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"La dérégulation
californienne comportait plusieurs choses bizarres. Mais la plus
idiote était sans aucun doute possible l'idée qu'il
était possible de laisser la demande de détail augmenter
librement sans mettre en place les incitations, ou même les
mécanismes, qui auraient permis à l'offre de suivre
au même rythme. Ainsi, au cours des quatre dernières
années, la Californie a fait l'expérience d'une croissance
économique ultra rapide, avec une demande d'électricité
augmentant à un rythme torride, cependant qu'en même
temps l'offre restait quasiment stagnante.
Les offreurs potentiels
ont été écartés du marché californien
par le niveau trop bas des prix de détail, la présence
d'invraisemblables lois sur l'environnement, ainsi que le caractère
hyper restrictif de la législation organisant la réglementation
de la construction de nouvelles centrales. Le résultat est
que sur les huit dernières années la demande a progressé
de 25 % alors que l'offre n'a augmenté que de 6 %. Pour assurer
son équilibre énergétique, la Californie a
désormais besoin d'importer en moyenne 15 pour cent de ses
besoins électriques, lorsque ce n'est pas 25 %. Et le niveau
de ses réserves de production disponibles est plusieurs fois
tombé en dessous du chiffre ultra minimal de 1,5 % (sans
oublier que son réseau de transport est lui même dans
un bien triste état !)
En conséquence,
l'équilibre du système est à la merci du moindre
incident, du moindre imprévu : un temps plus chaud, ou plus
froid que d'habitude, une grosse tempête, une sécheresse,
ou encore un besoin de maintenance inattendu, etc…
Prenons maintenant
la Pennsylvanie qui a commencé à déréguler
son système électrique en 1997, à peu près
en même temps que la Californie. Sa principale préoccupation
a été d'encourager l'offre. Les prix maxima imposés
aux entreprises de distribution l'ont été en faisant
attention à maintenir des marges suffisamment importantes
pour attirer sur le marché l'offre de nouvelles entreprises.
Par ailleurs, les "utilities" ont été contraintes
de concevoir leurs factures de telle manière que quelqu'un
désirant changer de fournisseur pouvait instantanément
savoir combien il allait ainsi économiser. Enfin, l'Etat
a modifié le système de gouvernance du réseau
de transport géré en commun avec le New Jersey, le
Maryland, le Delaware et le District de Columbia de façon
à améliorer les liaisons avec les autres sources possible
de puissance électrique.
Le résultat
? D'ores et déjà plus d'un demi million d'abonnés
- soit 10 % de la puissance consommée - ont choisi de changer
de fournisseur. 400 000 autres devraient faire de même dans
l'année qui vient. Les autorités ont calculé
que l'ouverture du marché a déjà permis aux
consommateurs d'économiser plus de 3 milliards de dollars
sur trois ans. Et l'on s'attend à ce que ce nouveau marché
attire les investisseurs, en sorte que les capacités disponibles
devraient augmenter de près de 65 % au cours des quatre années
à venir.
Terminons par un
coup d'œil à ce que se passe au Texas où la déréglementation
a commencé seulement en 1999. Là aussi la priorité
a été centrée sur la politique d'accroissement
de l'offre, avant que de chercher à déréguler
complètement la distribution finale. L'état bénéficiait
au départ d'une réserve de capacités disponibles
relativement large. Il a d'abord cherché à la préserver,
voire à l'enrichir encore davantage. A cette fin, les autorités
ont entrepris de simplifier les procédures réglementaires
imposées aux investisseurs. Au Texas, il ne faut que deux
à trois ans maximum pour construire une nouvelle centrale,
contre sept en moyenne en Californie. Depuis 1995, le Texas a construit
22 nouvelles usines, représentant un accroissement de capacité
de l'ordre de 10 %. Quinze autre unités sont actuellement
en construction, qui devraient entrer en production en 2002, et
35 projets supplémentaires sont en cours de développement.
Les tarifs ont été
maintenus à leur niveau de 1999 - plutôt élevé,
mais cela était nécessaire à la fois pour permettre
aux entreprises en place d'amortir leurs coûts échoués
et pour attirer de nouveaux entrants…".
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