pression… alors que l'enseignement supérieur
libéralisé (depuis toujours) est le plus performant
et le plus efficient de monde !
Enfin, pour reprendre les
idées exposées jadis par Schumpeter,
les ennemis externes
et les opposants internes du capitalisme libéral
peuvent éloigner encore davantage la réalisation du potentiel
de croissance optimale par leurs actions déstabilisantes plus
ou moins violentes.
Ainsi, les
attentats du 11 septembre ont stoppé net la reprise économique
qui s'annonçait. Les menaces d'actions
terroristes issues de certains groupes de musulmans
fanatiques engendrent des
surcoûts et une certaine paralysie qui pénalisent encore certains
secteurs économiques comme le transport aérien et le tourisme,
et d'autres par effet de contagion.
Enfin, les divers mouvements anti-libéraux et contestataires
dont la France fournit un concentré et un éventail très élaboré,
empêchent le capitalisme
libéral de fonctionner normalement et d'atteindre son potentiel
de croissance maximale partout dans le monde… qui n'a pourtant
jamais connu une telle prospérité ni des perspectives aussi radieuses…
Libéralisme
et
Relance
Keynésienne
Quand l'économie va
mal, que font les hommes politiques du monde entier ?
De grands et beaux discours
! … et chacun y va de son immense générosité au nom de l'intérêt général et de la solidarité nécessaire :
Moi,
je propose d'aider les chômeurs, les entreprises sinistrées, les
victimes, etc.
Votez
pour moi ! J'en propose encore plus que mes adversaires !
Relancer
l'activité économique par des
dépenses publiques supplémentaires, c'est ce qu'on
appelle une relance
keynésienne.
Que se passe-t-il alors
? Celui qui est élu tient parfois ses promesses et c'est la catastrophe
! … car il faut financer toutes ces aides et subventions,
non pas sur la fortune propre des généreux candidats, mais en prélevant des impôts et des taxes sur les
revenus de ceux qui travaillent, c'est à dire sur le système de
production.
En effet, tous ces beaux
programmes ont pour inconvénient et pour conséquence de relever
le montant des prélèvements obligatoires et donc de
retirer des ressources des circuits productifs, ce qui ralentit la reprise de l'activité économique.
Que s'est-il passé
aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre
?
G.W. Bush et le leader démocrate Tom Dashle
ont chacun proposé un programme
de relance, chiffré à moins de $100 milliards pour le Président,
et… son adversaire a évidemment renchéri à plus de $100 milliards !
Les deux camps inconciliables
ont défendu avec acharnement leur position… pendant des mois…
octobre, novembre, puis après la trêve de Noël, en janvier, les
ultimes négociations ont définitivement échoué : il n'y a donc pas
eu de plan de relance aux Etats-Unis sur le budget
2001-2002.
Et que s'est-il alors effectivement
passé ? Les impôts ont baissé du fait des mesures
décidées au début de l'année 2001 et les entreprises se sont adaptées à la nouvelle
conjoncture en baissant les coûts de leurs ventes,
elles-mêmes en diminution, en particulier en supprimant des postes de travail : plus d'un million
d'emplois ont disparu en 2001 après les attentats.
Les autres
charges ont suivi ce mouvement de baisses généralisées ainsi
que les stocks.
Un
nouvel équilibre général s'est donc établi à la fin de l'année
2001… et la dynamique naturelle des marchés
libres a pu repartir spontanément au début de 2002
sur un rythme élevé grâce à des
gains de productivité importants, plus
de 5 % en rythme annuel obtenus au dernier trimestre 2001
car les entreprises ont profité des licenciements massifs généralement
bien acceptés, compte tenu des circonstances, pour diminuer les
effectifs d'une façon plus importante que la production.
La reprise s'annonçant,
les stocks ayant beaucoup
baissé doivent être reconstitués, ce qui accélère la reprise économique
qui sera d'autant plus forte que la Fed a baissé plus que de raison
ses taux de base à
1,75 %.
Conclusion
Les hommes politiques font beaucoup de progrès
et de bien en ne faisant rien.
Il faudrait qu'ils persévèrent
dans la même voie et réduire leurs pouvoirs au minimum.
Une
économie libérale est naturellement autorégulée et les déséquilibres
se résorbent spontanément en quelques mois.
Retour
aux sources
Les marchés libres s'autorégulent
normalement à condition que les règles soient correctement adaptées
de façon à laisser faire un jeu harmonieux entre les différents partenaires.
Cependant l'Etat
perturbe généralement ce bel ordonnancement en particulier par
le maintien d'un taux de
l'impôt sur les sociétés de 40 % environ en France
comme aux Etats-Unis.
C'est ainsi que les dividendes
distribués ne représentent plus que … le
tiers de la moitié (!) environ du résultat avant l'impôt sur
les sociétés ce qui correspond à une
rentabilité finale du capital placé en actions dérisoire, de l'ordre de
1 à 2 % vidant de sa substance l'essence même du capitalisme libéral.
En effet, c'est la recherche du profit qui guide et motive théoriquement les
entrepreneurs, et ce taux de profit est quasiment nul !
Que font alors les capitalistes
pour récupérer quand même des bénéfices significatifs et motivants ?
Ils espèrent retirer des
revenus sous forme de plus
values réalisées lors de la vente de leurs actions.
Ainsi le
prix des actions est tiré
vers le haut par les dirigeants des entreprises qui cherchent
à répondre à l'attente de leurs actionnaires en leur faisant miroiter
des bénéfices et des taux de rentabilité faramineux … obtenus
par des artifices comptables et juridiques plus ou moins déconnectés
de la réalité économique.
Les institutions financières,
les analystes et les sociétés de bourse poussent parallèlement
la demande dans le même sens. Ainsi la spéculation boursière
se développe et risque de déstabiliser les marchés financiers
et l'économie en général.
C'est l'exubérance irrationnelle
des marchés ! Un retour aux sources s'impose !
Les capitaux placés sous
la forme d'actions de sociétés doivent être rémunérés par
la distribution de dividendes significatifs et incitatifs rendue possible par une diminution importante du taux de l'impôt sur les sociétés, voire
sa suppression,
Ces problèmes peuvent être
résolus essentiellement dans le cadre d'une défiscalisation
des revenus des actions car ils constituent une épargne longue
et stable lorsqu'ils sont placés dans le cadre de fonds de pensions
ou du compte 401 (k) aux Etats-Unis.
Cette mesure attractive
aurait le double avantage de fournir des capitaux
propres durables, et stables à long terme pour les entreprises et de financer un complément de revenu incitatif pour les futurs retraités.
Ainsi les cadres dirigeants
seraient conduits à présenter des résultats plus orthodoxes et
récurrents assurant la pérennité de leur entreprise et du système
capitaliste libéral.
D'autres mesures correctives
doivent être prises pour améliorer encore le fonctionnement libéral
et harmonieux de l'économie.
Le gouvernement d'entreprise
devrait mieux fonctionner.
Ainsi, la responsabilité des dirigeants des entreprises et des administrateurs
doit être réelle, à l'instar de certaines figures emblématiques
telles que Steve Jobs,
fondateur et actionnaire majoritaire d'Apple
qui a été jadis remercié à la suite de certaines de ses décisions
qui se sont révélées malencontreuses.
Par ailleurs, les modalités
de l'attribution de stock options sont à modifier pour éviter
des dérives qui poussent leurs bénéficiaires à alimenter l'exubérance irrationnelle des marchés
les conduisant à être déconnectés de la réalité économique.
Ethique
et marchés
L'écart entre les comptes et la réalité d'une entreprise a une
fâcheuse tendance à se creuser.
En effet, certains dirigeants
peu scrupuleux utilisent des règles comptables détournées à leur
avantage pour présenter des résultats et des ratios qui mettent apparemment
en évidence la réussite à court terme
de leur gestion alors qu'en fait ils risquent de mettre en
péril la pérennité de leur entreprise par leur gestion aventureuse.
Comment remédier à ce problème
?
Première solution : augmenter les contrôles, en particulier fiscaux des
agents de l'Etat, comme
en France par exemple.
C'est la pire des solutions
comme le montrent les exemples du Crédit
Lyonnais et de France Télécom : les plus hautes autorités financières couvrent
toujours en toute impunité des délits
de faux lors de la publication des résultats et aucun juge
n'intervient dans de telles affaires…
Ces pratiques sont graves,
car elles risquent de générer une crise
majeure et même de mettre en péril l'ensemble de l'économie
d'une nation dans la mesure où les sommes mises en jeu sont considérables
: plusieurs dizaines de milliards d'euros pour ce qui concerne
la prochaine génération de téléphones mobiles.
La croissance et la réussite
du Japon ont été bloquées net par le laxisme généralisé des banques et
des autorités de contrôles défaillantes ou corrompues.
Une autre solution est
préférable : celle des marchés libres
!
Les marchés libres et bien informés sanctionnent rapidement,
spontanément et naturellement les irrégularités comptables couvrant
des fautes de gestion.
Ainsi par exemple, après
la faillite d'Enron c'est la société d'audit Andersen
qui sombre après avoir perdu sa crédibilité dans cette aventure.
Il existe en effet un autocontrôle des marchés autorégulés : les sociétés
d'audit cotées en bourse sont vouées à disparaître en cas de manquement
à leurs obligations.
Pour que les mécanismes
correcteurs autorégulateurs puissent être opérants, les
informations fiables simples et claires sur les comptes doivent
circuler rapidement de façon à ce que les intervenants sur les
marchés puissent agir rationnellement.
L'information comptable doit être conçue par rapport aux besoins
des marchés, c'est à dire finalement, des investisseurs et plus particulièrement
du public… qui doit
avoir une culture économique
minimale en analyse financière (!) pour pouvoir comprendre
et interpréter correctement ces données.
Il revient alors aux autorités
financières et monétaires, la Fed
et la SEC, et politiques de prendre les mesures nécessaires (par des lois et règlements)
de façon à réduire l'opacité des comptes provenant de l'utilisation
de techniques comptables trop complexes ou de montages financiers
et juridiques trop sophistiqués.
Les marchés vont d'ailleurs
dans ce sens en valorisant les pure players et en se défiant des conglomérats
(tels que General Electric),
de holdings ou de sociétés ne présentant pas toutes les garanties
de transparence, de fiabilité ou de confiance.
Les marchés financiers libres sont moraux. Si cela
n'était pas le cas, la confiance disparaîtrait, ce qui risquerait
d'entraîner une crise systémique.
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2002
Jean-Pierre Chevallier
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